- Le Conseil départemental a validé une enveloppe de 4,13 millions d’euros pour le fonctionnement des 32 collèges publics en 2027.
- La rénovation du collège de Saint-Estève, attendue depuis 2005, subit de nouveaux retards et suscite des menaces de blocage.
- Le projet de reconstruction de l’établissement Albert-Camus à Perpignan est ralenti par un différend foncier avec la municipalité.
- À Port-Vendres, la baisse continue des effectifs scolaires fait craindre une fragilisation de l’établissement local.
Un budget de fonctionnement voté sous tension à Perpignan

Lors de sa dernière session plénière, le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales s’est réuni pour aborder plusieurs dossiers cruciaux, parmi lesquels figurait en bonne place la politique éducative territoriale. Au cœur des délibérations, les élus ont validé l’attribution des dotations de fonctionnement pour les 32 collèges publics du territoire, représentant un montant global de 4,13 millions d’euros pour l’exercice 2027. Si cette étape budgétaire administrative relève d’une procédure classique, elle s’est déroulée dans une atmosphère électrique, exacerbée par les dérives financières de certains chantiers d’envergure. Le cas du futur collège de Claira a particulièrement cristallisé l’attention : initialement estimé à 26,5 millions d’euros en 2019, son coût de construction culmine désormais à 36,5 millions d’euros. De plus, sa livraison, d’abord annoncée pour l’année 2024, a subi d’importants retards et n’interviendra qu’à la prochaine rentrée scolaire. Ces réévaluations financières et techniques témoignent des difficultés récurrentes rencontrées par la collectivité dans la gestion de ses infrastructures scolaires.
Saint-Estève : l’opposition dénonce un calendrier jugé défaillant
Le ton est monté d’un cran lors de l’examen de la situation de l’établissement de Saint-Estève. Robert Vila, conseiller départemental d’opposition et maire de la commune, a vivement fustigé l’action de l’exécutif départemental en rappelant que les premières délibérations pour la rénovation de ce collège remontaient à 2005. Selon l’édile, le coût du projet initial, évalué à l’époque à 12 millions d’euros, a désormais doublé pour atteindre les 24 millions d’euros, sans que les travaux n’aient encore débuté. Sur le terrain, la situation matérielle s’avère préoccupante : décollement du carrelage des cuisines, présence généralisée d’amiante interdisant le logement des personnels de l’établissement. Alors que le début du chantier était récemment projeté pour 2027, le calendrier officiel prévoit désormais un lancement en 2028 pour une livraison finale estimée à l’horizon 2032. Face à ce glissement de calendrier de plus d’un quart de siècle, l’opposition a annoncé un mouvement de blocage imminent de la part des collégiens dès le lundi suivant.
La majorité départementale invoque la complexité des chantiers
Face aux critiques acerbes de l’opposition, la présidente socialiste du Conseil départemental, Hermeline Malherbe, a tenté de désamorcer la polémique en invoquant des facteurs structurels et conjoncturels. Elle a notamment mis en avant les vives difficultés de recrutement de personnels qualifiés nécessaires pour assurer la maîtrise d’ouvrage et le suivi technique de chantiers d’une telle envergure. Pour rassurer les élus, la vice-présidente en charge des collèges, Marie-Pierre Sadourny, a précisé que la présentation de l’avant-projet sommaire (APS) se tiendra le 9 octobre prochain en présence des services techniques départementaux. L’exécutif insiste sur le fait que la restructuration du collège de Saint-Estève s’effectuera en site occupé, un paramètre technique majeur qui décuple la complexité logistique des travaux. La majorité réfute ainsi toute accusation de négligence en réaffirmant qu’aucun autre grand projet d’infrastructure n’a été priorisé au détriment de Saint-Estève.
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Incertitudes foncières à Perpignan et éclaircies au Boulou
La question de la mixité sociale et de la restructuration urbaine s’est également invitée dans l’hémicycle à travers le cas du collège Albert-Camus de Perpignan. Françoise Fiter, élue de la composante communiste de la majorité, s’est émue du blocage prolongé de ce projet de reconstruction, pourtant acté depuis plusieurs années et jugé indispensable pour redynamiser cet établissement classé en réseau d’éducation prioritaire (REP). Elle a directement mis en cause l’attitude de la municipalité de Perpignan, coupable selon elle de ne pas mettre à disposition le foncier requis pour lancer le chantier. En l’absence de Louis Aliot, la conseillère d’opposition et adjointe au maire de Perpignan, Isabelle de Noëll-Marchesan, a sobrement répondu que les équipes municipales y travaillaient activement et tiendraient le Département informé. Si le dossier de Perpignan reste en suspens, les tensions autour du collège du Boulou semblent quant à elles résolues, ouvrant la voie à une inauguration planifiée pour septembre 2029.
Port-Vendres confronté au spectre du déclin démographique
Enfin, les débats ont mis en lumière une problématique d’un autre ordre sur le littoral : la déprise démographique qui frappe les collèges des zones périphériques. Grégory Marty, maire de Port-Vendres et conseiller départemental, a exprimé sa vive inquiétude quant à la viabilité à moyen terme de l’établissement de sa commune. Ce dernier n’accueille plus aujourd’hui que 285 élèves, alors qu’il affichait des effectifs proches de 700 collégiens au début des années 1990. L’élu craint qu’une nouvelle érosion, à hauteur de cinquante élèves par an, ne fasse basculer l’établissement sous le seuil critique des 200 inscrits, menaçant ainsi sa pérennité géographique. Pour contrer cette baisse constante, l’édile réclame une réflexion globale sur la sectorisation et l’adaptation de la carte scolaire départementale.