- Alain Fabre, maire d’Alès de 1989 à 1995, est décédé à l’âge de 81 ans dans la commune de Mauguio.
- Il est resté dans l’histoire politique locale pour avoir instauré la Feria d’Alès, un projet inscrit dans son programme électoral initial.
- Son élection en 1989 fut le fruit d’une coalition hétéroclite incluant des membres du Parti socialiste, du centre et de la droite, provoquant son exclusion du PS.
- Il a succédé au communiste Gilbert Millet avant de laisser son siège à Max Roustan au terme de son unique mandat.
Une figure politique de la transition alésienne
La ville d’Alès a appris, ce 15 octobre, la disparition d’Alain Fabre, ancien édile de la cité cévenole. Professeur de mathématiques de profession, Alain Fabre a dirigé la mairie entre 1989 et 1995. Son mandat, bien que limité à une seule mandature, est considéré par les observateurs locaux comme une période de bascule dans l’histoire politique de la ville. Il a succédé à Gilbert Millet, figure historique du communisme local, marquant ainsi une rupture avec plusieurs décennies de gestion de gauche. Son passage aux affaires municipales précède l’ère de Max Roustan, qui a par la suite exercé la fonction de maire pendant plus de deux décennies.
Une stratégie électorale atypique
L’arrivée au pouvoir d’Alain Fabre en 1989 reste un cas d’étude dans la vie politique gardoise. Pour conquérir la mairie, l’ancien enseignant avait orchestré une alliance dépassant les clivages traditionnels, réunissant des élus de l’aile droite du Parti socialiste, des centristes, des représentants de la droite classique (RPR) et des membres de la société civile. Cette stratégie audacieuse, mise en œuvre pour contrer à la fois les listes communistes et le Front national, a conduit à son exclusion immédiate du Parti socialiste. Ce rassemblement inédit souligne une volonté, exprimée par l’ancien maire, de dépasser les lignes partisanes habituelles pour orienter la politique municipale vers une logique de gestion pragmatique.
La naissance de la Feria d’Alès
Au-delà des débats idéologiques, Alain Fabre est indissociable de la création de la Feria d’Alès, un événement devenu pilier de l’identité festive et taurine de la commune. Dès son accession aux responsabilités, il avait fait de cet événement une promesse de campagne, voyant en cette manifestation un levier de dynamisme pour la ville. Interrogé quelques années avant sa disparition, il exprimait sa confiance dans la pérennité de cette institution, estimant que la Feria était devenue suffisamment ancrée dans les habitudes locales pour survivre à toutes les évolutions politiques ou sociétales. L’institution est, aujourd’hui encore, considérée comme l’un des héritages les plus durables de son action municipale.
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Reconversion économique et défis de gestion
Le mandat d’Alain Fabre ne s’est pas limité aux festivités ; il a également dû affronter les enjeux complexes de la reconversion économique du bassin alésien. Dans une région marquée par le déclin industriel, la municipalité a soutenu des mesures d’accompagnement structurel pour adapter la ville aux défis de la fin du XXe siècle. Si son passage à l’hôtel de ville fut décrit par ses contemporains, notamment au sein de l’opposition communiste de l’époque, comme un mandat « compliqué » et marqué par des conseils municipaux prolongés, il a laissé une trace indélébile sur le paysage économique local. Cette transition a contribué, selon les analystes locaux, à redéfinir le modèle de développement de la capitale cévenole.
Réactions et mémoire politique
L’annonce de son décès a suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique locale. Le Parti socialiste d’Alès, malgré les divergences passées ayant mené à l’exclusion de l’ancien maire, a salué « l’impulsion » donnée par Alain Fabre durant son mandat. Les anciens partenaires comme les adversaires politiques s’accordent sur le caractère « moderne » de son action, tournée vers l’évolution sans céder à la nostalgie. Cet hommage souligne l’empreinte laissée par un homme qui, par ses choix stratégiques, a durablement modifié le paysage électoral et culturel du Gard.