- Le gouvernement retire du projet de loi de finances l’instauration de droits d’inscription de 178 euros en BTS et 270 euros en classes préparatoires pour les non-boursiers.
- Annoncée le jeudi matin, la disposition a été annulée le soir même par le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray.
- Ce recul intervient dans un contexte de contestation lycéenne et de fortes critiques de la part des syndicats et des oppositions politiques.
Un renoncement rapide après la présentation du budget

Moins de vingt-quatre heures après la présentation du projet de loi de finances pour 2027, l’exécutif a fait le choix de faire marche arrière sur l’une de ses dispositions éducatives. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a indiqué que le gouvernement prendrait l’initiative de retirer du projet budgétaire la mesure qui prévoyait de rendre payantes les inscriptions en brevet de technicien supérieur (BTS) ainsi qu’en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) pour les élèves non boursiers. Cette décision d’abandonner le dispositif est survenue jeudi soir, alors que la mesure figurait encore dans le texte présenté officiellement le matin même.
Une mesure justifiée par l’exécutif au nom de l’équité financière
Le projet initial prévoyait la mise en place de droits d’inscription annuels fixés à 178 euros pour les étudiants en BTS et à 270 euros pour ceux scolarisés en classes préparatoires, dès lors qu’ils ne bénéficiaient pas d’une bourse sur critères sociaux. Pour défendre cette réorientation, le gouvernement avait mis en avant un principe d’équité par rapport au régime d’inscription en vigueur à l’université. L’exécutif soulignait que la gratuité s’appliquait jusqu’ici de manière uniforme dans ces filières secondaires, sans considération des revenus familiaux, contrairement aux droits d’inscription universitaires qui prennent en compte la situation de chacun.
La montée des tensions et les réactions syndicales et politiques
L’annonce de cette mesure est intervenue alors que des mobilisations de lycéens et d’étudiants se déroulaient dans plusieurs villes pour réclamer davantage de moyens pour l’enseignement. La réaction des organisations syndicales et des oppositions politiques a été particulièrement vive face à ce qu’elles ont qualifié de provocation. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a vivement dénoncé une disposition jugée incendiaire dans un contexte social déjà tendu. De son côté, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a critiqué une mesure aggravant selon lui l’injustice sociale au moment même où la jeunesse manifestait.
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Un retrait formalisé lors du débat parlementaire
Face à la contestation et à la suite de discussions menées avec le Premier ministre ainsi qu’avec les représentants syndicaux, le ministre de l’Éducation nationale a acté l’abandon de la réforme. Le gouvernement a précisé qu’il utiliserait son droit d’amendement au Parlement pour supprimer lui-même cet article lors des débats budgétaires. Tout en rappelant que le projet de loi de finances demeure soumis aux modifications du pouvoir législatif, l’exécutif a préféré neutraliser cette source de friction avant l’examen du texte dans l’hémicycle.