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dimanche 20 septembre 2026
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Grèce : le gouvernement annonce un plan d’aides face à la hausse des carburants

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Grèce : le gouvernement annonce un plan d'aides face à la hausse des carburants
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L’essentiel
  • Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotákis, a dévoilé un ensemble de mesures d’urgence pour limiter l’impact de la hausse internationale des prix de l’énergie sur les ménages.
  • Le prix de départ du fioul de chauffage sera plafonné sous les 1,75 euro le litre grâce à un effort conjoint de l’État et des raffineries.
  • La subvention de 15 centimes par litre sur le diesel de transport est prolongée pour tout le mois d’octobre 2026.
  • Athènes conditionne toute baisse des taxes sur les carburants à un assouplissement budgétaire préalable de la part de l’Union européenne.

Un bouclier énergétique ciblé sur le chauffage et le diesel

Grèce : le gouvernement annonce un plan d'aides face à la hausse des carburants

Face à la hausse continue des cours mondiaux de l’énergie, le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotákis, a présenté un ensemble de mesures d’urgence destinées à atténuer l’impact de l’inflation sur les ménages et les professionnels. Ce dispositif de soutien financier se concentre principalement sur le fioul domestique et le gazole de transport, deux postes de dépenses cruciaux à l’approche de la saison froide. Le gouvernement grec déploie un dispositif d’aide ciblé pour amortir le coût du fioul et du diesel à l’approche de l’automne. En pratique, l’exécutif a confirmé la prolongation pour l’ensemble du mois d’octobre de la subvention sur le diesel automobile, actuellement fixée à 15 centimes d’euro par litre. Cette mesure est cofinancée à hauteur de 10 centimes par l’État et de 5 centimes par les raffineries nationales. Alors que le prix à la pompe du gazole avoisine actuellement les 2 euros le litre dans le pays, cette aide revêt une importance capitale pour limiter la répercussion des coûts de transport sur la chaîne d’approvisionnement et la production agricole, même si l’essence sans plomb reste exclue de ce mécanisme de soutien direct.

L’épineuse question du prix réel du fioul domestique

L’autre mesure phare concerne le fioul de chauffage, dont la campagne de distribution hivernale va bientôt débuter. Le gouvernement, en partenariat avec les raffineries privées, s’est engagé à intervenir directement à la pompe afin de maintenir le prix de vente initial en dessous du seuil de 1,75 euro le litre. Toutefois, ce tarif de référence suscite de vives discussions politiques en Grèce. En effet, l’exécutif met en avant le fait que ce prix de 1,75 euro est inférieur à celui enregistré à la toute fin de la dernière saison de chauffe, une période marquée par une hausse accélérée des cours. Bien que plafonné sous la barre des 1,75 euro, le fioul domestique restera nettement plus cher qu’au début de l’hiver précédent. L’opposition politique souligne à cet égard qu’au début de la saison dernière, les ménages payaient leur fioul entre 1,10 et 1,15 euro le litre. Cette différence tarifaire de près de 50 centimes représente, pour une commande moyenne de 1 000 litres, un surcoût considérable de 500 euros pour les foyers. De plus, l’uniformité de ce tarif inférieur à 1,75 euro reste incertaine, car les frais logistiques vers les îles ou les régions isolées pourraient créer des disparités locales.

Une aide élargie à toutes les sources d’énergie de chauffage

Pour compenser ces coûts élevés, Kyriakos Mitsotákis a annoncé une revalorisation globale de l’allocation de chauffage pour les ménages éligibles. Contrairement aux dispositifs passés qui favorisaient principalement le fioul, cette aide financière s’appliquera désormais indépendamment de la source d’énergie ou du combustible utilisé par le foyer. L’élargissement de l’allocation de chauffage vise à soutenir tous les ménages, quel que soit leur mode d’approvisionnement énergétique. Cette démarche d’équité énergétique laisse cependant plusieurs inconnues opérationnelles en suspens. Les détails techniques, tels que le montant précis de la hausse, les plafonds de revenus, les critères de patrimoine ainsi que le calendrier de dépôt des demandes et des versements, doivent encore être précisés par les ministères concernés. Le gouvernement a néanmoins réaffirmé qu’une modulation géographique serait maintenue, garantissant des subventions plus importantes pour les populations résidant dans les zones montagneuses ou soumises à un climat particulièrement rigoureux.

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Un marché pétrolier sous haute tension internationale

Ce plan de soutien national intervient dans une conjoncture internationale instable qui pèse lourdement sur l’économie grecque, très dépendante des importations d’hydrocarbures. Les marchés mondiaux connaissent de fortes turbulences, illustrées par un baril de Brent de la mer du Nord qui s’est négocié à 104,87 dollars le 18 septembre. Les récentes attaques ciblées contre des infrastructures énergétiques majeures en Arabie saoudite, combinées à des perturbations logistiques persistantes sur les grandes routes maritimes mondiales, alimentent l’incertitude quant à la stabilité de l’offre globale de brut. La flambée des cours mondiaux du brut, accentuée par des tensions géopolitiques, fragilise l’équilibre économique intérieur de la Grèce. Face aux inquiétudes croissantes de l’opinion publique, Athènes a tenu à rassurer les consommateurs en affirmant que l’approvisionnement physique en carburants et l’adéquation des stocks sur l’ensemble du territoire national demeuraient pleinement garantis.

L’impasse fiscale suspendue aux décisions de Bruxelles

Devant les demandes pressantes de baisses de taxes sur les carburants formulées par les usagers et les forces d’opposition, le Premier ministre grec a exclu toute décision unilatérale hâtive. Kyriakos Mitsotákis a rappelé que la fiscalité énergétique représentait une ressource budgétaire cruciale pour l’État. Une réduction temporaire des taxes ne pourra être envisagée que si elle s’inscrit dans un cadre coordonné à l’échelle de l’Union européenne. Athènes refuse d’engager une baisse unilatérale des taxes sur les carburants sans l’aval et la flexibilité budgétaire de l’Union européenne. Le gouvernement grec plaide activement auprès des instances européennes pour la réactivation de mécanismes d’exception similaires à ceux instaurés lors de la crise énergétique consécutive au déclenchement de la guerre en Ukraine. L’objectif d’Athènes est d’obtenir l’autorisation de déroger temporairement aux règles de discipline budgétaire commune, permettant ainsi de financer des allègements fiscaux et des aides directes sans dégrader la trajectoire officielle de ses dépenses publiques nettes.

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Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

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