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vendredi 23 octobre 2026
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Saint-Denis : le maire Bally Bagayoko s’explique après son abstention sur la lutte contre l’excision

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Saint-Denis : le maire Bally Bagayoko s'explique après son abstention sur la lutte contre l'excision
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L’essentiel
  • Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, et sa majorité municipale se sont abstenus lors d’un vote sur un vœu relatif à la lutte contre les mutilations sexuelles féminines le 25 septembre 2026.
  • Le texte, déposé par l’opposition, souligne qu’environ 13 % des patientes accouchant au centre hospitalier Delafontaine sont concernées par ces séquelles.
  • La municipalité justifie cette décision par un désaccord avec une partie du texte liée à une proposition de loi parlementaire jugée trop évolutive à l’époque du scrutin.
  • Ce refus a suscité une vive controverse, l’opposition dénonçant une posture politique sur un enjeu de santé publique majeur.

Un contexte local marqué par une forte prévalence des mutilations

La question des mutilations sexuelles féminines occupe une place centrale dans les débats de santé publique à Saint-Denis. Selon les données évoquées lors du conseil municipal du 25 septembre 2026, la maternité du centre hospitalier Delafontaine fait face à une réalité statistique préoccupante, puisque 13 % des femmes y accouchant présentent des traces d’excision. Au niveau national, ce sont près de 139 000 femmes qui vivent avec de telles séquelles, un chiffre qui impose, pour les élus locaux, une réponse structurée en termes de prévention, de sensibilisation et d’accès aux soins de réparation. L’ampleur de ce phénomène justifie, aux yeux de l’opposition socialiste et écologiste, une vigilance politique et une action coordonnée avec les autorités étatiques.

La nature du vœu soumis au vote municipal

Le groupe d’opposition a souhaité porter cet enjeu devant le conseil municipal au travers d’un vœu ambitieux. Au-delà de la demande d’un soutien accru de l’État, le texte exhortait la municipalité à sanctuariser des actions spécifiques contre les mutilations, à réaffirmer le soutien à une diplomatie internationale féministe et à appuyer une proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles alors en débat au Parlement. L’objectif affiché était de placer la municipalité face à ses responsabilités territoriales en matière de protection des femmes et des jeunes filles.

Les raisons du désaccord de la majorité municipale

Face à ce texte, Bally Bagayoko et la majorité (élus LFI, PCF et membres de « La Seine-Saint-Denis au Cœur ») ont fait le choix de l’abstention, seul un élu communiste ayant fait le choix de soutenir la proposition. Le maire s’en est expliqué publiquement, réfutant toute complaisance vis-à-vis des violences faites aux femmes. Il a mis en avant une réserve d’ordre législatif : le texte proposé par l’opposition incluait un soutien à une proposition de loi qui était, au moment même du conseil municipal, en cours de modification profonde au Parlement. La majorité municipale a justifié son refus de voter un texte dont le contenu final n’était pas encore stabilisé juridiquement.

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L’échec des tentatives de compromis

Selon les éléments fournis par le cabinet du maire, une voie de sortie avait été envisagée par la majorité via le dépôt d’un amendement visant à isoler les points de consensus. Bally Bagayoko précise que sa formation était prête à valider les trois quarts du texte, en excluant uniquement la mention relative à la proposition de loi en débat, jugée trop imprécise à ce stade. Le refus de l’opposition d’accepter cet amendement a été interprété par le maire comme une stratégie visant à isoler politiquement la municipalité. Il a dénoncé, dans une communication officielle, une manœuvre destinée à acculer son camp soit à une position ambiguë, soit à l’adhésion automatique à un texte de loi dont les contours exacts restaient incertains.

Climat de tension persistante à Saint-Denis

Cet épisode illustre la persistance d’une fracture politique profonde au sein du conseil municipal, opposant la majorité actuelle aux élus rattachés à l’ancien maire, Mathieu Hanotin. Cette séquence s’inscrit dans un climat déjà tendu par d’autres dossiers, notamment les interventions de Bally Bagayoko dans l’espace public lors des mobilisations lycéennes, qui avaient déjà attiré l’attention des autorités préfectorales. Cet affrontement symbolique autour d’un enjeu sociétal souligne la difficulté croissante à dégager des consensus locaux sur des thématiques qui transcendent pourtant les clivages partisans habituels.

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Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

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