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lundi 21 septembre 2026
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États-Unis : plus de 25 000 migrants expulsés vers des pays tiers

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États-Unis : plus de 25 000 migrants expulsés vers des pays tiers
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L’essentiel
  • Depuis janvier 2025, l’administration de Donald Trump a déporté plus de 25 000 personnes vers des nations tierces.
  • Le Mexique reste la destination majeure avec environ 20 000 transferts terrestres non officiels.
  • Des organisations comme Human Rights First dénoncent une opacité croissante entourant ces accords bilatéraux conclus avec 35 pays.

Une stratégie d’expulsion inédite vers des pays tiers

États-Unis : plus de 25 000 migrants expulsés vers des pays tiers

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, les autorités américaines ont intensifié l’usage d’une méthode d’éloignement particulièrement controversée : les expulsions vers des pays dits « tiers ». Ce mécanisme consiste à renvoyer des individus sans titre de séjour non pas vers leur État d’origine, mais vers des pays tiers avec lesquels ils n’entretiennent souvent aucune attache personnelle, familiale ou culturelle. Cette pratique de transfert vers des pays tiers redéfinit en profondeur la politique de gestion des flux de l’administration américaine, marquant un tournant répressif majeur. Selon les données collectées par un réseau d’organisations non gouvernementales, d’avocats et de centres de recherche universitaires, plus de 25 000 personnes ont fait l’objet de ces mesures d’éloignement forcé depuis le début de l’année 2025. Cette dynamique traduit la volonté de Washington d’externaliser le traitement des dossiers migratoires à l’échelle globale, s’appuyant sur un réseau complexe d’accords bilatéraux.

La centralité du Mexique et de la route centraméricaine

La cartographie de ces transferts montre que le continent américain demeure le premier réceptacle de cette politique de renvoi de masse. La très grande majorité des expulsions, estimée à environ 20 000 personnes par les observateurs de terrain, s’effectue par voie terrestre à destination du Mexique. Avec plus de 20 000 transferts terrestres, le Mexique demeure le pivot central de ce dispositif, bien qu’aucun traité officiel ne vienne formellement encadrer ces flux de citoyens non mexicains. Au-delà de cette frontière, d’autres pays d’Amérique centrale et des Caraïbes ont accepté de recevoir des vols de ressortissants de pays tiers. Le Guatemala se positionne comme le deuxième principal point d’accueil avec près de 3 000 arrivées de personnes d’autres nationalités, dont 90 % étaient d’origine mexicaine. Des pays comme le Honduras, le Salvador, le Panama et le Costa Rica ont également accueilli des contingents supérieurs à 250 personnes chacun. Plus récemment, des États comme le Guyana ont mis en œuvre des accords similaires en accueillant des ressortissants cubains et afghans expulsés des États-Unis.

Opacité gouvernementale et contre-pouvoir des observateurs

L’un des aspects les plus marquants de cette campagne d’expulsions réside dans le secret qui entoure les négociations et la signature des accords avec les pays d’accueil. Au total, 35 pays répartis sur six continents ont conclu des arrangements avec l’administration américaine, bien que sept d’entre eux n’aient pas encore enregistré de transferts effectifs à la fin de l’été 2026. Face au secret entretenu par les autorités américaines, les organisations de défense des droits humains ont dû structurer des réseaux de surveillance technologiques et juridiques indépendants. Savi Arvey, directrice des politiques pour les réfugiés et les immigrés à l’ONG Human Rights First, souligne que si l’administration communiquait initialement sur ces transferts en 2025, elle s’est murée dans une opacité totale depuis un an. Pour pallier ce manque d’informations officielles, le Human Rights Center de l’Université de Berkeley, en collaboration avec Refugees International, s’appuie sur le suivi radar des vols via le projet « ICE Flight Monitor » et sur des requêtes d’accès à l’information auprès des administrations locales concernées afin de reconstituer le parcours des expulsés.

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Des drames humains aux confins de la filière africaine

L’éloignement forcé vers des pays tiers engendre des situations d’extrême vulnérabilité pour des personnes brutalement déconnectées de leur environnement habituel. L’exemple de Rabbiatu Kuyateh illustre cette réalité : originaire de Sierra Leone, établie aux États-Unis depuis les années 1990 après avoir fui la guerre civile, elle y exerçait comme infirmière à Baltimore sous le couvert de permis de travail temporaires mais régulièrement renouvelés. Interpellée lors d’un contrôle administratif de routine de la police de l’immigration (ICE) en juillet 2025, elle a été détenue durant quatre mois avant d’apprendre son renvoi vers le Ghana, un pays situé à plus de 1 000 kilomètres de sa terre natale et avec lequel elle n’a aucun lien. L’éloignement forcé vers des territoires tiers prive les personnes expulsées de tout repère social ou juridique, les abandonnant dans des régions totalement inconnues. Ce phénomène concerne de plus en plus le continent africain, où de nombreux pays ont déjà reçu des vols d’expulsés américains, le Ghana s’imposant comme la principale destination de transit ou d’accueil pour ces ressortissants de diverses nationalités.

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Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

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