- L’ancien maire de Castres, Pascal Bugis, sort de sa réserve après le dépôt d’une plainte pour détournement de fonds publics ciblant la gestion de la SPL Eaux de Castres-Burlats.
- Au cœur du dossier, la rémunération mensuelle de 22 000 euros de l’ex-directeur Pierre Lapelerie, licencié pour faute grave à l’été 2026 par le nouveau maire Florian Azema.
- L’ancien édile justifie ce salaire par l’héritage social de l’entreprise et défend une politique de mutualisation ayant permis d’économiser 200 000 euros par an aux contribuables.
Un retour médiatique sous tension après les municipales

Retiré de la scène politique locale depuis les élections municipales de mars 2026, l’ancien maire de Castres Pascal Bugis a rompu son silence pour défendre son bilan et son honneur face à de graves accusations financières. Après un quart de siècle à la tête de la municipalité tarnaise et de la communauté d’agglomération de Castres-Mazamet, l’ex-édile se retrouve indirectement mis en cause par une procédure judiciaire initiée par ses successeurs. Cette intervention publique fait suite au dépôt d’une plainte contre X pour détournement de fonds publics par la mairie de Castres, celle de Burlats et l’agglomération. La démarche fait suite à la transmission d’un pré-rapport critique de la Chambre régionale des comptes concernant la gestion de la Société publique locale (SPL) Eaux de Castres-Burlats, une structure que Pascal Bugis a présidée jusqu’au printemps dernier. Pour l’ancien élu, ce retour sous les projecteurs s’avère indispensable pour faire face à la tempête qui secoue l’une des structures clés du bassin castrais.
La rémunération du directeur au centre de la discorde
L’élément déclencheur de cette bataille judiciaire réside dans le niveau de rémunération de Pierre Lapelerie, homme de confiance de l’ancienne majorité et directeur de la SPL Eaux de Castres-Burlats. Les plaignants dénoncent un traitement mensuel jugé disproportionné de 22 000 euros assorti de nombreux avantages en nature. Ce haut fonctionnaire local cumulait jusqu’à récemment des responsabilités de premier plan, pilotant à la fois les services publics de la ville de Castres, ceux de l’intercommunalité et la direction opérationnelle de la SPL dédiée à l’eau potable et à l’assainissement. Cette concentration des pouvoirs a pris fin brutalement durant l’été 2026, lorsque le nouveau maire de Castres, Florian Azema, a prononcé le licenciement pour faute grave de Pierre Lapelerie. Cette décision forte marquait une rupture nette avec l’ère Bugis, ouvrant la voie à des investigations comptables approfondies sur l’usage des deniers publics au sein de la régie locale.
La mutualisation des postes comme bouclier financier
Face aux accusations de gabegie budgétaire, Pascal Bugis oppose une rationalisation de l’organigramme administratif qu’il estime particulièrement vertueuse pour les finances locales. L’ancien président de l’agglomération affirme que la mutualisation des postes de direction a permis de réaliser une économie annuelle estimée à 200 000 euros. Selon ses explications, la convergence administrative entre la ville de Castres et la communauté d’agglomération a conduit trois directeurs généraux à exercer leurs fonctions simultanément pour les deux entités, pour un salaire unique partagé à égalité par chaque collectivité. Ce dispositif aurait permis de limiter à trois le nombre de directeurs généraux, là où les structures auraient pu légitimement en employer six. Pour l’ancien maire, cette méthode de gestion démontre une volonté constante de protéger le portefeuille des contribuables castrais plutôt que de favoriser des dépenses inconsidérées.
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Le cadre juridique et social de la SPL invoqué
Pour légitimer le niveau de rémunération de l’ancien directeur de la SPL, Pascal Bugis rappelle la complexité industrielle et l’historique social de cette structure qui gère l’eau de plusieurs communes. Le salaire de Pierre Lapelerie découle directement d’accords d’entreprise conclus lors de la remunicipalisation du service de l’eau, hérités de l’époque de la Lyonnaise des eaux. La SPL Eaux de Castres-Burlats, qui emploie aujourd’hui plus de cinquante salariés et génère un chiffre d’affaires annuel de 10 millions d’euros, doit obligatoirement être pilotée par un cadre de haut niveau dont les émoluments sont fixés par des conventions collectives strictes. Pascal Bugis soutient que n’importe quel autre profil technique placé à la tête d’une telle entité aurait prétendu à un traitement de même envergure. Il insiste également sur le fait que la création de la SPL a respecté l’obligation légale de reprise des contrats de travail préexistants de l’ancienne régie municipale.
Un bilan tarifaire et fiscal mis en avant
En guise de conclusion à sa plaidoirie publique, l’ancien premier édile de Castres réaffirme la maîtrise globale de la fiscalité locale sous ses mandats successifs. Les usagers et les contribuables n’ont subi aucune charge supplémentaire en raison de l’organisation administrative interne des services de l’eau. Pascal Bugis rappelle à cet égard que les taux d’imposition communaux sont restés strictement stables pendant quinze ans avant de connaître des baisses annuelles successives à partir de 2016. Concernant la facture d’eau, bien que les tarifs aient suivi la courbe de l’inflation depuis 2004, ils demeurent selon lui inférieurs aux moyennes constatées à l’échelle nationale. De plus, il met en avant l’instauration en juillet 2025 de la gratuité des vingt premiers mètres cubes consommés, une mesure sociale ayant permis de faire baisser la facture globale pour la majorité des usagers domestiques du bassin castrais.