- L’ancienne psychologue Mira Markovic représentera le Parti animaliste pour l’échéance présidentielle de 2027.
- Le parti tente à nouveau d’obtenir les 500 parrainages requis, après l’échec de la candidature d’Hélène Thouy en 2022.
- Parmi les mesures phares figurent la création d’un ministère de la condition animale et l’interdiction de l’élevage intensif.
- La trésorerie du parti est fortement affaiblie à la suite de la dissolution parlementaire de 2024.
La quête des 500 signatures, un défi historique

Le Parti animaliste se lance officiellement dans la course à l’Élysée pour l’échéance de 2027. Mira Markovic, ancienne psychologue investie de longue date dans le milieu médico-social, a été désignée pour porter les couleurs de cette formation politique lors d’une conférence de presse. L’enjeu majeur de cette candidature réside dans la collecte des 500 parrainages d’élus locaux, indispensables pour figurer sur le bulletin de vote officiel le 18 avril 2027. Ce filtre démocratique constitue un obstacle de taille pour les petites organisations politiques indépendantes qui ne disposent pas d’un réseau solide d’élus locaux ancrés dans les territoires. Lors du précédent scrutin présidentiel en 2022, la co-fondatrice et candidate du mouvement, Hélène Thouy, n’avait pas réussi à réunir les signatures nécessaires, privant le parti d’une tribune nationale d’envergure malgré une campagne active auprès des maires. La réussite de cette campagne de parrainages représente le premier véritable test de crédibilité électorale pour le Parti animaliste. En se positionnant très tôt, la candidate espère mobiliser les maires ruraux et périurbains sensibles à la cause de la bientraitance animale.
Le parcours d’une militante marquée par le terrain
Franco-serbe ayant grandi en Île-de-France, Mira Markovic s’est forgée une conscience militante au carrefour de deux cultures très différentes. Marquée par la confrontation précoce avec les réalités concrètes de l’élevage intensif au sein de sa famille paternelle en Serbie, elle décrit cette expérience de jeunesse comme un véritable choc visuel et moral. Son parcours professionnel l’a d’abord menée à soigner les humains pendant dix-sept ans dans le secteur médico-social en tant que psychologue clinicienne, avant qu’elle ne choisisse de transposer cette écoute de la souffrance à la cause animale. Son passage éphémère par Europe Écologie-Les Verts (EELV) en 2010 s’est rapidement soldé par une rupture idéologique profonde. Mira Markovic a quitté le parti écologiste en dénonçant l’influence jugée trop forte du syndicalisme agricole traditionnel. Selon elle, les structures écologistes classiques de l’époque, alors sous la direction nationale de Cécile Duflot, ne prenaient pas suffisamment en compte la détresse individuelle des êtres sensibles au profit de logiques syndicales et économiques globales.
Un programme centré sur le statut juridique et la bientraitance
Fondé il y a une décennie, le Parti animaliste revendique aujourd’hui un effectif stabilisé de 4 000 adhérents et se définit comme une force politique transpartisane, se plaçant délibérément en dehors du clivage traditionnel entre la gauche et la droite. Les propositions phares portées par Mira Markovic s’articulent autour d’une refonte profonde du cadre juridique, institutionnel et éthique français. Le programme exige notamment l’instauration d’un ministère de la condition animale totalement indépendant des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique, ainsi qu’une modification substantielle du Code civil visant à extraire définitivement les animaux du régime juridique obsolète s’appliquant aux biens. Sur le plan économique et agricole, le mouvement préconise l’arrêt complet de l’élevage industriel intensif, tout en garantissant un accompagnement financier pérenne pour aider les éleveurs à se reconvertir vers des modèles alternatifs. La plateforme programmatique intègre également des mesures d’interdiction symboliques fortes comme la fin de la corrida et de la chasse sur l’ensemble du territoire.
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L’équation financière complexe d’un petit parti
Au-delà de la récolte ardue des signatures, le Parti animaliste doit résoudre une équation budgétaire particulièrement complexe pour mener à bien une campagne présidentielle, réputée pour son coût financier élevé. Le mouvement subit de plein fouet les répercussions de la dissolution surprise de l’Assemblée nationale décidée à l’été 2024, un événement politique majeur qui a bouleversé l’attribution des subventions publiques nationales et considérablement asséché la trésorerie du parti. Hélène Thouy a publiquement reconnu que les finances de l’organisation étaient au plus bas à ce stade de la préparation électorale. Pourtant, le parti dispose d’une assise électorale stable bien que modeste lors des scrutins proportionnels, ayant obtenu 2,2 % des voix lors des élections européennes de 2019, puis un score similaire de 2 % lors du scrutin européen de 2024. Le parti avait également mobilisé des figures de la société civile pour accroître sa visibilité, à l’image de l’animateur Laurent Baffie qui avait réuni 1,1 % des suffrages à Paris lors des législatives de 2022. Les échéances à venir devront prouver la capacité du mouvement à transformer cette sympathie thématique en un vote de conviction à l’échelle nationale.