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lundi 14 septembre 2026
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Présidentielle américaine 2028 : les démocrates préparent la succession de Donald Trump

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Présidentielle américaine 2028 : les démocrates préparent la succession de Donald Trump
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L’essentiel
  • À l’approche des élections de mi-mandat de 2026, le Parti démocrate se projette déjà vers l’élection présidentielle de 2028, qui marquera la fin de la présidence républicaine.
  • Plusieurs profils de gouverneurs se distinguent, notamment Gavin Newsom en Californie, Andy Beshear dans le Kentucky et Josh Shapiro en Pennsylvanie.
  • L’aile gauche, menée par Alexandria Ocasio-Cortez, gagne en influence économique tandis que le parti modifie ses règles électorales internes.
  • Le calendrier officiel des primaires a été réformé pour accorder la priorité à la Caroline du Sud et au Nevada au détriment de l’Iowa.

Le prélude des élections de mi-mandat de 2026

Présidentielle américaine 2028 : les démocrates préparent la succession de Donald Trump

À moins de deux mois des élections législatives de mi-mandat, la scène politique américaine est déjà tournée vers l’horizon présidentiel de 2028. Ce scrutin futur suscite une attention précoce car il marquera la fin réglementaire de la présidence de Donald Trump. Pour le Parti démocrate, l’enjeu consiste à identifier dès à présent la personnalité capable de mettre fin à la domination électorale républicaine. Les responsables du parti cherchent une figure nationale capable de rassembler une base électorale de plus en plus fragmentée. La préparation du scrutin présidentiel de 2028 commence dès à présent, en amont des élections de mi-mandat de 2026, considérées comme un test grandeur nature. Les cadres du parti évaluent les forces en présence au sein des structures exécutives et législatives du pays pour bâtir une stratégie de reconquête du pouvoir exécutif fédéral.

L’émergence des figures exécutives locales

Les gouverneurs d’États s’imposent traditionnellement comme des candidats solides grâce à leur expérience de gestion directe. Parmi eux, Gavin Newsom, le gouverneur de Californie âgé de 58 ans, s’illustre par une posture offensive face à Donald Trump, s’appuyant sur sa forte visibilité médiatique. D’autres profils se distinguent par leur capacité à l’emporter au-delà des bastions progressistes traditionnels. C’est le cas d’Andy Beshear, parvenu à se faire réélire gouverneur dans le Kentucky, un État pourtant solidement ancré à droite. En Pennsylvanie, Josh Shapiro, et dans le Maryland, Wes Moore, mettent en avant des résultats concrets et un discours destiné aux classes populaires. Enfin, le gouverneur de l’Illinois, J. B. Pritzker, issu de la famille fondatrice du groupe hôtelier Hyatt, dispose de ressources financières personnelles qu’il a déjà commencé à mobiliser à l’échelle nationale. Les gouverneurs démocrates, grâce à leur expérience de l’exécutif local, s’imposent comme des prétendants naturels pour mener la bataille nationale. Ces profils pragmatiques offrent des garanties de gouvernance qui séduisent les instances du parti.

Les forces parlementaires et l’alternative Kamala Harris

Du côté du pouvoir législatif, plusieurs profils émergent également au Sénat des États-Unis. Mark Kelly, sénateur de l’Arizona et ancien astronaute, ainsi que Jon Ossoff, élu en Géorgie, figurent parmi les options régulièrement évoquées. Jon Ossoff bénéficie notamment de sa jeunesse et de son implantation réussie dans un État clé du Sud, traditionnellement disputé. Par ailleurs, Pete Buttigieg, ancien secrétaire aux Transports et candidat lors des primaires de 2020, conserve une influence notable grâce à un réseau national structuré et une capacité reconnue de levée de fonds. La question de la candidature de Kamala Harris reste quant à elle posée. Bien que battue par Donald Trump lors du scrutin de 2024, sa position de figure centrale du parti impose une réflexion sur son éventuel retour, qui sera nécessairement analysé à l’aune de son précédent échec électoral. Le Sénat et les réseaux de l’administration fédérale fournissent également des profils d’envergure nationale, à l’image de Jon Ossoff ou de l’ancien secrétaire Pete Buttigieg. Ces personnalités disposent d’une tribune fédérale permanente pour faire valoir leurs arguments.

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La montée de l’aile gauche et le dilemme idéologique

À l’aile gauche du parti, la représentante Alexandria Ocasio-Cortez incarne une vision alternative, axée sur des thématiques économiques fortes telles que le pouvoir d’achat, le logement social et la réduction des inégalités de richesse. Selon Lincoln Mitchell, politologue et professeur à l’Université Columbia de New York, le courant progressiste est en forte progression dans plusieurs régions américaines, et l’ignorer constituerait une erreur stratégique pour tout candidat démocrate. Ce courant plaide pour des réformes fiscales d’ampleur, incluant une taxation accrue des milliardaires et un soutien direct aux classes laborieuses. Toutefois, cette orientation soulève des interrogations quant à sa capacité à convaincre l’électorat centriste et modéré, indispensable pour remporter une élection présidentielle à l’échelle nationale. La représentante de New York Alexandria Ocasio-Cortez incarne une gauche plus offensive qui séduit une part croissante de la base, tout en posant la question du ralliement des modérés. L’arbitrage entre pureté idéologique et efficacité électorale reste au cœur des débats internes.

Une restructuration profonde des règles de la primaire

Conscient des mutations démographiques et politiques de son électorat, le Parti démocrate a décidé de modifier les règles d’organisation de ses futures primaires. Le calendrier de 2028 abandonne ainsi la tradition qui plaçait l’Iowa en tête des opérations de vote. Désormais, la Caroline du Sud ouvrira le bal, immédiatement suivie par le Nevada. Cette réorganisation vise à réduire l’influence des États ruraux historiquement homogènes pour donner une voix prépondérante à des électorats plus jeunes, urbains et issus des minorités. Lincoln Mitchell souligne que la coalition démocrate s’est profondément transformée en dix ans. Elle associe aujourd’hui des électeurs musulmans, de jeunes diplômés blancs, de jeunes Afro-Américains, ainsi qu’une frange de l’électorat très à gauche sur le plan économique. Cette nouvelle dynamique se distingue des anciennes alliances des décennies passées, obligeant le parti à repenser sa stratégie globale pour 2028. Pour adapter le choix de son candidat à la diversité de ses électeurs, le Parti démocrate a profondément remanié le calendrier historique de ses primaires. Cette réforme pourrait modifier durablement le profil des futurs leaders nationaux.

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Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

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