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vendredi 23 octobre 2026
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Sondage d’octobre 2026 : la stature présidentielle des candidats s’érode

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Sondage d'octobre 2026 : la stature présidentielle des candidats s'érode
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L’essentiel
  • Selon une étude de l’institut Verian menée fin septembre 2026, Marine Le Pen conserve la tête des personnalités jugées les plus aptes à diriger le pays, avec des scores entre 38 % et 41 %.
  • Les figures majeures du bloc central connaissent un net repli, Édouard Philippe tombant à 30 % d’opinions favorables et Gabriel Attal reculant à 19 %.
  • À gauche, aucune des personnalités évaluées ne dépasse la barre des 20 % de stature présidentielle, tandis que Jean-Luc Mélenchon fait face à un rejet de 73 % à 78 %.

Un intérêt marqué pour le scrutin de 2027 mais une confiance limitée

À un peu plus de six mois de l’élection présidentielle de 2027, l’opinion publique française affiche un paradoxe frappant. Selon les données de l’enquête menée par l’institut Verian du 27 au 29 septembre 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes, l’intérêt pour ce scrutin reste particulièrement élevé, avec 75 % des citoyens qui affirment s’y intéresser, dont 41 % « beaucoup ». Pourtant, cet intérêt soutenu ne se traduit pas par une adhésion massive envers les différentes personnalités politiques susceptibles de briguer l’Élysée. Le baromètre d’octobre 2026 met en lumière un scepticisme persistant de la population quant aux capacités des dirigeants à incarner la fonction suprême. Précisons que cette étude quantitative ne mesure pas les intentions de vote, mais évalue la stature présidentielle à travers quatre critères cardinaux : la compétence générale, la capacité à représenter le pays, la vision d’avenir et l’aptitude à décider. Bien que les Français témoignent d’une attention soutenue pour l’échéance présidentielle, leur confiance envers les dirigeants capables de l’incarner s’avère particulièrement restreinte. Ce constat d’érosion globale touche presque l’ensemble du spectre politique, révélant une crise latente de la représentativité à l’approche du scrutin de 2027.

Marine Le Pen en tête du classement malgré une érosion globale

Dans ce paysage politique fragmenté, Marine Le Pen parvient à conserver une position de tête parmi les huit leaders testés par l’institut Verian. La représentante du Rassemblement national obtient des évaluations positives comprises entre 38 % et 41 % selon les différents critères de stature présidentielle. Elle s’illustre notamment sur sa capacité perçue à représenter la France et les Français, domaine dans lequel elle réunit 41 % d’opinions favorables, ainsi que sur son aptitude à prendre les décisions indispensables pour le pays, créditée de 39 % d’approbation. Néanmoins, cette apparente domination masque des fragilités structurelles importantes. D’une part, plus d’un Français sur deux refuse de lui attribuer l’une ou l’autre de ces qualités présidentielles. D’autre part, sa dynamique personnelle montre des signes évidents de tassement, avec une baisse généralisée de un à deux points sur un mois. Sur le critère de la compétence pure pour devenir une bonne présidente, elle chute désormais à 38 %, un score en net recul par rapport au pic de 44 % qu’elle avait atteint en juillet de la même année. Si la représentante du Rassemblement national conserve la première place sur les différents critères évalués, sa dynamique subit un tassement régulier depuis le début de l’été. Ce fléchissement, bien que réel, n’affecte pas sa position dominante en raison de l’affaiblissement simultané de ses principaux concurrents directs, à l’exception notable de Jordan Bardella qui n’a pas été évalué dans cette vague d’enquête.

Érosion des figures du bloc central et émergence relative de Bruno Retailleau

La baisse d’influence de la candidate du Rassemblement national ne profite pas directement aux figures du bloc central, qui traversent une phase de déclin marqué. Édouard Philippe, qui apparaissait initialement comme une alternative solide et devançait sa rivale en avril avec 40 % d’opinions positives sur la compétence présidentielle, subit une baisse continue. L’ancien Premier ministre ne recueille plus désormais que 30 % d’opinions favorables sur ce critère précis, ce qui représente une baisse de quatre points par rapport au mois de septembre, et une érosion cumulée de dix points depuis le lancement de l’indicateur au printemps. Ses autres évaluations, liées à la vision d’avenir et à la capacité décisionnelle, oscillent quant à elles entre 27 % et 28 %, accusant un recul de deux points, particulièrement visible à droite. Parallèlement, Gabriel Attal enregistre un décrochage encore plus sévère. L’ancien chef du gouvernement ne convainc plus que 19 % des sondés sur ses compétences présidentielles, soit une perte de quatre points en un seul mois. Sa vision de l’avenir s’établit à 21 %, tandis que sa capacité à décider tombe à 19 %. À l’inverse, l’actuel ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau affiche une relative stabilité entre 22 % et 25 % d’opinions favorables selon les critères, parvenant ainsi à devancer Gabriel Attal sur trois des quatre domaines testés. Pour sa part, le ministre des Armées Sébastien Lecornu reste stable à des niveaux modestes, fluctuant entre 18 % et 21 %. Les potentiels candidats issus de la majorité présidentielle et de ses alliés connaissent une baisse de leur crédibilité, affaiblissant l’émergence d’un successeur naturel.

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Une gauche à la peine pour s’imposer dans l’opinion

Du côté de l’opposition de gauche, la situation demeure tout aussi complexe, aucune des personnalités testées par Verian ne parvenant à franchir le cap symbolique des 20 % d’opinions positives globales. L’ancien président de la République François Hollande atteint précisément cette barre des 20 % en ce qui concerne ses compétences théoriques pour diriger à nouveau le pays, mais sa crédibilité s’effondre à 16 % lorsqu’il s’agit de sa vision pour l’avenir de la France. Raphaël Glucksmann, représentant de la tendance sociale-démocrate, évolue dans une fourchette étroite comprise entre 16 % et 19 % d’opinions favorables selon les différents critères de l’étude. Quant à Jean-Luc Mélenchon, figure de proue de La France Insoumise, son socle de soutien reste particulièrement clivant. Bien qu’il conserve un ancrage solide auprès de ses sympathisants les plus fidèles, il réunit seulement entre 15 % et 18 % d’opinions positives sur sa stature présidentielle globale. En parallèle, l’ancien député concentre un niveau de rejet massif de la part de la population française, avec un taux de réponses négatives oscillant de manière constante entre 73 % et 78 % selon les aspects évalués. Aucune des personnalités testées au sein des forces de gauche ne parvient à franchir le seuil des 20 % d’opinions favorables quant à sa stature présidentielle. Cette absence de leader incontesté souligne les difficultés persistantes de la gauche à proposer une alternative perçue comme crédible et unificatrice par l’ensemble du corps électoral à l’approche de l’échéance de 2027.

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Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

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