- Le président américain Donald Trump a diffusé sur Truth Social une carte englobant les Antilles françaises et Saint-Pierre-et-Miquelon sous la bannière des États-Unis.
- La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a fermement réagi en réaffirmant la souveraineté française et en qualifiant la publication d’« extravagante ».
- Des figures de l’opposition, dont Jean-Luc Mélenchon et Annick Girardin, dénoncent une provocation et demandent une réaction officielle ferme.
Une cartographie inédite partagée sur les réseaux sociaux

Le président américain Donald Trump a suscité une vive polémique en publiant sur sa plateforme Truth Social un visuel cartographique singulier représentant l’Amérique du Nord et le bassin caribéen. Sur cette image, de vastes pans de territoires souverains étrangers, y compris plusieurs collectivités d’outre-mer françaises, sont recouverts par les couleurs du drapeau des États-Unis. Le président des États-Unis a ainsi diffusé une carte où la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre-et-Miquelon apparaissent sous pavillon américain. Bien que cette publication n’ait été accompagnée d’aucun commentaire explicatif officiel de la part de la Maison-Blanche, elle interpelle les observateurs internationaux par son caractère inédit et l’absence de distinctions frontalières conventionnelles. Le document graphique va jusqu’à modifier la toponymie régionale en rebaptisant le golfe du Mexique en « Gulf of America », tandis que le Canada et le Groenland y sont intégralement assimilés à l’espace américain.
La récurrence des visuels générés par intelligence artificielle
Cette initiative s’insère dans un usage de plus en plus fréquent par l’entourage de Donald Trump d’images retravaillées ou générées par des outils d’intelligence artificielle. Ces derniers mois, le président américain a multiplié les publications à caractère uchronique ou prospectif, revendiquant symboliquement des territoires allant jusqu’à la Lune. Cette publication s’inscrit dans une dynamique de communication où le président américain remet régulièrement en question les frontières établies de nations alliées des États-Unis. Par le passé, Donald Trump avait déjà publiquement émis l’hypothèse de racheter le Groenland au Danemark ou de transformer le Canada en un cinquante-et-unième État de l’Union, provoquant à chaque fois des tensions diplomatiques notables avec Ottawa et Copenhague. Ce nouveau positionnement graphique ravive les interrogations sur la doctrine territoriale de l’administration américaine actuelle.
Une condamnation unanime au sein de l’exécutif français
En France, la diffusion de cette carte a rapidement provoqué des réactions indignées au sein de la classe politique et du gouvernement. Invitée à s’exprimer publiquement, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a immédiatement réagi en réaffirmant de manière catégorique la pleine et entière souveraineté de la France sur les territoires visés. La ministre des Outre-mer a fermement défendu l’intégrité du territoire national face à une représentation graphique qu’elle a officiellement qualifiée d’« extravagante ». De son côté, l’ancienne ministre des Outre-mer et ancienne députée de Saint-Pierre-et-Miquelon, Annick Girardin, a exprimé une vive colère face à ce qu’elle perçoit comme une provocation délibérée d’un allié historique. Elle a exhorté les autorités françaises à ne pas minimiser cet incident sous prétexte des habitudes de communication informelles du président américain, qualifiant l’acte d’atteinte caractérisée à la souveraineté française.
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L’opposition réclame une réponse militaire et diplomatique
Au-delà du gouvernement, les réactions de l’opposition ne se sont pas fait attendre, illustrant l’importance accordée à la protection des territoires ultramarins. Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, s’est emparé du sujet sur les réseaux sociaux pour interpeller directement le président de la République Emmanuel Macron. L’opposition de gauche, par la voix de Jean-Luc Mélenchon, a exhorté le chef de l’État à déployer un porte-avions pour marquer la souveraineté française et rassurer les populations locales. Bien que la carte ne s’accompagne d’aucune menace militaire concrète de la part de Washington, cet incident souligne la vulnérabilité géopolitique de ces territoires situés dans la sphère d’influence directe des États-Unis, à l’heure où les équilibres diplomatiques mondiaux sont de plus en plus complexes.