- Un sondage OpinionWay réalisé les 9 et 10 septembre 2026 place Marine Le Pen à un niveau élevé d’intentions de vote au premier tour, oscillant entre 32 % et 34 % selon l’offre politique.
- Au centre et à droite, Édouard Philippe devance nettement ses concurrents avec 15 % à 16 % des voix, tandis que Gabriel Attal à 8 % et Bruno Retailleau à 7 % apparaissent en retrait.
- À gauche, Jean-Luc Mélenchon se maintient au coude-à-coude avec l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, recueillant entre 16 % et 17 % des intentions de vote.
- Dans l’hypothèse d’un second tour, les projections attribuent la victoire à la candidate du Rassemblement national face à Édouard Philippe (55 % contre 45 %) comme face au leader de La France insoumise (67 % contre 33 %).
Un paysage électoral dominé par le Rassemblement national

À moins d’un an de l’échéance présidentielle de 2027, les grandes manœuvres politiques se dessinent à travers les premières enquêtes d’opinion. Un sondage réalisé par l’institut OpinionWay les 9 et 10 septembre 2026 apporte un éclairage sur les rapports de force actuels, marqués par une forte stabilité du bloc nationaliste. Selon cette étude, qui comporte une marge d’erreur maximale de 3,5 points, Marine Le Pen s’impose comme la figure centrale du premier tour. La candidate du Rassemblement national recueille entre 32 % et 34 % des intentions de vote, une assise électorale solide qui résiste aux différentes configurations testées à sa gauche et au centre-droit. Cette position force ses adversaires à réévaluer leurs stratégies d’alliances pour espérer accéder au second tour de l’élection.
Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon au coude-à-coude
Derrière la tête de course, la compétition pour obtenir la deuxième place modificative s’annonce particulièrement serrée entre deux figures majeures de l’opposition. Le fondateur du parti Horizons, Édouard Philippe, et le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, se disputent cette position cruciale dans un espace extrêmement restreint. Les deux hommes apparaissent dans une situation de stricte égalité statistique, avec 15 % à 16 % des suffrages promis à l’ancien Premier ministre et 16 % à 17 % pour le représentant de la gauche radicale. Ce duel à distance illustre la polarisation persistante de l’électorat français entre un bloc central-droit modéré et une gauche de rupture, où la capacité de rassemblement de chaque candidat s’avérera décisive.
L’émiettement du bloc central et l’appel au rassemblement
Cette rivalité pour la qualification au second tour s’inscrit dans un contexte de profonde division au sein de la majorité sortante et de la droite républicaine. La dispersion des voix entre plusieurs prétendants affaiblit la position globale d’Édouard Philippe, alors que Gabriel Attal ne récolterait que 8 % des voix et le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau stagnerait à 7 % dans l’hypothèse d’une candidature séparée. Face à ce risque d’éparpillement, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a récemment exhorté les leaders de la droite et du centre à clarifier leur position. Elle a publiquement plaidé pour que ses collègues acceptent de se ranger derrière la candidature d’Édouard Philippe sans attendre une éventuelle primaire afin de conjurer le risque d’un second tour opposant les deux extrêmes de l’échiquier politique.
À lire aussi Sondage Ipsos : les dynamiques de la présidentielle de 2027 passées au crible
La gauche face au défi de l’unité et des candidatures alternatives
À gauche, l’équation s’avère tout aussi complexe à résoudre à l’approche de la primaire d’octobre 2026 initiée par le Parti socialiste et Place publique. Les différents scénarios testés par OpinionWay démontrent la difficulté d’émergence d’une alternative sociale-démocrate face à Jean-Luc Mélenchon. Si l’ancien président François Hollande parvenait à structurer une candidature socialiste élargie, Marine Le Pen obtiendrait 32 % à 34 % des voix tandis que le leader insoumis conserverait son socle. Dans l’hypothèse d’une candidature de Ségolène Royal, le Parti socialiste et ses alliés s’effondreraient à 3 % des intentions de vote. Enfin, une candidature de Raphaël Glucksmann sous la bannière de Place publique et du PS obtiendrait moins de 10 %, favorisant mécaniquement une légère progression de la candidate du Rassemblement national au premier tour.
Des projections de second tour favorables au Rassemblement national
Au-delà du premier tour, l’enquête d’opinion s’est penchée sur les duels possibles du second tour, révélant des équilibres complexes pour les forces républicaines traditionnelles. Dans l’hypothèse d’un face-à-face opposant Marine Le Pen à Édouard Philippe, la candidate du Rassemblement national l’emporterait avec 55 % des suffrages contre 45 % pour le maire du Havre. Cette avance de dix points met en évidence les difficultés de reconstruction du traditionnel cordon sanitaire autour de l’extrême droite. L’écart s’accentue de manière encore plus nette dans la configuration d’un duel face à Jean-Luc Mélenchon, où Marine Le Pen obtiendrait une large majorité estimée à 67 % des voix contre 33 % pour son opposant de gauche, confirmant la persistance des clivages profonds au sein de l’électorat.