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mardi 8 septembre 2026
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Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann rejette une primaire élargie à François Ruffin

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Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann rejette une primaire élargie à François Ruffin
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L’essentiel
  • Le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann, a opposé une fin de non-recevoir à la proposition d’Olivier Faure d’ouvrir la primaire de la gauche.
  • En juillet dernier, les adhérents socialistes ont validé à 55,5 % une primaire restreinte au PS et à Place publique, écartant l’option d’un scrutin élargi à 44,5 %.
  • Le député François Ruffin dénonce un verrouillage orchestré par des « apparatchiks », tandis que les soutiens de Raphaël Glucksmann mettent en avant d’importantes divergences idéologiques.

Le refus catégorique de Raphaël Glucksmann face à l’ouverture de la primaire

Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann rejette une primaire élargie à François Ruffin

La préparation de l’élection présidentielle de 2027 ravive les tensions stratégiques au sein de la gauche française. Interpellé par la proposition d’Olivier Faure de mettre en place une primaire élargie, le cofondateur de Place publique, Raphaël Glucksmann, a fermement opposé une fin de non-recevoir à cette initiative. Cette idée, qui visait à inclure le député de la Somme François Ruffin afin de rassembler « toute la gauche sociale et écologique », se heurte désormais au calendrier et aux décisions démocratiques internes déjà adoptées par les forces en présence.

Pour le leader de Place publique, la question de l’organisation de ce scrutin, prévu pour le mois prochain, est définitivement tranchée. « On ne change pas les règles en cours de jeu », a-t-il affirmé, coupant court aux discussions relancées par le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS). Raphaël Glucksmann a insisté sur la nécessité absolue de respecter le choix des militants socialistes, déclarant qu’il se plierait aux règles établies même en cas de défaite. Il a également rappelé à Olivier Faure ses devoirs en tant que dirigeant de la formation d’Épinay, soulignant que la première responsabilité d’un Premier secrétaire est d’appliquer les votes de sa propre base militante.

Le vote interne de juillet : une ligne de fracture stratégique au PS

Ce blocage s’inscrit dans la continuité d’une consultation interne majeure survenue en juillet dernier, au cours de laquelle les adhérents du Parti socialiste ont dû arbitrer entre deux visions stratégiques inconciliables. Olivier Faure défendait alors l’organisation d’une primaire ouverte à l’ensemble des sympathisants de gauche, moyennant une participation financière de deux euros. Ce format devait permettre de départager un large éventail de candidats issus de diverses sensibilités écologistes et sociales, à l’exception notable de La France insoumise (LFI).

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Cependant, cette orientation a été rejetée par la majorité des votants. C’est la motion portée notamment par le député Boris Vallaud, préconisant un scrutin restreint au « pôle socialiste » · à savoir le Parti socialiste et Place publique · qui l’a emporté. Le vote des adhérents socialistes a validé cette option restreinte à hauteur de 55,5 %, contre seulement 44,5 % pour le projet de primaire ouverte soutenu par la direction du parti. Ce choix des urnes internes encadre strictement le processus électoral qui se tiendra à l’automne, fermant statutairement la porte à des candidatures extérieures au périmètre défini, dont celle de François Ruffin.

Les accusations de François Ruffin face au verrouillage du scrutin

De son côté, François Ruffin a réagi vivement à cette fin de non-recevoir, tout en affirmant qu’il aurait volontiers pris part à un tel processus démocratique s’il avait été rendu possible. Le président de Debout ! a regretté que cette occasion de rassemblement soit manquée, attribuant ce refus à une crainte de ses adversaires politiques. Selon lui, le refus d’élargir le scrutin s’explique par la peur de sa propre candidature, affirmant que quatre sondages commandés officieusement en début d’année le donnaient systématiquement vainqueur d’une telle primaire de la gauche.

François Ruffin n’a pas ménagé ses critiques envers les cadres de Place publique, les qualifiant d’« apparatchiks » ayant délibérément cadenassé les règles pour l’écarter du jeu. Il estime que le maintien de candidatures cloisonnées au sein de chaque espace politique est une stratégie « mortifère » qui conduit inévitablement la gauche à la défaite en 2027. À ses yeux, la victoire présidentielle ne peut s’envisager sans une dynamique de rassemblement transpartisan qui dépasse les frontières des appareils politiques traditionnels.

Un débat de fond sur l’identité de la gauche sociale-démocrate

Les critiques formulées par François Ruffin ont immédiatement suscité des répliques cinglantes au sein de l’entourage de Raphaël Glucksmann. Le député Sacha Houlié, soutien de Place publique, a rejeté l’argumentation du député de la Somme en dénonçant une incompatibilité idéologique profonde avec le projet de la gauche sociale-démocrate. « Personne n’a peur de toi François », a-t-il répliqué, avant d’interroger la légitimité de François Ruffin à vouloir incarner cette ligne politique précise.

Pour justifier cette exclusion, Sacha Houlié a listé plusieurs désaccords doctrinaux majeurs, qualifiant le président de Debout ! d’« anticapitaliste » et de « souverainiste », tout en rappelant son opposition au nucléaire civil et à la régularisation des travailleurs étrangers. À l’inverse, cette controverse met en lumière les divisions persistantes au sein même du Parti socialiste. Le porte-parole du PS, Arthur Delaporte, a pris la défense de la démarche d’ouverture en saluant le mérite de François Ruffin de vouloir rassembler la gauche. Le député a plaidé pour le dépassement des « querelles de chapelles » en faveur d’une véritable « primaire populaire », illustrant la fracture stratégique entre la direction du parti et sa majorité militante.

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Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

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