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mardi 29 septembre 2026
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Italie : le gouvernement prolonge la réduction des taxes sur les carburants

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Italie : le gouvernement prolonge la réduction des taxes sur les carburants
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L’essentiel
  • Le gouvernement de Giorgia Meloni prolonge jusqu’au 1er mai la baisse des taxes de 25 centimes par litre d’essence et de gazole.
  • Cette reconduction représente un coût de 500 millions d’euros, financé par des excédents de TVA et des fonds environnementaux non utilisés.
  • Un crédit d’impôt de 20 % est étendu aux exploitations agricoles pour atténuer l’impact de la hausse des coûts de production.
  • L’association de consommateurs Codacons juge la mesure insuffisante, les prix à la pompe ayant déjà annulé l’effet de cette ristourne.

Le décret carburants et la prolongation des aides à la pompe

Italie : le gouvernement prolonge la réduction des taxes sur les carburants

Le Conseil des ministres italien a adopté un nouveau décret-loi visant à atténuer l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Ce texte prolonge officiellement jusqu’au 1er mai la baisse des droits d’accises sur les carburants, qui devait initialement expirer le 7 avril. Concrètement, cette mesure permet de maintenir une réduction de 25 centimes d’euro par litre de gazole et d’essence à la pompe, tandis que le rabais s’établit à 12 centimes pour le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Cette initiative fait suite à une première phase d’aide, entrée en vigueur le 18 mars dernier, dont le coût pour les finances publiques s’était élevé à environ 528 millions d’euros. En parallèle, le gouvernement maintient un soutien spécifique pour les professionnels les plus exposés : le décret confirme un crédit d’impôt de 28 % sur les achats de gazole destinés aux transporteurs routiers ainsi qu’aux pêcheurs. Le Conseil des ministres italien a officiellement validé la prolongation de la baisse des droits d’accises sur les carburants jusqu’au 1er mai.

Un financement de 500 millions d’euros sans impacter l’industrie

La reconduction de ce dispositif fiscal représente un effort budgétaire significatif pour l’État italien. À l’issue de la réunion gouvernementale, le ministre de l’Économie et des Finances, Giancarlo Giorgetti, a détaillé l’équation financière de cette annonce lors d’une conférence de presse. Le coût global de cette nouvelle étape est estimé à environ 500 millions d’euros. Pour équilibrer cette dépense sans creuser excessivement les comptes publics, Rome a mis en place un mécanisme de double financement. D’une part, 200 millions d’euros sont autofinancés grâce à l’augmentation mécanique des recettes de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) engendrée par la hausse des prix. D’autre part, les 300 millions d’euros restants proviennent de fonds issus du système d’échange de quotas d’émission de CO2 (ETS) qui n’avaient pas encore été alloués. Le ministre a précisé que cette réaffectation veillait scrupuleusement à ne pas amputer les enveloppes initialement réservées au soutien des industries particulièrement énergivores. Par ailleurs, le gouvernement a choisi d’étendre son soutien au secteur primaire en accordant un crédit d’impôt de 20 % aux exploitations agricoles, calqué sur le modèle déjà en vigueur pour le secteur de la pêche, tout en introduisant des ajustements pour Simest, la filiale du groupe CDP dédiée à l’internationalisation des entreprises. Pour financer cette mesure estimée à 500 millions d’euros, Rome s’appuie sur un autofinancement et la réallocation de fonds environnementaux.

L’impact budgétaire et la menace des tensions géopolitiques

Cette gestion rigoureuse des deniers publics s’inscrit dans un contexte macroéconomique délicat pour l’Italie, qui cherche à stabiliser sa trajectoire budgétaire. Jusqu’alors, le pays était sur le point de ramener son déficit public sous la barre des 3 % du Produit Intérieur Brut (PIB), une étape cruciale pour sortir de la procédure européenne pour déficit excessif et regagner des marges de manœuvre financières. Toutefois, l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment les confrontations impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, fait peser de lourdes incertitudes sur l’économie européenne. Le blocage potentiel ou le ralentissement du trafic dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % de la production mondiale de pétrole, alimente la volatilité des marchés énergétiques. Giancarlo Giorgetti a ainsi prévenu que si l’instabilité géopolitique persistait, une dérogation de l’Union européenne concernant les règles du Pacte de stabilité deviendrait indispensable pour préserver les économies nationales des chocs externes. Le ministre de l’Économie avertit qu’une prolongation des tensions géopolitiques pourrait rendre inévitable une dérogation européenne aux règles budgétaires.

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Une flambée des prix qui fragilise l’impact de la mesure

Sur le terrain, l’efficacité de ces baisses de taxes est directement contestée par la réalité du marché des carburants. Selon les relevés hebdomadaires publiés par le ministère de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, les tarifs à la pompe ont continué leur progression. Le prix moyen de l’essence s’est récemment stabilisé à 1,733 euro le litre, tandis que le gazole a franchi le seuil des 2,032 euros le litre. Cette hausse représente une augmentation de 6 centimes pour l’essence sans plomb et de 31 centimes pour le gazole par rapport aux prix observés avant le début des frappes américano-israéliennes contre l’Iran. Face à cette situation, l’association de défense des consommateurs Codacons a vivement réagi, qualifiant la prolongation gouvernementale d’insuffisante. L’organisation souligne que la hausse constante des prix de gros a totalement absorbé l’effet de la baisse des accises de 25 centimes décidée à la mi-mars. Malgré l’allègement fiscal de l’État, les prix à la pompe poursuivent leur ascension sous l’effet des cours mondiaux du pétrole.

La grogne des associations de consommateurs face à la réalité territoriale

Pour la Codacons, les automobilistes italiens subissent de plein fouet une flambée des prix qui dépasse désormais les niveaux d’avant la crise fiscale. L’association indique que le gazole dépasse la barre des 2,1 euros le litre dans pas moins de neuf régions de la péninsule. Les sommets sont atteints dans la province autonome de Bolzano, avec un tarif moyen de 2,134 euros le litre en libre-service, suivie de près par la Calabre (2,116 euros) et le Frioul-Vénétie Julienne (2,113 euros). Sur le réseau autoroutier, hautement stratégique pour le transport de marchandises, le gazole s’établit en moyenne à 2,137 euros le litre et l’essence à 1,822 euro. Face à cette érosion du pouvoir d’achat, les représentants des consommateurs estiment que le Conseil des ministres aurait dû opter pour un renforcement substantiel de la remise fiscale plutôt que pour une simple reconduction des taux actuels. Les disparités territoriales et la hausse des prix autoroutiers accentuent la pression sur les ménages et les transporteurs italiens.

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Écrit par
Claire Vasseur

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