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dimanche 27 septembre 2026
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Thaïlande : vingt-six sénateurs renvoyés devant la Cour suprême pour collusion électorale

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Thaïlande : vingt-six sénateurs renvoyés devant la Cour suprême pour collusion électorale
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L’essentiel
  • La Commission électorale thaïlandaise a déféré 77 suspects, dont 26 sénateurs en exercice, devant la Cour suprême pour des soupçons de collusion lors des scrutins de 2024.
  • Les dirigeants influents du parti conservateur Bhumjaithai, notamment le Premier ministre Anutin Charnvirakul, ont été totalement épargnés par cette procédure.
  • Trois témoins clés proches du parti Kla Tham se sont rétractés, ouvrant la voie à une potentielle intégration de cette formation à la coalition gouvernementale avec 58 députés supplémentaires.

Une sélection sénatoriale sous le feu des critiques

Le système politique thaïlandais traverse une nouvelle crise de confiance après la décision prise le 14 septembre dernier par la Commission électorale. L’institution a choisi de ne renvoyer que 77 suspects sur 239 devant la Cour suprême pour des soupçons de collusion lors des élections sénatoriales de 2024. Parmi eux figurent 26 sénateurs en exercice. Cette annonce suscite toutefois de vives interrogations, car les figures de proue du parti conservateur Bhumjaithai, dont l’actuel Premier ministre Anutin Charnvirakul, ont toutes été épargnées par la procédure judiciaire.

La décision de la Commission électorale de n’envoyer que 77 suspects sur 239 devant la justice relance les débats sur l’impartialité des institutions thaïlandaises. De nombreux observateurs locaux estiment que la chambre haute reste le produit d’un système verrouillé. Alors que la précédente législature avait été nommée directement par la junte militaire du général Prayuth Chan-o-cha, la majorité actuelle, proche du Bhumjaithai, est issue d’un processus complexe d’auto-cooptation. Dans les deux cas, le mode de sélection écarte totalement les citoyens du processus démocratique.

Les pouvoirs étendus du Sénat et le blocage des réformes

Malgré les doutes sur leur légitimité, les sénateurs thaïlandais conservent des prérogatives majeures. S’ils ne peuvent plus bloquer la nomination du Premier ministre · comme ils l’avaient fait en 2023 contre le progressiste Pita Limjaroenrat ·, ils contrôlent toujours les nominations au sein des organes indépendants essentiels. Ce sont eux qui désignent les responsables de la lutte contre la corruption, de la Commission électorale et de la Cour constitutionnelle.

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Bien que déchus de leur droit de veto sur la nomination du Premier ministre, les sénateurs conservent la haute main sur les organes de contrôle démocratique. Pour débloquer cette situation, les partisans du changement réclament la mise en œuvre d’une révision constitutionnelle, approuvée par 21 millions de Thaïlandais en vue de février 2026. Cette réforme permettrait de revitaliser la démocratie face à l’influence du « régime bleu », orchestré par Newin Chidchob et soutenu par Anutin Charnvirakul. Cependant, le pouvoir actuel s’oppose fermement à toute modification d’une Constitution taillée pour préserver ses intérêts conservateurs.

Le revirement des témoins et les calculs de coalition

L’enquête a également été marquée par le changement de position inattendu de trois témoins majeurs : Ekkarat Changlao, Atsadang Sawengkarn et Khajornsak Sriwirat. Dans un premier temps, ils avaient décrit un système de fraude impliquant des réunions stratégiques avec Newin Chidchob et l’usage de listes de votes prédéterminées. Ils se sont finalement rétractés, affirmant avoir subi des menaces pour livrer ces accusations mensongères.

La rétractation coordonnée de trois témoins clés coïncide avec les rumeurs d’une entrée prochaine du parti Kla Tham au sein de la coalition gouvernementale. Ces trois hommes ont en commun leur proximité avec Thammanat Prompao, leader du parti Kla Tham. Ekkarat Changlao en est l’ex-vice-président, Khajornsak Sriwirat est le beau-père de Thammanat, et Atsadang Sawengkarn est l’un de ses proches. Un ralliement de Kla Tham à la majorité gouvernementale, déjà évoqué à demi-mot par son leader, apporterait 58 députés supplémentaires à la coalition d’Anutin Charnvirakul, illustrant la possibilité d’un compromis politique d’opportunité.

Une rue apathique face aux divisions de l’opposition

La décision controversée de la Commission électorale n’a provoqué aucun sursaut populaire à Bangkok. Un rassemblement mené le 25 septembre par Sondhi Limthongkul, ancien leader des Chemises jaunes, n’a réuni que quelques centaines de partisans devant la Commission électorale pour réclamer une enquête impartiale. Du côté des forces démocratiques, l’apathie domine également.

La faiblesse des mobilisations populaires témoigne des divisions profondes qui paralysent l’opposition démocratique face au bloc conservateur. Le People’s Party (le camp progressiste « orange ») n’a que très peu mobilisé, certains lui reprochant d’avoir soutenu Anutin Charnvirakul l’an dernier. De son côté, le Pheu Thai, actuellement au pouvoir, préfère éviter tout conflit institutionnel pour protéger son mentor Thaksin Shinawatra de poursuites pour lèse-majesté, tout en espérant négocier le retour d’exil de sa sœur Yingluck Shinawatra.

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Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

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