- Une vingtaine d’élus et de représentants de la société civile, menés par Patrice Canayer et Jalil Benabdillah, officialisent leur ralliement.
- Ce collectif d’Occitanie rejette la perspective d’un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise.
- Le groupe pose une condition stricte : le refus de toute alliance électorale avec Jean-Luc Mélenchon pour l’échéance de 2027.
Une mobilisation inédite de la société civile occitane

À l’approche de l’échéance présidentielle de 2027, une dynamique s’organise dans le sud de la France pour soutenir la candidature potentielle de Raphaël Glucksmann. Ce mouvement ne s’appuie pas sur les structures partisanes traditionnelles, mais sur un réseau de personnalités locales dites « sans étiquette ». Parmi les figures de proue de ce collectif figurent Patrice Canayer, conseiller régional et figure emblématique du sport français en tant qu’ancien entraîneur du Montpellier Handball, ainsi que Jalil Benabdillah, vice-président de la Région Occitanie délégué à l’Économie. Accompagnés d’une vingtaine d’élus, dont Gérard Bessière (maire de Clermont-l’Hérault) et Jean-François Soto (maire de Gignac), ils entendent peser dans le débat national en dehors des appareils politiques classiques. L’engagement de ces élus repose sur une volonté de représenter la société civile et les territoires ruraux face aux structures politiques nationales. Ce ralliement intervient dans un contexte de recomposition de la gauche où les élus de terrain cherchent à s’émanciper des consignes nationales.
L’ambition de rompre avec la polarisation politique
L’objectif central de ce groupement est d’éviter ce qu’ils qualifient de « piège » du second tour : un duel entre le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI). Pour Patrice Canayer, l’enjeu dépasse la simple « refondation de la gauche » pour s’attaquer à une « refondation du pays ». Les membres du collectif expriment une inquiétude croissante face à la montée en puissance des deux blocs qu’ils jugent extrêmes et qui monopolisent, selon eux, l’espace médiatique et politique. Ils se positionnent ainsi comme les porte-voix d’une « majorité silencieuse » qui ne se reconnaîtrait plus dans les clivages actuels. La stratégie affichée consiste à bâtir un espace politique central capable de faire barrage aux radicalités sans pour autant se fondre dans le bloc macroniste. En se revendiquant « non encartés », ces élus espèrent séduire un électorat déçu par les partis mais soucieux de stabilité institutionnelle.
Le choix de Raphaël Glucksmann face aux enjeux internationaux
Le soutien au député européen Raphaël Glucksmann n’est pas fortuit : il repose sur sa stature internationale et son ancrage pro-européen. Pour les membres du réseau, le contexte géopolitique mondial, marqué par les tensions avec la Russie de Vladimir Poutine ou l’incertitude liée au retour possible de Donald Trump aux États-Unis, nécessite un dirigeant capable de porter une voix forte sur la scène mondiale. Des chefs d’entreprise et des professionnels de santé, comme le patron du Samu 31 Vincent Bounes, voient en l’eurodéputé une figure capable de répondre aux défis de la mondialisation et de la sécurité continentale. Le positionnement international de Raphaël Glucksmann est perçu comme un gage de sérieux face aux désordres mondiaux contemporains. Cette dimension européenne est d’autant plus prégnante en Occitanie, région où les enjeux de l’exportation et de la coopération transfrontalière sont vitaux pour l’économie locale.
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Une ligne rouge infranchissable vis-à-vis de La France insoumise
Si le collectif appelle à l’union derrière Glucksmann, il fixe des limites idéologiques très claires, notamment concernant les alliances à gauche. Les membres préviennent qu’ils ne soutiendront aucune initiative qui impliquerait une collaboration, directe ou indirecte, avec Jean-Luc Mélenchon ou la direction actuelle de LFI. Cette position marque une rupture avec la stratégie de l’Union populaire ou du Nouveau Front Populaire. En cas de duel au second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, Jalil Benabdillah précise que si le choix du vote restera individuel, « aucune voix n’ira au Rassemblement national ». Cette exclusion catégorique de La France insoumise définit le contour d’une offre politique qui se veut sociale-démocrate et républicaine. Ce positionnement reflète les tensions persistantes au sein de la gauche française entre une aile radicale et une aile modérée qui cherche à reprendre le leadership.
Structurer une force de réflexion territoriale
Au-delà de l’affichage électoral, le réseau occitan aspire à pérenniser son action en créant un groupe de réflexion structuré. L’idée est de transformer ce soutien ponctuel en une force politique capable d’influencer le programme du candidat Glucksmann, notamment sur les questions de ruralité, de santé et d’économie régionale. Des actrices du monde économique, comme Marie-Thérèse Mercier, soulignent que de nombreux dirigeants d’entreprises, habituellement réservés sur leurs opinions politiques, sont prêts à s’impliquer pour éviter une instabilité institutionnelle en 2027. L’ambition du collectif est de démontrer que les élus locaux sans étiquette peuvent constituer un socle solide pour une candidature présidentielle. Reste à savoir si cette initiative locale pourra faire tache d’huile dans d’autres régions de France afin de créer un véritable réseau national de soutiens civils.