- David Gauthier, élu maire de Casseuil en mars 2026, s’est installé à 5 000 kilomètres de sa commune pour suivre son épouse mutée.
- L’édile continue d’exercer ses fonctions et perçoit son indemnité mensuelle de 1 155 euros bruts, validée par le conseil municipal.
- La loi française n’impose aucune obligation de résidence pour les maires, mais prévoit un remplacement en cas d’empêchement, une notion soumise à interprétation juridique.
Une situation inédite au cœur de la Gironde

Depuis le mois de mars 2026, David Gauthier assure la gestion de la commune de Casseuil, un village girondin de 400 habitants, tout en résidant à Djibouti, soit à plus de 5 000 kilomètres de distance. Ce départ, motivé par une mutation professionnelle de son épouse à l’étranger, a été annoncé par l’intéressé dans la publication municipale. Le maire a pris la décision de maintenir son engagement public malgré cet éloignement géographique de trois ans.
Le cadre juridique de la fonction de maire
Sur le plan légal, la situation ne contrevient pas au Code général des collectivités territoriales. En droit français, aucune disposition n’impose à un premier magistrat de résider au sein de sa commune, ni n’établit de durée maximale d’absence physique. Contrairement aux salariés du privé, les élus locaux ne bénéficient pas de congés, leur mandat étant exercé selon un principe de disponibilité. Toutefois, le législateur prévoit un mécanisme de suppléance temporaire en cas d’« empêchement » formel. La jurisprudence définit généralement cette notion par l’impossibilité physique ou matérielle d’exercer les responsabilités administratives, telle qu’une incapacité de santé prolongée ou une détention, mais la frontière reste souple dès lors que l’élu maintient un suivi des dossiers.
La question des indemnités et la gestion municipale
Le maintien du versement des indemnités de fonction de David Gauthier, fixées à 1 155 euros bruts par mois, constitue un point de tension. L’édile justifie ce revenu par le travail administratif qu’il traite à distance et par les frais engendrés par ses déplacements nécessaires en France. Il précise que ce maintien a été soumis au vote du conseil municipal, qui a refusé d’envisager sa démission. L’élu affirme que la gestion courante de la mairie est assurée sans heurts, en concertation avec les autorités préfectorales.
À lire aussi Gironde : le maire de Casseuil administre sa commune en télétravail depuis Djibouti
Des attentes divergentes au sein de la population
Dans le village, les réactions sont contrastées. Si une partie de la population s’interroge sur la pertinence d’une gestion dématérialisée, d’autres habitants soulignent des difficultés concrètes dans le fonctionnement des services municipaux. Des signalements, notamment concernant la sécurité routière, ont été rapportés par des administrés se sentant démunis face à l’absence physique de leur premier édile. La critique porte davantage sur la réactivité de l’administration municipale que sur la légalité formelle du mandat.
Un mandat axé sur la participation citoyenne
Lors de son élection, David Gauthier avait pourtant axé son programme sur une présence renforcée auprès des Casseuillais, promettant notamment la création de conseils participatifs et des rencontres annuelles pour favoriser la démocratie locale. Ce projet semble aujourd’hui mis à l’épreuve par la distance. Le défi pour l’équipe municipale reste de maintenir le lien de proximité avec les habitants malgré le choix de vie personnelle de son premier magistrat.