- Après sa réélection, le président américain Donald Trump a multiplié les médiations diplomatiques dans l’espoir d’obtenir le prix Nobel de la Paix.
- L’attribution du prix Nobel à l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado en octobre 2025 a marqué une rupture vers une politique étrangère plus agressive.
- L’administration américaine a lancé l’opération militaire « Absolute Resolve » au Venezuela en janvier 2026, aboutissant à la capture de Nicolas Maduro.
- La stratégie de Washington s’articule désormais autour du contrôle des ressources énergétiques et de la fluctuation du prix du baril de pétrole.
La quête de reconnaissance internationale et l’ambition du Nobel

Dès le début de son second mandat, le président américain manifestait une volonté farouche de laisser son empreinte dans l’histoire nationale. Ses ambitions de voir son effigie sculptée sur le mont Rushmore aux côtés de George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln, partagées auprès des gouverneurs du Dakota du Sud Kristi Noem et Larry Rhoden, se sont toutefois heurtées à des impossibilités techniques insurmontables. Face à cette impasse, la diplomatie de Washington s’est réorientée vers l’obtention du prix Nobel de la Paix, une quête motivée, selon son ancien conseiller John Bolton, par une jalousie persistante envers la distinction reçue par Barack Obama en 2009. Lors d’une vaste conférence de presse le 7 janvier suivant sa réélection, Donald Trump affichait déjà des ambitions territoriales et géopolitiques singulières, ciblant le Canada, le canal de Panama ou encore le Groenland. Durant ses huit premiers mois de mandat, le président a ainsi orchestré de multiples médiations diplomatiques pour revendiquer le règlement de huit conflits internationaux majeurs. Parmi ces initiatives figuraient un plan de paix entre Israël et le Hamas, un accord de cessez-le-feu après une guerre de douze jours, une trêve entre l’Inde et le Pakistan, un accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ainsi que des compromis négociés entre les Houthis, le Rwanda et la République démocratique du Congo, la Thaïlande et le Cambodge, ou encore la Serbie et le Kosovo.
Le point de rupture vénézuélien et l’option militaire
Cette frénésie de pacification mondiale a brutalement pris fin à l’automne 2025. Le 10 octobre, deux jours après l’annonce de l’accord de paix au Proche-Orient, le comité d’Oslo a décerné le prix Nobel de la Paix à l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, dont la fille a lu le discours de réception en Norvège tandis que sa mère fuyait le Venezuela avec le concours de la CIA. Ressenti comme un affront personnel par la Maison-Blanche, cet arbitrage a provoqué un virage radical dans l’action extérieure des États-Unis, scellant l’abandon des efforts pacifiques au profit d’une posture belliqueuse. Dès octobre 2025, les forces armées ont préparé une intervention d’envergure. Le 3 janvier 2026, l’armée américaine a déclenché l’opération « Absolute Resolve », mobilisant une force aérienne de 150 chasseurs et bombardiers pour capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro. Bien que Maria Corina Machado ait tenté de plaider pour l’instauration d’un régime démocratique à Caracas, allant jusqu’à proposer d’offrir sa propre médaille du Nobel de la Paix au président américain pour l’apaiser, ce dernier a réorienté ses objectifs vers des visées purement économiques.
L’affirmation d’un impérialisme énergétique digne du XIXe siècle
La réorientation de la diplomatie américaine s’inscrit désormais dans une doctrine géopolitique centrée sur l’acquisition de matières premières et le contrôle direct des ressources fossiles. En privilégiant les gains territoriaux et énergétiques, l’administration renoue avec les doctrines expansionnistes de la fin du XIXe siècle, s’inscrivant dans la lignée des présidents James Monroe, William McKinley et Theodore Roosevelt. La maîtrise des cours mondiaux du pétrole brut et la réduction du prix du gallon d’essence pour le consommateur américain sont devenues les axes directeurs de l’action de Washington. Pour influencer les marchés, la présidence américaine a d’abord contraint les pays du Golfe et l’Arabie saoudite à augmenter leur volume de production afin de provoquer une baisse des cours. En parallèle, l’administration a soutenu des attaques de drones ciblées contre des infrastructures de raffinage russes. Cette stratégie visait à faire chuter la demande globale de pétrole brut en réduisant la capacité de raffinage, provoquant mécaniquement une baisse du baril sur les marchés mondiaux.
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L’épreuve de force en Iran et la volatilité des marchés pétroliers
Cette quête prédatrice d’hydrocarbures s’est étendue au Moyen-Orient avec une opération conjointe menée avec l’armée israélienne. Après un sommet en Alaska avec Vladimir Poutine en août 2025 favorisant une stabilisation des cours, le prix du baril s’est envolé pour atteindre 120 dollars lors des frappes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février 2026. Officiellement destinées à stopper le programme nucléaire de Téhéran, ces attaques visaient en réalité à renverser le régime iranien pour s’assurer le contrôle de ses réserves de brut, reproduisant le schéma appliqué au Venezuela. Les tensions militaires qui en ont découlé ont provoqué d’importantes fluctuations du baril de pétrole, forçant la Maison-Blanche à des ajustements tactiques permanents. Face à la panique des marchés financiers, l’administration américaine a annoncé la fin de l’offensive dix jours plus tard, ramenant le cours à 90 dollars. Cependant, le blocage du détroit d’Ormuz par les forces iraniennes en mars et avril 2026 a propulsé le baril à un record de 138 dollars. Cette guerre d’usure économique s’est finalement dénouée le 15 juin 2026 avec la signature d’un protocole d’accord bilatéral, provoquant un reflux immédiat du brut à 70 dollars.