L’Actu Politique Actualité · France & Monde
mercredi 30 septembre 2026
Accueil Politique Gouvernement Mobilisation de la fonction publique : la CGT réclame une révision du budget
Gouvernement

Mobilisation de la fonction publique : la CGT réclame une révision du budget

Partager
Mobilisation de la fonction publique : la CGT réclame une révision du budget
Partager
L’essentiel
  • La CGT revendique la participation de plus de 300 000 manifestants lors de la journée d’action nationale du 29 septembre.
  • La mobilisation, répartie sur plus de 180 rassemblements, affiche une participation supérieure à la grève du 5 décembre 2024.
  • Le syndicat dénonce un projet de budget d’austérité de 54 milliards d’euros et réclame la revalorisation du point d’indice.
  • Plusieurs autres journées de grève et de manifestation sont déjà annoncées pour le courant du mois d’octobre.

Une mobilisation en hausse à la veille des débats budgétaires

Mobilisation de la fonction publique : la CGT réclame une révision du budget

Le climat social français s’est de nouveau tendu ce mardi 29 septembre, marqué par d’importants rassemblements à travers l’ensemble du territoire national. Selon les données communiquées par la CGT, plus de 300 000 personnes, regroupant des agents de la fonction publique d’État, hospitalière et territoriale, ainsi que des sapeurs-pompiers, ont défilé dans les rues. Ces fonctionnaires ont été rejoints par des lycéens, des salariés du secteur privé mobilisés pour la défense de l’emploi et des salaires, ainsi que par des retraités et des personnes privées d’emploi. Au total, plus de 180 points de rassemblement ont été comptabilisés dans le pays. Cette journée d’action marque une nette progression de la participation par rapport au 5 décembre 2024, date de la dernière grande grève unitaire au sein de la fonction publique. Cette mobilisation d’envergure intervient dans un moment politique charnière, alors que l’exécutif s’apprête à dévoiler sa feuille de route financière pour l’année à venir.

Un constat alarmant sur l’état des services publics

Pour les organisations syndicales, et particulièrement la CGT, cette colère est le résultat direct de choix politiques passés qui ont affaibli les structures de l’État et des collectivités. La centrale insiste sur le rôle crucial joué par les agents publics durant la période estivale, qualifiée de particulièrement éprouvante. Elle dénonce des années d’austérité budgétaire dont les conséquences matérielles se font désormais durement ressentir sur le terrain. Parmi les chiffres avancés, le syndicat déplore la suppression de 45 000 lits d’hôpitaux et la perte de 1 000 camions de pompiers en l’espace de vingt ans. Cette réduction des capacités opérationnelles place les services publics dans une situation d’extrême précarité. De plus, les comparaisons internationales sont également mises en avant pour illustrer ce malaise : la France est présentée comme l’un des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui rémunère le moins bien ses fonctionnaires, accentuant ainsi la crise d’attractivité de ces métiers essentiels.

Le projet de budget de l’État sous le feu des critiques

Le point de friction majeur entre le gouvernement et les partenaires sociaux réside dans le projet de loi de finances qui doit être officiellement présenté ce 1er octobre. Le projet gouvernemental prévoit un plan d’austérité de 54 milliards d’euros, une trajectoire budgétaire que la CGT rejette fermement. Le syndicat dénonce la poursuite du gel du point d’indice, l’outil de calcul qui détermine la rémunération de base des fonctionnaires, alors que l’inflation pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages. Les manifestants pointent du doigt le décalage entre la rigueur imposée aux services publics et la situation financière des grandes entreprises énergétiques. La CGT dénonce le fait que les compagnies pétrolières continuent d’engranger des bénéfices exceptionnels liés à la conjoncture internationale, tandis que les dividendes versés aux actionnaires connaissent une croissance record. Pour le syndicat, cette politique aggrave la précarité des travailleurs qui doivent faire face à la hausse continue des prix de l’énergie, des carburants, de l’alimentation et des loyers.

À lire aussi Aide publique au développement : la France s’engage dans une réduction massive de ses budgets

Tensions dans l’éducation et dénonciation de la réponse policière

La mobilisation a également trouvé un écho important au sein de la jeunesse, de nombreux lycéens ayant décidé de s’associer aux cortèges pour exprimer leurs propres revendications. Ces derniers dénoncent des conditions d’études dégradées, caractérisées par un manque criant de personnel d’encadrement et des classes chroniquement surchargées. Les manifestations lycéennes ont toutefois donné lieu à des interventions des forces de l’ordre, suscitant une vive réaction de la part des organisations syndicales. La CGT a fermement condamné ce qu’elle qualifie de répression féroce à l’encontre des jeunes mobilisés. La direction du syndicat a exprimé sa solidarité entière avec le mouvement lycéen et a appelé ses structures locales à mettre en place des mesures pour assurer la protection physique des jeunes manifestants lors des prochains rassemblements, marquant ainsi une volonté de faire bloc face à la réponse sécuritaire de l’État.

Vers un automne de contestations sectorielles

La journée du 29 septembre ne semble être que le premier acte d’une séquence de contestation sociale qui s’annonce dense pour le gouvernement. La CGT avertit que la colère accumulée face au coût de la vie et à l’absence de revalorisations salariales va continuer de s’exprimer à travers de multiples actions sectorielles déjà planifiées pour les semaines à venir. Le calendrier social s’annonce particulièrement chargé avec des mobilisations féministes contre les violences sexistes et sexuelles prévues le 5 octobre. Le secteur de l’énergie sera quant à lui appelé à cesser le travail le 6 octobre, suivi par une grève chez Total le 8 octobre et une action des retraités le 14 octobre. Face à cette multiplication des fronts, les syndicats exigent que le gouvernement et le patronat revoient leurs positions en mettant à contribution les grandes fortunes et les multinationales pour financer le modèle social et les infrastructures publiques françaises.

Partager
Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

L'Actu Politique suit la vie politique française au jour le jour : l'exécutif, le Parlement, les partis et les élections, sans oublier les territoires. Un tiers de notre couverture est consacré à la politique américaine et internationale, avec la même exigence : dire ce qui s'est passé, le replacer dans son contexte, et rien d'autre. Une rédaction de cinq signatures, un fil tenu tout au long de la journée.

CONTACTEZ LA RÉDACTION

Pour nous contacter, vous pouvez nous envoyer un mail directement à cette adresse : [email protected].

Copyright 2026 L'ACTU POLITIQUE. Tous droits réservés.