- Le président américain Donald Trump a ordonné une évaluation sous 90 jours pour déterminer si les loups doivent être retirés de la liste des espèces menacées.
- La mesure vise à soutenir les éleveurs de bétail en ouvrant la voie à un assouplissement des règles d’abattage par les États.
- La population actuelle de loups gris dans les États continentaux s’élève à environ 7 600 individus, contre 250 000 avant l’arrivée des colons.
- L’association environnementale Sierra Club dénonce une manœuvre politique destinée à apaiser le secteur de l’élevage face à la concurrence des importations.
Une directive présidentielle ciblant l’Endangered Species Act

Le président américain Donald Trump a franchi une nouvelle étape dans sa politique environnementale et agricole en signant un décret officiel. Ce texte ordonne au secrétaire à l’Intérieur, Doug Burgum, de mener une évaluation scientifique et réglementaire sous un délai de 90 jours. Cette initiative vise à déterminer si le loup gris et le loup du Mexique remplissent encore les critères de protection fédérale ou s’ils peuvent être reclassés sous l’égide de la loi sur les espèces en danger (ESA). Si l’évaluation conclut que les critères de conservation sont remplis, l’administration fédérale pourra engager formellement la procédure de déclassement, ouvrant la voie à une gestion locale accrue par les différents États américains.
Un arbitrage politique entre éleveurs et défenseurs de la faune
La motivation principale avancée par la Maison-Blanche réside dans la protection des activités pastorales et la réduction des pertes économiques subies par les éleveurs de bétail face aux prédateurs. En cas de retrait de la liste fédérale, les États fédérés obtiendraient la latitude nécessaire pour assouplir la réglementation sur l’abattage des canidés. Cette décision intervient dans un climat de tension au sein du monde agricole. Selon Ben Greuel, représentant de l’organisation écologiste Sierra Club, cette mesure s’apparente à un geste de compensation politique destiné à apaiser les producteurs de viande bovine, mécontents de la suspension temporaire par le gouvernement des taxes douanières sur le bœuf importé.
Un bilan démographique fragile pour les populations de canidés
Avant la colonisation européenne, le territoire américain comptait au moins 250 000 loups, une population décimée par l’expansion humaine vers l’ouest au fil des décennies. Aujourd’hui, le nombre de loups gris dans les États-Unis continentaux est estimé à seulement 7 600 individus, selon les données publiées par le Wolf Conservation Center. La situation est encore plus critique pour le loup du Mexique, dont la population résiduelle était estimée à seulement 317 individus à la fin de l’année 2025, d’après les rapports des organismes de suivi. Ces chiffres illustrent la fragilité persistante de ces espèces, malgré les décennies de protection fédérale initiées dans les années 1970 pour éviter leur extinction complète.
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Une bataille réglementaire récurrente devant les tribunaux fédéraux
Ce projet de déclassement s’inscrit dans la continuité directe des précédentes tentatives de l’administration républicaine pour modifier le statut du prédateur. Le gouvernement américain avait déjà tenté de retirer la protection fédérale des loups gris, avant qu’un juge fédéral ne rétablisse ces garanties en 2022. Pour les opposants à la mesure, la modification de la loi sur les espèces menacées ne répond pas aux véritables urgences économiques du pays. Ben Greuel souligne ainsi que transformer un enjeu de biodiversité en outil de gestion politique ne permettra pas d’alléger le coût de la vie pour les familles américaines confrontées à la hausse du prix des courses au quotidien.