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samedi 12 septembre 2026
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Le Rassemblement national élabore une nouvelle stratégie pour séduire les banlieues

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Le Rassemblement national élabore une nouvelle stratégie pour séduire les banlieues
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L’essentiel
  • Le Rassemblement national prépare un projet spécifique destiné aux quartiers populaires afin de concurrencer La France insoumise.
  • Un binôme composé du conseiller Philippe Olivier et de la députée alliée Hanane Mansouri est chargé de formuler ces propositions pour Marine Le Pen.
  • Cette initiative intervient après l’échec de la stratégie « Banlieues patriotes » lancée il y a dix ans par Jordan Bardella, marquée par un recul électoral dans ces zones.
  • Le parti entend axer son discours sur la sécurité, le logement et l’assimilation, tout en tentant de délester sa proposition d’interdiction du voile de sa charge polémique.

Une offensive stratégique pour briser l’hégémonie de la gauche radicale

Le Rassemblement national élabore une nouvelle stratégie pour séduire les banlieues

Le Rassemblement national s’est fixé un nouvel horizon électoral pour les échéances politiques à venir : les quartiers populaires et les banlieues. Cette initiative s’inscrit dans une volonté globale d’élargir la base électorale du parti. Selon les déclarations d’un membre des instances dirigeantes du parti, la doctrine consiste désormais à occuper la totalité des espaces politiques et à s’adresser à l’ensemble des citoyens français, sans exclusion géographique. Le mouvement nationaliste cherche à s’implanter dans des zones électorales historiquement hostiles en contestant le monopole de la gauche radicale. En ciblant ces territoires, le parti dirigé par Marine Le Pen entend directement concurrencer La France insoumise. Les dirigeants du parti reprochent régulièrement à la formation de Jean-Luc Mélenchon d’entretenir des dérives communautaristes au sein de ces territoires. En réaction, l’entourage de la candidate à la présidence exprime la nécessité d’apporter des garanties de considération à des populations qui éprouvent souvent le sentiment d’être exclues du discours nationaliste classique.

Un binôme dédié pour concevoir l’offre politique du parti

Afin de structurer cette démarche et de proposer un programme adapté, la direction du Rassemblement national a confié la rédaction d’un projet spécifique à un duo aux profils complémentaires. Ce binôme est composé de Philippe Olivier, conseiller politique chevronné de Marine Le Pen, et de Hanane Mansouri, députée alliée au parti et issue de l’alliance menée par Éric Ciotti. La désignation d’une élue issue des quartiers populaires vise à incarner une trajectoire d’assimilation conforme à la doctrine du parti. Originaire d’un quartier de Grenoble et elle-même issue de l’immigration, Hanane Mansouri apporte à cette équipe de réflexion une expérience vécue dans les zones urbaines sensibles. Sa présence au cœur du dispositif est perçue comme un atout pour légitimer la démarche du parti auprès d’un électorat traditionnellement méfiant envers la droite nationale. Ce tandem a pour mission de formuler des propositions concrètes qui seront ultérieurement arbitrées et portées publiquement par Marine Le Pen lors d’un déplacement officiel sur le terrain.

Le défi historique de la reconquête après dix ans d’échecs

Cette tentative de pénétration des banlieues ne constitue pas une nouveauté absolue pour le parti à la flamme. Il y a une décennie, sous l’appellation de Front national, la structure avait initié une démarche similaire à travers le collectif « Banlieues patriotes ». À l’époque, cette entité était animée par Jordan Bardella, alors responsable de la fédération de Seine-Saint-Denis. Ce dernier plaidait pour une reprise en main vigoureuse des cités par l’État, dénonçant une minorité qui perturbait le quotidien des habitants, et réclamant le démantèlement des trafics d’armes et de stupéfiants ainsi que la lutte contre le fondamentalisme religieux. Cependant, dix ans plus tard, le constat d’échec est partagé en interne. Malgré un recul chiffré dans les urnes, les stratèges du parti estiment qu’un électorat latent attend d’être mobilisé sur des thématiques quotidiennes. Les résultats électoraux récents témoignent d’une stagnation, voire d’une régression dans les banlieues des grandes agglomérations parisiennes et lyonnaises. À Vaulx-en-Velin, commune de la banlieue lyonnaise, Marine Le Pen a ainsi enregistré une baisse de près de quatre points de pourcentage entre les deux dernières élections présidentielles, alors que Jean-Luc Mélenchon y progressait de plus de seize points.

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La sécurité et le social au cœur du programme de « Renaissance »

Pour inverser cette tendance électorale défavorable, les rédacteurs du projet entendent élargir les thématiques traditionnellement associées au Rassemblement national. Si les questions liées à la sécurité, à la lutte contre le trafic de stupéfiants et à l’ordre républicain demeurent prépondérantes, de nouveaux axes comme le logement, l’accès à la culture et la dignité sociale sont intégrés à la réflexion. L’objectif consiste à convaincre les résidents des banlieues qu’ils ont pleinement leur rôle à jouer dans le cadre du projet de « Renaissance » nationale. Pour convaincre, le parti entend lier les questions d’ordre public à des préoccupations sociales et matérielles concrètes. La rhétorique mise en avant s’appuie sur la notion d’assimilation républicaine, opposée aux théories dites « wokistes » attribuées à la gauche. Les promoteurs du projet parient sur le fait qu’une partie importante des habitants des quartiers populaires partage des valeurs de respect et de dignité qui s’accordent mal avec les positions sociétales de La France insoumise.

Le positionnement délicat sur la laïcité et les signes religieux

L’un des principaux obstacles à cette stratégie de séduction réside dans les positions historiques du parti concernant les questions religieuses et identitaires. La proposition d’interdire le port du voile islamique dans l’ensemble de l’espace public suscite de vives crispations parmi les opposants et les populations ciblées. Consciente de cette sensibilité, la direction du mouvement espère que les débats les plus passionnés s’apaiseront avant que Marine Le Pen ne présente officiellement ses propositions lors d’un futur déplacement de terrain. La présentation de cette feuille de route devra surmonter les tensions persistantes liées aux propositions du parti sur les signes religieux dans l’espace public. Les cadres du parti s’efforcent d’atténuer la portée de cette mesure en expliquant que l’intention première n’est pas d’interdire de manière brutale le foulard, mais de cibler prioritairement l’islamisme radical et ses dérives. La réussite de cette offensive politique dépendra de leur capacité à faire accepter cette distinction par un électorat traditionnellement sur la défensive face à ces thématiques.

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Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

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