- Le maire de Sablé-sur-Sarthe, Benoît Nicolardot, dément fermement toute volonté de rejoindre l’Union des Droites pour la République (UDR) d’Éric Ciotti.
- Ces clarifications interviennent après l’éviction de sa première adjointe, Malica Laouar, qui dénonçait la proximité de l’édile avec les réseaux de droite radicale.
- Ancien adhérent de l’UMP et du Parti Chrétien Démocrate à la fin des années 2000, le maire n’affiche plus d’affiliation politique depuis 2010.
- Bien qu’il exclue de s’encarter ou de parrainer un candidat à la présidentielle, Benoît Nicolardot n’exclut pas totalement une candidature législative en cas de circonstances exceptionnelles.
Des tensions municipales révélatrices de clivages politiques

La vie politique à Sablé-sur-Sarthe traverse une période de turbulences locales, exacerbée par des questions d’orientation et de positionnement partisan. L’éviction récente de la première adjointe au maire, Malica Laouar, a mis en lumière des tensions latentes au sein de l’exécutif municipal. Cette rupture politique trouve en partie son origine dans les interrogations de l’ancienne adjointe quant aux orientations idéologiques du maire, Benoît Nicolardot. En effet, Malica Laouar a publiquement exprimé ses réserves face à ce qu’elle qualifie d’attachement ou de rapprochement de l’édile avec l’Union des Droites pour la République (UDR), le mouvement politique fondé par Éric Ciotti. L’éviction de la première adjointe de Sablé-sur-Sarthe a mis en lumière des divergences de vues au sein de la majorité municipale concernant le positionnement politique du maire. Ce conflit local pose de manière plus large la question de l’avenir de la gouvernance de la commune et de l’identité politique de son premier magistrat, jusqu’ici classé parmi les élus sans étiquette.
Une indépendance réaffirmée face aux sollicitations partisanes
Face à ces accusations de dérive partisane vers la droite de l’échiquier politique, Benoît Nicolardot a fermement réagi pour clarifier sa situation. Le maire dément catégoriquement toute intention d’intégrer l’UDR ou de se rapprocher du Rassemblement National (RN). Selon lui, son statut d’élu sans étiquette fait de lui une cible naturelle pour les formations politiques nationales qui cherchent à élargir leur influence locale en analysant de près son programme municipal. L’édile rejette les simplifications hâtives qui voudraient le classer dans des catégories politiques rigides. Benoît Nicolardot rejette catégoriquement l’étiquette de l’UDR ou du Rassemblement National, plaidant pour une approche locale complexe et affranchie des logiques partisanes. Il insiste sur le fait que la gestion municipale ne doit pas se résumer à des clivages partisans, qualifiant d’ailleurs le spectacle de la politique nationale actuelle de peu attrayant et affirmant ne pas se reconnaître dans le rôle de militant partisan.
Un parcours politique marqué par un engagement passé à droite
Le parcours politique de Benoît Nicolardot révèle pourtant un engagement passé au sein de la droite traditionnelle. À la fin des années 2000, alors qu’il résidait en région parisienne, il avait adhéré à l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP). Au sein de cette grande formation de l’époque, il s’était plus particulièrement tourné vers le Parti Chrétien Démocrate (PCD), le mouvement fondé par Christine Boutin. Cependant, cette expérience partisane appartient au passé : l’élu sarthois n’est plus encarté dans aucun parti politique depuis l’année 2010. S’il se revendique aujourd’hui indépendant, le maire de Sablé-sur-Sarthe a par le passé milité au sein de l’UMP et du Parti Chrétien Démocrate de Christine Boutin. Cette prise de distance de longue date contraste avec la trajectoire de son prédécesseur à la mairie de Sablé-sur-Sarthe, Nicolas Leudière, qui avait quant à lui choisi d’abandonner son statut d’indépendant pour rejoindre Horizon, le parti d’Édouard Philippe.
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Une diplomatie locale ouverte de la droite traditionnelle à l’extrême droite
Malgré son refus de s’encarter à nouveau, Benoît Nicolardot maintient un canal de communication ouvert avec un large spectre de forces de droite. Il reconnaît avoir reçu des représentants des Républicains (LR), du Rassemblement National (RN), ainsi que de l’UDR d’Éric Ciotti. Plus récemment, en juin, le maire a partagé un « déjeuner républicain » avec Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France (DLF). Ces rencontres, perçues par certains comme des signes de rapprochement idéologique, sont présentées par l’intéressé comme de simples échanges de courtoisie républicaine. Le maire assume pleinement de dialoguer avec l’ensemble des forces politiques de droite et d’extrême droite sans pour autant y voir un processus d’adhésion. L’édile sarthois réaffirme la cohésion de son équipe municipale autour d’un projet local déconnecté des structures partisanes nationales, privilégiant l’action concrète pour la commune.
Quelles perspectives pour les futures échéances électorales ?
Alors que les échéances électorales nationales et sénatoriales se profilent, la position de neutralité du maire de Sablé-sur-Sarthe s’étend également à son rôle de grand électeur. Benoît Nicolardot indique qu’il ne soutient aucun candidat pour les prochaines élections sénatoriales, estimant qu’aucun prétendant n’a su se montrer pleinement convaincant à ses yeux. Pour l’élection présidentielle, il exclut de parrainer un quelconque candidat. Quant à une éventuelle candidature personnelle lors de futures élections législatives, le maire se montre réservé mais refuse de fermer définitivement la porte, évoquant la possibilité que des circonstances exceptionnelles ou des crises majeures puissent modifier la donne. Bien que concentré sur ses mandats locaux, Benoît Nicolardot n’exclut pas totalement de se porter candidat à de futures élections législatives sous certaines conditions exceptionnelles. Pour l’heure, ses priorités restent axées sur la gestion quotidienne de Sablé-sur-Sarthe et de la communauté de communes.