- L’Assemblée nationale du Venezuela a validé l’accord énergétique permettant aux États-Unis de prendre le contrôle de 17 gisements pétroliers.
- Ce traité historique prévoit l’exploitation d’un potentiel de 65 milliards de barils et des gains de 209 milliards de dollars pour Caracas sur 25 ans.
- L’opposition parlementaire s’est abstenue, dénonçant un manque de transparence et réclamant l’accès au texte intégral du contrat.
- Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, est attendu pour signer officiellement ce partenariat bilatéral.
Un tournant stratégique entre Caracas et Washington

L’Assemblée nationale vénézuélienne a franchi une étape décisive dans le rapprochement énergétique avec Washington. Les députés ont formellement approuvé le traité bilatéral sur le pétrole conclu avec les États-Unis, ouvrant la voie à une restructuration profonde de l’exploitation des ressources de la République bolivarienne. Ce traité, présenté comme un jalon majeur par les administrations des deux pays, permettra aux opérateurs américains de prendre le contrôle opérationnel de dix-sept gisements pétrolifères situés sur le territoire vénézuélien. Le vote, qui s’est déroulé à main levée au sein d’un Parlement dominé par les partisans du pouvoir en place, marque une réorientation diplomatique et économique de premier ordre pour le pays sud-américain. Cette décision parlementaire concrétise le soutien officiel du pouvoir législatif vénézuélien au traité énergétique binational. Le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a salué le résultat de cette délibération, la qualifiant de vitale pour l’avenir de la nation, alors que le pays cherche à surmonter d’importantes difficultés d’approvisionnement et d’infrastructures.
Des retombées économiques massives sur le long terme
Sur le plan financier, les enjeux de ce partenariat s’avèrent considérables pour les deux nations concernées. Selon les estimations officielles partagées par les autorités de Caracas, l’exploitation de ces dix-sept champs pétrolifères représente un potentiel de production global évalué à près de 65 milliards de barils. Pour le Venezuela, qui détient les premières réserves brutes de pétrole au monde mais ne figure actuellement qu’au vingtième rang des pays exportateurs, les retombées financières prévues s’élèvent à environ 209 milliards de dollars répartis sur une période de vingt-cinq ans. Cette manne financière est présentée par le gouvernement comme un levier indispensable pour moderniser le pays. Le pouvoir vénézuélien entend utiliser ces futurs revenus pétroliers pour stabiliser le réseau électrique national et financer les services publics. Le président de l’Assemblée, Jorge Rodriguez, a vivement défendu le projet en insistant sur la nécessité de mobiliser ces ressources souterraines pour bâtir de nouveaux hôpitaux, construire des écoles et garantir des salaires décents aux fonctionnaires, fustigeant au passage ceux qui préféreraient maintenir le statu quo énergétique.
L’opposition exige la transparence des contrats
Malgré l’enthousiasme affiché par la majorité présidentielle, le processus d’approbation n’a pas fait l’unanimité au sein de l’hémicycle. Une partie des députés de l’opposition a choisi de s’abstenir lors du vote, exprimant de sérieuses réserves quant au manque de clarté entourant les détails spécifiques de l’accord. Le député d’opposition Luis Emilio Rondon s’est fait le porte-parole de ces inquiétudes en réclamant la communication immédiate et exhaustive des clauses contractuelles. Les opposants soulignent que la signature d’un contrat d’une telle durée et d’un tel volume exige un niveau de transparence démocratique irréprochable. Les parlementaires de l’opposition exigent d’obtenir le texte intégral de la convention avant de pouvoir accorder leur soutien définitif. Bien qu’ils ne soient pas opposés par principe à la conclusion d’accords internationaux pour redynamiser le secteur pétrolier, ils considèrent qu’ils ne peuvent voter à l’aveugle sur un engagement de vingt-cinq ans engageant les ressources souveraines du pays.
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Un contexte politique polarisé et complexe
Ce vote intervient dans un climat politique vénézuélien particulièrement tendu, marqué par de récents bouleversements institutionnels. L’Assemblée nationale actuelle est largement contrôlée par les partisans du pouvoir, une situation qui découle du boycott des élections législatives de 2025 par une grande partie de l’opposition. Cette dernière avait alors dénoncé un processus électoral frauduleux, survenu quelques mois après la réélection contestée de Nicolas Maduro, qui s’est depuis déclaré en détention tout en affirmant tenir bon. Actuellement, la direction de l’État par intérim est assurée par Delcy Rodriguez, dont le frère préside l’Assemblée. La validation de cet accord intervient alors que le paysage politique demeure marqué par les contentieux institutionnels de l’année précédente. C’est dans ce cadre politique verrouillé que s’organise la signature finale du traité, prévue en présence du ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, dont le déplacement à Caracas vise à formaliser la mise en œuvre technique de cette coopération bilatérale historique.