- Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a clôturé le premier Mondial Secours et Protection organisé en Haute-Savoie.
- Après un été marqué par des feux de forêt d’une intensité inédite, le gouvernement s’engage à faire évoluer le cadre légal.
- Le projet de loi de modernisation de la Sécurité civile s’articulera autour de trois axes stratégiques majeurs.
- Les mesures viseront notamment à recentrer les missions des services de secours et à soutenir les sapeurs-pompiers volontaires.
Un nouveau format international pour la Sécurité civile

Du 30 septembre au 3 octobre 2026, le département de la Haute-Savoie a accueilli la première édition du Mondial Secours et Protection. Cet événement inédit a fusionné le 132e Congrès national des sapeurs-pompiers de France, un salon professionnel international des acteurs du secours et de la sécurité, et un village d’animation destiné au grand public. L’ambition de ce nouveau rendez-vous est de décloisonner les expertises opérationnelles et de valoriser le modèle de secours français à l’échelle internationale. La clôture de ce rassemblement a été marquée par l’intervention du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, venu dresser les perspectives d’avenir pour la Sécurité civile. Ce déplacement intervient dans un contexte de forte sollicitation des services de secours de l’État et des collectivités locales.
Le retour d’expérience d’un été sous haute tension
Ce discours s’est tenu au lendemain d’une saison estivale particulièrement éprouvante, marquée par des feux de forêt d’une intensité inédite sur le territoire français. Le ministre a présenté un bilan lucide de la gestion de cette crise, saluant la mobilisation des effectifs tout en reconnaissant les limites structurelles du dispositif actuel. « Cet été, notre système a tenu et je ne laisserai personne dire le contraire », a affirmé Laurent Nuñez, avant d’ajouter : « Pour autant, je ne nie pas qu’il a montré ses limites. » Les services de secours font désormais face à des feux de forêt hors norme qui s’étendent à l’ensemble du territoire national, couplés à des vagues de chaleur durables et des épisodes climatiques violents. Face à ces défis environnementaux répétés, le ministre a estimé que la situation estivale imposait au gouvernement de prendre ses responsabilités réglementaires et budgétaires. L’activité quotidienne d’assistance aux personnes, qui demeure le cœur de l’activité des casernes, continue par ailleurs de progresser, accentuant la pression opérationnelle.
Recentrer les services de secours sur leurs missions fondamentales
Pour s’adapter à cette nouvelle donne climatique et opérationnelle, l’exécutif mise sur un nouvel outil législatif : une future loi de modernisation de la Sécurité civile. Le premier pilier de cette réforme vise à recentrer les services d’incendie et de secours (SDIS) sur leur cœur de mission. Ce recentrage répond à une attente forte des acteurs de terrain, confrontés à une hausse des sollicitations diverses qui s’éloignent parfois des urgences vitales et de la lutte directe contre les sinistres. En recentrant les interventions sur les secours d’urgence, le gouvernement cherche à préserver la disponibilité des équipes et à optimiser les moyens opérationnels. En redéfinissant précisément le périmètre d’action des agents, le gouvernement entend optimiser l’usage des deniers publics et soulager les centres de secours.
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Soutenir et pérenniser le modèle du volontariat
Le deuxième objectif stratégique de la loi s’attaque à la gestion des ressources humaines, en ciblant particulièrement les sapeurs-pompiers volontaires, qui constituent le socle de l’organisation des secours en France. Le ministre de l’Intérieur a insisté sur l’importance de faciliter la disponibilité de ces effectifs, confrontés à des contraintes professionnelles et personnelles accrues. Le projet de loi devrait proposer des mécanismes pour permettre aux volontaires de se libérer plus facilement pour des formations ou des interventions d’urgence, tout en mobilisant l’ensemble des forces vives de la Sécurité civile. La pérennité du modèle de secours dépend directement de la capacité de l’État à encourager et à sécuriser l’engagement des volontaires. Cette mesure vise à garantir une couverture opérationnelle rapide et équitable sur l’ensemble du territoire national.
Renforcer la culture du risque et la résilience locale
Enfin, le troisième axe de la réforme vise à consolider la résilience de la population et des territoires face aux risques majeurs. Face au dérèglement climatique, le gouvernement veut encourager le développement d’une véritable culture de la prévention chez les citoyens, à travers une meilleure préparation aux catastrophes naturelles et aux événements exceptionnels. Les collectivités locales seront également incitées à adapter leurs structures à ces menaces plus fréquentes et plus intenses. L’ambition affichée est de structurer un partenariat solide entre l’État, les territoires et les citoyens pour faire face aux crises environnementales de demain. Cette démarche globale cherche à anticiper les futures crises en s’appuyant sur une responsabilité partagée par l’ensemble des acteurs de la société.