- La commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale initie ce lundi 21 septembre une mission d’information sur la sécurité des personnels éducatifs.
- Cette instance transpartisane est présidée par la députée EPR Anne Genetet, avec pour rapporteur le député RN Thierry Tesson.
- Les conclusions, attendues pour février 2027, interviennent dans un contexte de recrudescence des menaces et agressions contre le corps enseignant.
Une initiative parlementaire transpartisane face à l’insécurité scolaire

La commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale entame, ce lundi 21 septembre, les travaux d’une mission d’information spécialement dédiée à la protection des personnels de l’Éducation nationale. Présidée par la députée Anne Genetet (Ensemble pour la République) et rapportée par le parlementaire Rassemblement National Thierry Tesson, cette instance s’est donné pour objectif de dresser un état des lieux complet et d’évaluer l’efficacité des dispositifs actuels. Cette mission parlementaire transpartisane devra rendre ses conclusions définitives en février 2027, après plusieurs mois d’auditions et d’analyses de terrain.
Un travail d’évaluation sous l’ombre de drames nationaux
Cette initiative législative s’inscrit dans un calendrier mémoriel et sécuritaire particulièrement lourd pour l’institution scolaire. Les députés lancent leurs travaux six ans après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, qui a coûté la vie au professeur d’histoire-géographie Samuel Paty, et trois ans après l’assassinat de l’enseignant Dominique Bernard. La question de la sécurité physique et morale des agents de l’éducation demeure une priorité absolue pour l’État. Les élus analyseront en détail la chaîne de réaction administrative face aux alertes, l’accompagnement juridique et psychologique des victimes, ainsi que la sécurisation des infrastructures scolaires à plus long terme.
Une rentrée scolaire marquée par une recrudescence d’incidents graves
L’urgence de cette mission est accentuée par une série d’incidents violents signalés depuis la rentrée de septembre. En Haute-Garonne, au Fauga, un parent d’élève a été condamné à de la prison ferme le 10 septembre pour avoir proféré des menaces de décapitation à l’encontre d’une enseignante. Quelques jours plus tard, le 14 septembre, plusieurs agressions verbales caractérisées ont eu lieu simultanément : à Eysines (Gironde), où un homme a proféré des menaces de mort contre une principale de collège et un surveillant, à Véron (Yonne) ainsi qu’à Marseille, où des parents d’élèves s’en sont pris verbalement à des directeurs et personnels d’écoles. Ces événements illustrent la pression quotidienne et les risques directs auxquels font face les équipes pédagogiques.
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Des indicateurs statistiques orientés à la hausse depuis vingt ans
Selon les données centralisées par le ministère de l’Éducation nationale, ces dérives ne relèvent pas de cas isolés mais s’inscrivent dans une tendance de fond. Les atteintes graves, qui englobent les agressions physiques, les vols ainsi que les menaces verbales au sein des établissements scolaires, affichent une progression constante sur les deux dernières décennies, culminant à un niveau préoccupant lors de l’année scolaire 2023-2024. L’administration observe une hausse significative des signalements d’incidents graves au cours des dernières années. Pour la période 2024-2025, le service statistique ministériel a ainsi recensé une moyenne de quatre incidents graves pour 1 000 élèves au sein des écoles primaires de l’Hexagone.
La prédominance des violences verbales d’origine familiale
L’analyse fine des données statistiques permet de mieux cibler la nature et l’origine de ces tensions au sein de la communauté éducative. Les violences verbales représentent la part majoritaire des signalements, s’élevant à 45 % des faits enregistrés dans le premier degré. De surcroît, les familles des élèves se révèlent être les auteurs de ces agressions dans un tiers des cas répertoriés. Face à ce constat qualifié d’« extrême gravité » par le ministre de l’Éducation nationale Edouard Geffray, la mission d’information parlementaire cherchera à définir de nouveaux leviers d’action. Les personnels éducatifs constituent les cibles directes de ces attaques dans 61 % des situations documentées, ce qui justifie l’élaboration de protocoles de protection plus stricts.