- Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a officialisé sa candidature pour l’élection présidentielle de 2027.
- Le candidat communiste affirme vouloir mener sa campagne jusqu’au bout, excluant tout retrait au profit de Jean-Luc Mélenchon.
- Le programme s’articulera autour du travail, de la souveraineté industrielle et d’un mix énergétique intégrant le nucléaire.
- Cette stratégie suscite des critiques chez La France insoumise, qui redoute une dispersion des voix semblable à celle de 2022.
Une candidature autonome pour marquer sa différence

Le paysage politique à gauche commence à se structurer en vue de l’échéance présidentielle de 2027. Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, a officiellement franchi le pas en annonçant sa candidature lors d’une intervention télévisée au journal de vingt heures, le dimanche 6 septembre 2026. Porté par le slogan « Vivre ! », le leader communiste se lance dans la course élyséenne après plusieurs mois de consultations et de débats internes au sein de sa formation politique, qui ont permis de valider à la fois sa candidature et la ligne programmatique qu’il entend défendre. Cette démarche précoce illustre sa volonté d’occuper l’espace médiatique et de poser les jalons d’une campagne entièrement autonome.
Contrairement aux scrutins passés où des alliances de premier tour avaient pu être envisagées, Fabien Roussel affiche une détermination sans faille. Son entourage le confirme fermement : le candidat communiste est déterminé à mener sa campagne présidentielle jusqu’à son terme. Cette posture exclut d’emblée tout scénario de désistement ou de ralliement de dernière minute au profit d’un autre candidat de gauche. Le PCF entend ainsi affirmer sa propre identité politique et refuse d’être assimilé à une simple force d’appoint au sein des coalitions de gauche, marquant une rupture claire avec les stratégies d’effacement observées lors des cycles électoraux précédents.
Le spectre de la division de 2022 et les frictions avec La France insoumise
L’officialisation de cette candidature réactive immédiatement les tensions qui couvent à gauche depuis la dernière élection présidentielle. En 2022, Fabien Roussel avait déjà choisi de se présenter sous ses propres couleurs, récoltant finalement 2,28 % des suffrages exprimés au premier tour. Ce score modeste avait pourtant pesé lourd dans la balance finale. À l’époque, de nombreux électeurs communistes avaient opté pour le vote utile en faveur de Jean-Luc Mélenchon afin de maximiser les chances de la gauche d’accéder au second tour face à Marine Le Pen. Malgré ce report de voix, il avait manqué environ 400 000 bulletins au candidat de La France insoumise pour se qualifier pour le duel final.
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Du côté des insoumis, la rancœur reste vive et l’annonce du dirigeant communiste suscite des réactions critiques immédiates. Les cadres de ce mouvement déplorent une dispersion des forces qu’ils jugent préjudiciable à l’ensemble de la gauche, soulignant la grande proximité de leurs programmes respectifs. Les représentants de La France insoumise regrettent cette décision qui risque de fragmenter à nouveau l’électorat de gauche au détriment d’une stratégie de gouvernement commune. Pour contrer cette candidature, les équipes de Jean-Luc Mélenchon préparent déjà leur riposte sur le terrain, réalisant des démarches pour dialoguer directement avec les militants et sympathisants communistes pour les convaincre de se tourner vers la candidature de l’Union populaire le moment venu.
Un programme axé sur le travail, l’industrie et l’énergie
Face aux critiques qui le taxent de vouloir jouer les trouble-fête, le camp communiste réfute vigoureusement l’idée d’une candidature de pure forme. Les proches du candidat mettent en avant un projet renouvelé, approfondi et mûri par l’expérience acquise lors de la précédente campagne électorale. Fabien Roussel ambitionne de porter une voix singulière au sein de l’échiquier politique, se distinguant à la fois de la ligne défendue par les insoumis et des autres composantes de la gauche qui cherchent encore leur figure de proue. Cette alternative se veut ancrée dans les réalités concrètes des classes populaires et des territoires.
La plateforme programmatique de cette candidature s’articulera autour de trois thématiques majeures présentées comme prioritaires par l’équipe de campagne. Selon le porte-parole du parti Léon Deffontaines, la politique de Fabien Roussel accordera une place centrale à la revalorisation du travail et à la reconquête de la souveraineté industrielle et alimentaire de la France. Le deuxième axe fort concernera les questions internationales et la diplomatie. Enfin, le troisième pilier abordera la transition écologique et la lutte contre le réchauffement climatique par le biais d’un modèle énergétique spécifique. Le PCF défend à cet égard un mix énergétique associant le développement des énergies renouvelables et le maintien d’une filière nucléaire forte, une position qui marque une divergence notable avec plusieurs de ses partenaires de gauche.
L’ambition d’élargir l’électorat vers les déçus du Rassemblement national
Pour espérer peser de manière significative en 2027 et dépasser son score de la précédente élection, le Parti communiste sait qu’il doit briser son plafond de verre et conquérir de nouvelles catégories de votants. L’objectif stratégique affiché par l’état-major de campagne est de ne pas se limiter aux seuls sympathisants de gauche traditionnels. Le parti veut bâtir une coalition électorale plus large, capable de rassembler au-delà de ses frontières habituelles. Cette démarche suppose d’aller à la rencontre de publics éloignés de la politique ou séduits par d’autres discours.
Cette stratégie de conquête cible particulièrement deux segments de la population. D’une part, le PCF souhaite remobiliser les abstentionnistes, nombreux au sein des classes populaires. D’autre part, le secrétaire national du PCF vise à convaincre les électeurs du Rassemblement national de rejoindre son projet, notamment dans les anciens bassins industriels et ouvriers qui constituaient autrefois des bastions historiques du Parti communiste. Néanmoins, cette orientation comporte un double tranchant : le risque pour le candidat communiste demeure de voir son propre socle électoral s’effriter sous la pression du vote utile, une dynamique que ses concurrents directs à gauche entendent bien exploiter à leur profit.