L’Actu Politique Actualité · France & Monde
mercredi 23 septembre 2026
Accueil Politique Élections Congrès HLM : le secteur du logement social interpelle les candidats pour 2027
Élections

Congrès HLM : le secteur du logement social interpelle les candidats pour 2027

Partager
Congrès HLM : le secteur du logement social interpelle les candidats pour 2027
Partager
L’essentiel
  • Le 86e congrès de l’Union sociale de l’habitat (USH) s’est ouvert à Bordeaux sous la présidence d’Emmanuelle Cosse, dans un climat de crise politique et sociale.
  • Les bailleurs sociaux comptent adresser un cahier de doléances aux candidats de l’élection présidentielle de 2027 afin de fixer un cap jusqu’en 2032.
  • La présidente de l’USH a fermement défendu la vocation d’intégration du logement social, refusant d’appliquer des « lubies xénophobes ».
  • À l’échelle locale, la métropole de Bordeaux fait face à 53 000 demandes en attente, entraînant la suppression du « Label frugal » pour accélérer les constructions.

Un congrès sous tension face aux échéances de 2027

Congrès HLM : le secteur du logement social interpelle les candidats pour 2027

Le Palais des congrès de Bordeaux a fait le plein ce mardi 22 septembre à l’occasion de l’ouverture du 86e congrès de l’Union sociale de l’habitat (USH). Dans une atmosphère de crise politique et d’incertitude budgétaire nationale, la présidente de l’organisme, Emmanuelle Cosse, a prononcé un discours d’ouverture particulièrement offensif. Constatant une déconnexion croissante entre les attentes citoyennes et les décisions gouvernementales · résumée par sa formule : « en bas on n’en peut plus, en haut on ne sait plus comment faire » ·, elle a appelé à l’organisation d’un grand débat national sur le logement. À la croisée de défis majeurs tels que le dérèglement climatique, l’accès difficile aux financements, le vieillissement de la population ou la précarité sociale, le secteur des HLM entend bien s’imposer dans le calendrier politique. Pour peser sur l’élection présidentielle de 2027, l’USH remettra à chaque candidat officiel un cahier de doléances précis détaillant les attentes pour le prochain quinquennat, avec l’objectif de tracer une feuille de route claire jusqu’en 2032. Le logement social se positionne ainsi comme un acteur politique incontournable pour définir les priorités de la prochaine élection présidentielle.

Une mise au point ferme contre l’exclusion et la xénophobie

Au-delà des enjeux programmatiques, la présidente de l’USH a tenu à réaffirmer les valeurs fondamentales qui régissent l’attribution des logements sociaux en France. Dans un contexte de tensions autour des questions d’immigration et d’identité, Emmanuelle Cosse a insisté sur la vocation d’intégration républicaine du parc social. Rappelant que les HLM logent « la France telle qu’elle est, dans toute sa diversité », elle a souligné la présence légitime des ménages les plus modestes et des personnes de nationalité étrangère en situation régulière au sein de ces structures. Saluée par les applaudissements nourris des professionnels présents, elle a rejeté toute forme d’exclusion discriminatoire. Elle a fermement précisé que le mouvement social n’avait pas vocation à mettre en œuvre des mesures qu’elle a qualifiées de « lubies xénophobes », demandant instamment que cesse la stigmatisation récurrente des populations en difficulté. La présidente de l’USH réaffirme avec force que le modèle social français doit s’adresser à tous les résidents réguliers, sans distinction d’origine.

La crise des financements publics et la baisse des budgets

La viabilité économique du modèle social français a également suscité d’importants débats lors de cette première journée de congrès. Jean-Luc Gleyze, le président du Conseil départemental de la Gironde, a pris la tribune pour relayer les inquiétudes croissantes des observateurs du secteur, notamment celles formulées par la Fondation pour le logement. Ce dernier a pointé du d’un désengagement progressif de l’État, caractérisé par une baisse marquée de la part de la richesse nationale allouée aux politiques de construction et de rénovation sociale. Qualifiant cette trajectoire budgétaire de « chute libre », les acteurs locaux craignent que le manque de moyens financiers ou de volonté politique n’entrave durablement la construction de nouveaux logements. Pour les gestionnaires de parcs immobiliers, cette raréfaction des subventions complique l’atteinte des objectifs de rénovation énergétique, pourtant essentiels pour réduire les charges des locataires. La diminution continue des ressources publiques consacrées à l’habitat social fait peser une menace directe sur la pérennité du modèle et la construction de nouveaux parcs.

À lire aussi Présidentielle 2027 : les candidats dévoilent leurs mesures pour les retraités

Le cas d’école bordelais : 53 000 dossiers en attente

L’urgence de la situation se manifeste concrètement sur le territoire de l’agglomération bordelaise, choisie pour accueillir l’événement. Le territoire fait face à une crise de l’offre sans précédent, avec un volume critique de 53 000 demandes de logement social actuellement en attente de traitement. Pour débloquer les chantiers et simplifier l’acte de construire, la nouvelle majorité de la Métropole de Bordeaux a dû opérer des choix politiques pragmatiques mais discutés. Elle a ainsi acté la suppression du « Label frugal écolo », une norme de construction vertueuse initiée sous le mandat du maire écologiste Pierre Hurmic. Si cette certification visait à imposer des exigences environnementales élevées pour les nouveaux bâtiments, elle est aujourd’hui sacrifiée sur l’autel de la simplification administrative afin de réduire les coûts et d’accélérer le rythme des livraisons de logements face à l’afflux des dossiers. Face à l’ampleur de la crise locale, les autorités de la métropole bordelaise ont choisi de suspendre leurs critères écologiques les plus stricts pour relancer la construction.

Les grands chantiers techniques et climatiques de la décennie

Pour clore les interventions, Thomas Cazenave, maire de Bordeaux, a exposé sa vision des transformations à long terme que doivent opérer les métropoles françaises. Selon lui, la problématique de l’habitat ne peut être déconnectée des autres grands chantiers urbains. Il a ainsi identifié quatre défis majeurs pour les décennies à venir. Le premier concerne l’habitabilité des centres-villes face aux hausses de température liées au changement climatique. Le deuxième repose sur le concept de réversibilité des constructions, permettant d’adapter les bâtiments existants aux évolutions démographiques futures, comme la reconversion de résidences étudiantes en cas de baisse des effectifs universitaires. Enfin, la valorisation des pieds d’immeubles et la maîtrise des équilibres budgétaires constituent les derniers axes indispensables pour maintenir la cohésion au sein des quartiers populaires. L’adaptation structurelle du parc social face aux enjeux climatiques et démographiques représente le chantier le plus complexe des prochaines décennies pour les municipalités.

Partager
Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

L'Actu Politique suit la vie politique française au jour le jour : l'exécutif, le Parlement, les partis et les élections, sans oublier les territoires. Un tiers de notre couverture est consacré à la politique américaine et internationale, avec la même exigence : dire ce qui s'est passé, le replacer dans son contexte, et rien d'autre. Une rédaction de cinq signatures, un fil tenu tout au long de la journée.

CONTACTEZ LA RÉDACTION

Pour nous contacter, vous pouvez nous envoyer un mail directement à cette adresse : [email protected].

Copyright 2026 L'ACTU POLITIQUE. Tous droits réservés.