- À 48 heures du scrutin législatif québécois, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, réfute avoir tenté d’organiser une rencontre officielle avec le Département d’État américain en mars dernier.
- Le candidat souverainiste dénonce des « manœuvres » politiques visant à l’associer à l’entourage de Donald Trump à l’approche du vote.
- Ses opposants politiques, notamment le chef libéral Charles Milliard et le conservateur Éric Duhaime, réclament toute la transparence sur les déplacements internationaux du leader péquiste.
Un démenti à l’approche du scrutin

Le sprint final des élections législatives québécoises de 2026 est marqué par de vives tensions diplomatiques et des accusations croisées. À seulement quarante-huit heures de l’ouverture des bureaux de vote, Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois (PQ) et candidat sérieux au poste de premier ministre, a dû monter au créneau pour éteindre une polémique naissante concernant ses relations avec les États-Unis. Samedi matin, le leader souverainiste a catégoriquement qualifié de « fausses » et d’« inexactes » les affirmations selon lesquelles sa formation politique aurait tenté d’organiser une rencontre officielle avec des représentants du département d’État américain en mars dernier. Cette mise au point vigoureuse intervient alors que le climat politique est particulièrement électrique, chaque camp cherchant à mobiliser ses électeurs avant le verdict des urnes. À moins de deux jours de l’ouverture des bureaux de vote, le chef souverainiste tente de clore une polémique sur ses relations diplomatiques. Devant les journalistes à Québec, Paul St-Pierre Plamondon a dénoncé des méthodes médiatiques qu’il qualifie d’« inquisitoires », déplorant des torsions de la réalité destinées à influencer l’électorat au pire moment de sa campagne.
L’ombre d’une association avec Donald Trump
À l’origine de cette controverse, des informations de presse citant l’ambassade des États-Unis à Ottawa indiquent que des représentants du Parti québécois avaient sollicité une entrevue au début de l’année, rencontre qui n’a finalement pas eu lieu en raison de l’annulation d’un déplacement programmé. Le chef du PQ reconnaît avoir envisagé des contacts outre-frontière, une démarche qu’il avait lui-même rendue publique dès le mois de janvier. Il précise avoir évoqué cette éventualité avec Anne Dudte, la consule générale des États-Unis au Québec, lors de sa venue à l’Assemblée nationale. Toutefois, Paul St-Pierre Plamondon insiste sur le fait qu’aucune démarche concrète, courriel ou appel téléphonique n’a été émis pour fixer un rendez-vous précis en mars. Au-delà de l’aspect administratif, le leader souverainiste y voit une manœuvre politique grossière visant à le décrédibiliser en tentant de l’associer à l’entourage républicain. Paul St-Pierre Plamondon dénonce une tentative de déstabilisation visant à l’associer à l’entourage de la future administration républicaine. Il s’est d’ailleurs étonné du traitement de faveur accordé à d’autres figures politiques, citant le cas de Christine Fréchette, à qui personne ne reproche de dialoguer avec les cercles de pouvoir américains.
La réaction des adversaires politiques
La sortie de Paul St-Pierre Plamondon n’a pas manqué de faire réagir ses principaux rivaux politiques, qui se sont immédiatement saisis de l’affaire pour pilonner la crédibilité du candidat péquiste. Éric Duhaime, le chef du Parti conservateur du Québec, a vivement critiqué cette attitude, estimant que ces zones d’ombre nuisent à la confiance que les électeurs peuvent accorder au leader souverainiste, dont le slogan de campagne est précisément axé sur cette valeur. De son côté, Charles Milliard, à la tête du Parti libéral du Québec, a exigé des clarifications rapides, rappelant qu’il ne restait que quarante-huit heures avant le scrutin pour faire toute la lumière sur ces échanges. Ce n’est pas la première fois que la politique étrangère du PQ suscite de vifs débats. La semaine précédente, une altercation verbale avait déjà opposé le chef libéral et le leader souverainiste au sujet d’allégations d’ingérence étrangère et de prétendus « voyages secrets » aux États-Unis, des accusations que Paul St-Pierre Plamondon avait fermement démenties sur les réseaux sociaux. Les opposants libéraux et conservateurs profitent de cette séquence pour remettre en cause la transparence et la sincérité du chef du Parti québécois.
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Une stratégie internationale reportée après l’élection
Cette controverse met en lumière la stratégie internationale du Parti québécois, qui cherche à légitimer son projet de souveraineté auprès des partenaires économiques majeurs du Québec, à commencer par les États-Unis. Lors d’un caucus tenu en janvier, le chef péquiste avait revendiqué le droit de sa formation politique de tisser des liens étroits avec le reste du Canada, l’Europe et l’administration américaine. Cette diplomatie parallèle, bien que légitime pour un parti aspirant au pouvoir, suscite des frictions importantes en période électorale. Les sondages récents, notamment une enquête d’opinion signée de l’institut Léger, placent le Parti québécois aux portes du pouvoir tout en soulignant une progression constante des conservateurs, ce qui explique la nervosité ambiante et la virulence des attaques de fin de campagne. Finalement, face à la dégradation du contexte géopolitique et économique mondial, le PQ avait choisi en juin dernier de reporter cette grande tournée internationale après les élections de 2026. Le Parti québécois avait initialement prévu de mener une offensive de relations publiques aux États-Unis avant de reporter le projet après les élections de 2026. Ce contretemps administratif se transforme aujourd’hui en un enjeu politique majeur que le parti souverainiste tente de désamorcer avant l’ouverture des bureaux de vote.