- Lors d’un débat politique, l’ancien ministre Bruno Le Maire a interpellé l’eurodéputée Sarah Knafo sur son statut au sein de la haute fonction publique.
- Alors que la représentante de Reconquête propose de supprimer 800 000 postes de fonctionnaires, son interlocuteur l’a invitée à démissionner de la Cour des comptes.
- La députée LFI Ersilia Soudais ainsi que les députés Renaissance Paul Midy et Olivia Grégoire ont réagi à cette joute verbale.
- L’eurodéputée conteste ces accusations, affirmant avoir quitté l’institution en septembre 2021, malgré un rappel à l’ordre déontologique fin 2025.
Un débat tendu sur l’avenir de la fonction publique
Lors d’une récente émission de débat intitulée « Esprits Libres », l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et la députée européenne du parti Reconquête, Sarah Knafo, se sont opposés sur la gestion budgétaire de l’État. Ce face-à-face, organisé autour de la parution de l’ouvrage de cette dernière, Le Casse du Siècle (publié aux éditions Fayard), a rapidement tourné à la confrontation directe sur la taille de la fonction publique française. L’eurodéputée, figure centrale du parti d’extrême droite aux côtés d’Éric Zemmour, a profité de cette tribune pour réitérer l’une des propositions phares de sa formation politique : la réduction drastique du nombre d’agents publics, estimant nécessaire la suppression de 800 000 postes de fonctionnaires. La question du volume global de la fonction publique en France a ainsi été au cœur d’une vive confrontation entre l’ancien locataire de Bercy et la représentante de Reconquête. Face à ces accusations de mauvaise gestion financière, l’ancien ministre a choisi de déplacer le débat sur le terrain de la cohérence personnelle de son interlocutrice.
La mise en cause du statut de Sarah Knafo par Bruno Le Maire
Pour contrer les propositions de coupes budgétaires formulées par l’eurodéputée, Bruno Le Maire a directement ciblé le parcours professionnel de son adversaire. Sarah Knafo a en effet intégré la Cour des comptes en 2020 en qualité d’auditrice, faisant d’elle un membre de cette haute fonction publique dont elle conteste aujourd’hui l’ampleur. L’ancien ministre de l’Économie a profité de cette situation pour répliquer vivement : « Le premier poste de fonctionnaire qu’on pourrait supprimer, c’est le vôtre. Car je trouve que votre réquisitoire est un peu malhonnête ». Bien que Sarah Knafo ait tenté de se défendre en mettant en avant son statut d’« élue de la République », l’ancien ministre a maintenu son offensive en insistant sur le mécanisme technique de la mise en disponibilité. L’ancien ministre a reproché à l’élue de conserver le bénéfice de son statut de fonctionnaire tout en prônant des réductions massives d’effectifs au sein de l’État. Selon lui, ce statut de disponibilité permet à un agent public de retrouver son poste en cas d’échec politique, une situation qu’il qualifie de position de « juge et partie », l’enjoignant ainsi à démissionner définitivement de l’institution.
Des réactions contrastées au sein de la classe politique
Cette joute verbale a immédiatement suscité de nombreuses réactions au sein de l’échiquier politique français, dépassant largement le cadre de la majorité présidentielle sortante. Du côté du parti de la majorité, Renaissance, les députés Paul Midy et Olivia Grégoire ont salué la réponse de l’ancien ministre de l’Économie. De manière plus inattendue, la députée de la France insoumise (LFI), Ersilia Soudais, s’est également emparée de cette séquence sur les réseaux sociaux. Tout en rappelant son opposition fondamentale à la politique économique menée par Bruno Le Maire, qu’elle accuse d’avoir « un palmarès incontesté en matière de création de déficit », la parlementaire de gauche a ironisé sur la situation de la représentante de Reconquête, affirmant qu’il était « douloureux » de se faire ainsi contredire par l’ancien ministre. Cette passe d’armes a trouvé un écho singulier auprès de différents groupes parlementaires, unissant temporairement des opposants politiques dans leur critique de la position de l’eurodéputée.
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La défense de l’eurodéputée face aux accusations
Le lendemain de la diffusion de l’émission, Sarah Knafo a fermement contesté les affirmations de Bruno Le Maire, qualifiant ses propos de « fake news ». L’élue de droite radicale assure avoir quitté ses fonctions d’auditrice à la Cour des comptes en septembre 2021, une démarche qui, selon elle, équivaut officiellement à une sortie définitive de la fonction publique. Elle a néanmoins défendu le principe général du « droit au retour », qui offre la possibilité à tout citoyen exerçant un mandat électoral de retrouver son emploi antérieur à l’issue de ses fonctions politiques. Sarah Knafo rejette les critiques sur son statut professionnel, affirmant avoir rompu ses liens avec la Cour des comptes depuis plusieurs années. Toutefois, cette ligne de défense est tempérée par des éléments de fait : en décembre 2025, le comité de déontologie de la Cour des comptes l’avait rappelée à l’ordre après des commentaires publics concernant la direction de l’institution, ce qui suggère le maintien d’un lien institutionnel et réglementaire persistant avec la haute fonction publique malgré ses déclarations de retrait.