- Selon l’enquête **Toluna-Harris Interactive**, **Marine Le Pen** obtiendrait **57 %** des voix face à **Édouard Philippe**.
- Face à **Jean-Luc Mélenchon**, la candidate du Rassemblement national l’emporterait avec **69 %** des suffrages exprimés.
- L’étude publiée le **28 septembre 2026** confirme une dynamique de progression pour la triple candidate à l’Élysée.
Une hégémonie confirmée pour la droite nationale

À mesure que l’échéance présidentielle de 2027 se dessine, le paysage politique français semble se cristalliser autour d’une domination de la droite nationale. Les dernières données de l’institut **Toluna-Harris Interactive**, rendues publiques ce lundi 28 septembre 2026, indiquent une avance significative pour **Marine Le Pen**. Dans un duel l’opposant à l’ancien Premier ministre **Édouard Philippe**, la députée du Pas-de-Calais recueillerait **57 %** des intentions de vote contre **43 %** pour le maire du Havre. Cette avance de quatorze points marque une étape symbolique dans la trajectoire de la candidate du Rassemblement national, qui semble bénéficier d’un effritement progressif des barrières électorales traditionnelles. L’enquête souligne une dynamique électorale qui place Marine Le Pen dans une position de force inédite à ce stade de la préparation de la campagne.
Le défi de la succession pour le camp présidentiel
Pour **Édouard Philippe**, leader du parti Horizons, ces chiffres interrogent la capacité du bloc central à maintenir la cohésion nécessaire pour faire barrage au Rassemblement national. Avec **43 %** d’intentions de vote, l’ancien chef du gouvernement peine à mobiliser au-delà de son socle naturel, malgré son positionnement de recours après le second quinquennat d’Emmanuel Macron. La difficulté réside notamment dans le report de voix des électeurs de gauche et d’une partie de la droite républicaine, qui ne semble plus s’opérer de manière automatique. Le candidat de la majorité sortante se heurte à une usure du pouvoir et à une volonté de renouvellement qui profite directement à l’opposition de droite. Les analystes pointent régulièrement que l’image de sérieux attachée à la fonction de Premier ministre ne suffit plus, à elle seule, à constituer un rempart contre une candidature perçue comme de plus en plus institutionnalisée.
Le décrochage de la gauche radicale au second tour
La situation est encore plus polarisée lorsque l’on observe l’hypothèse d’un second tour opposant le Rassemblement national à La France insoumise. Dans cette configuration, **Marine Le Pen** l’emporterait avec **69 %** des voix, laissant **Jean-Luc Mélenchon** à **31 %**. Ce score massif traduit un rejet marqué d’une partie de l’électorat pour la ligne politique de la gauche radicale, tout en confirmant la capacité de Marine Le Pen à capter les voix des électeurs modérés et de droite face à ce qu’ils perçoivent comme un péril inverse. L’écart de 38 points entre les deux candidats témoigne d’un isolement croissant de Jean-Luc Mélenchon dans une perspective de duel final. Cette disparité illustre également la fin du principe de réciprocité dans le cadre d’un front républicain, une grande partie des électeurs de centre et de droite préférant l’abstention ou le vote RN à un soutien à la gauche insoumise.
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Une décomposition des anciens clivages partisans
L’étude menée par **Toluna-Harris Interactive** met en lumière une transformation profonde de la sociologie électorale française. Le clivage traditionnel entre la gauche et la droite s’efface au profit d’une confrontation entre un pôle national-populiste et un pôle libéral-centriste, le premier semblant désormais prendre l’ascendant en termes d’intentions de vote. Cette évolution s’explique par une stratégie de normalisation menée par le Rassemblement national depuis plusieurs années, visant à rassurer les milieux économiques et les catégories sociales autrefois réticentes. La porosité des électorats entre la droite classique et le parti à la flamme semble devenir une réalité statistique majeure de ce cycle électoral. Par ailleurs, la question du pouvoir d’achat et des préoccupations sécuritaires continue de structurer les motivations de vote, des thématiques sur lesquelles Marine Le Pen a axé son discours pour élargir sa base électorale bien au-delà de son noyau historique.
Prudence et mise en perspective temporelle
Il convient toutefois de rappeler que ces chiffres constituent une photographie à un instant T, à plusieurs mois du scrutin officiel. Les intentions de vote mesurées dans les sondages ne sont pas des prédictions, mais des indicateurs de l’état actuel des rapports de force politiques. L’absence de campagne officielle, l’évolution de la situation économique internationale et les possibles émergences de nouvelles candidatures pourraient encore modifier ces équilibres. Le cadre de l’élection présidentielle de 2027 reste soumis à de nombreux aléas politiques qui pourraient redéfinir les duels de second tour. Néanmoins, la régularité des scores élevés obtenus par le Rassemblement national dans les différentes enquêtes d’opinion montre une tendance lourde que les autres forces politiques devront impérativement prendre en compte dans l’élaboration de leurs stratégies futures.