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jeudi 1 octobre 2026
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G20 : les États-Unis appellent à une révision du système douanier mondial

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G20 : les États-Unis appellent à une révision du système douanier mondial
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L’essentiel
  • Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, exhorte le G20 à réexaminer le système tarifaire instauré après la Seconde Guerre mondiale.
  • Washington remet en cause la clause de la « nation la plus favorisée » de l’OMC et justifie des sanctions douanières visant 59 pays et l’Union européenne.
  • Les États-Unis dénoncent les surcapacités industrielles chinoises, un constat partagé par la majorité des membres du G20 lors de la réunion d’Asheville.
  • En marge des débats, le Canada cherche à diversifier ses alliances commerciales hors du marché américain.

Un plaidoyer pour la refonte du commerce multilatéral

Lors de l’ouverture de la réunion des ministres du Commerce du G20 organisée sous la présidence des États-Unis à Milwaukee, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a exposé les priorités stratégiques de l’administration américaine. Le responsable a formulé un appel explicite aux grandes économies mondiales afin de réétudier les fondements de la régulation douanière internationale. Jamieson Greer a invité les membres du G20 à réévaluer un modèle commercial fondé sur des règles établies au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Selon la ligne défendue par la délégation américaine, les structures actuelles ne permettent plus de répondre efficacement aux déséquilibres économiques contemporains. L’objectif affiché par Washington réside dans la relance de l’appareil manufacturier national, en s’appuyant sur l’usage ciblé des droits de douane, la négociation d’accords commerciaux et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement jugées stratégiques.

La remise en cause du principe de la « nation la plus favorisée »

Au cœur du discours américain figure une critique explicite de la clause de la « nation la plus favorisée » (NPF), principe fondateur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) garantissant une égalité de traitement entre l’ensemble des États membres. La clause de la nation la plus favorisée restreint, selon la délégation américaine, la capacité des États à répondre aux distorsions économiques. Jamieson Greer a affirmé qu’une application inconditionnelle de cette norme empêche les gouvernements d’ajuster leur politique commerciale face aux pratiques déloyales et aux mutations des marchés. Cette position s’inscrit dans la continuité de la politique menée au cours des deux mandats du président Donald Trump, durant lesquels l’administration américaine a progressivement affaibli ce mécanisme en appliquant des surtaxes douanières unilatérales.

Surcapacités industrielles et tensions diplomatiques avec la Chine

Les discussions ont également porté sur les subventions publiques et les surcapacités industrielles. Selon le représentant américain au Commerce, l’émergence de politiques éloignées des principes du marché génère des volumes de production qui dépassent largement la demande intérieure des pays producteurs. Ces surplus finissent par saturer les marchés internationaux, exerçant une pression importante sur les entreprises et les salariés des autres nations. Toutes les économies du G20 à l’exception de la Chine s’étaient accordées en septembre sur la nécessité de lutter contre les politiques non conformes au marché. Cette convergence avait été actée lors de la réunion des ministres des Finances du G20 à Asheville, en Caroline du Nord. De son côté, Pékin rejette catégoriquement les accusations de surcapacité et soutient que les pays occidentaux instrumentalisent cet argument pour justifier des mesures protectionnistes.

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Sanctions douanières et protection des filières agricoles

Au-delà de la production industrielle, les échanges ont abordé la sécurité des approvisionnements vitaux et les normes de travail. Le représentant américain a demandé aux ministres du G20 d’éviter toute mesure coercitive ou restriction d’exportation portant sur les produits alimentaires et les intrants agricoles, soulignant les conséquences graves de ces blocages sur l’économie mondiale. Par ailleurs, Washington a tenu à expliciter les fondements des barrières tarifaires appliquées à ses partenaires. L’administration américaine a justifié l’imposition de surtaxes douanières à 59 pays et à l’Union européenne par des lacunes dans la lutte contre le travail forcé. Selon la diplomatie américaine, la tolérance envers le travail forcé confère un avantage artificiel sur les coûts de production et dégrade la confiance dans les échanges internationaux.

Redéploiement stratégique des partenaires internationaux

La ligne offensive tenue par les États-Unis lors de ce sommet pousse plusieurs partenaires du G20 à adapter leur stratégie d’alliances. Alors que Washington utilise cette tribune pour rallier les membres contre les distorsions économiques attribuées à Pékin, certains pays voisins cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis du marché américain. Face aux orientations protectionnistes de Washington, le Canada cherche à intensifier ses relations commerciales avec d’autres partenaires mondiaux. La délégation canadienne entend profiter des rencontres en marge du forum du G20 pour faire progresser ses négociations d’accords bilatéraux et multilatéraux, illustrant une volonté de diversification au sein du bloc des grandes économies.

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Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

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