- Au total, 34 députés figurent sur les listes pour le renouvellement partiel du Sénat le 27 septembre, dont 27 en position éligible.
- Le Rassemblement national aligne la plus forte délégation avec 22 députés candidats, visant la constitution d’un groupe parlementaire d’au moins 10 sénateurs.
- La France insoumise présente deux députés en tête de liste, notamment Gabriel Amard dans le Rhône, dans l’espoir d’obtenir ses premiers sièges au Sénat.
- En cas d’élection à la Chambre haute, la règle de non-cumul impose aux députés d’être automatiquement remplacés à l’Assemblée nationale par leur suppléant.
Un scrutin partiel marqué par une forte présence de députés candidats

À l’approche des élections sénatoriales prévues pour le dimanche 27 septembre, l’échiquier politique affine ses investitures. Ce scrutin permettra de renouveler un peu plus de la moitié de la Chambre haute, soit 178 des 348 sièges de l’institution. Alors que la période de dépôt des candidatures s’est achevée en préfecture, le tableau définitif des prétendants fait apparaître une tendance marquée : l’engagement direct de nombreux élus siégeant actuellement au Palais-Bourbon. Le renouvellement de plus de la moitié des sièges du Sénat incite un nombre significatif de députés à solliciter un mandat à la Chambre haute.
Parmi l’ensemble des candidats déclarés, 130 sénateurs sortants sollicitent la reconduction de leur mandat, à l’image de Bruno Retailleau. Mais l’attention se porte également sur la trentaine de députés engagés dans la compétition. Au total, 34 membres de l’Assemblée nationale figurent sur les listes électorales, dont 27 sont placés dans des positions jugées éligibles. Dans les départements les plus peuplés disposant de trois sièges ou plus, les élections se déroulent au scrutin de liste à la proportionnelle, ce qui rend le rang de présentation déterminant pour espérer intégrer l’assemblée sénatoriale.
L’offensive du Rassemblement national pour ancrer sa présence au Sénat
Le groupe du Rassemblement national à l’Assemblée nationale constitue la plus importante délégation de députés candidats lors de cette échéance. S’appuyant sur la progression de son socle de grands électeurs lors des derniers scrutins municipaux, la formation politique aligne 22 parlementaires sur l’ensemble du territoire. Parmi eux, 16 occupent des positions éligibles et 7 conduisent directement une liste départementale. C’est le cas de Julien Rancoule dans l’Aude, Pascal Markowsky en Charente-Maritime, Géraldine Grangier dans le Doubs, Sylvie Josserand dans le Gard, Edwige Diaz en Gironde, Manon Bouquin dans l’Hérault, ainsi que Frank Giletti dans le Var. Avec 22 candidats issus de ses rangs à l’Assemblée nationale, le Rassemblement national ambitionne de constituer pour la première fois un groupe parlementaire au Sénat.
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D’autres figures de l’hémicycle complètent ce dispositif, à l’instar de Joëlle Mélin, Romain Tonussi ou Emmanuel Fouquart dans les Bouches-du-Rhône, Nicolas Meizonnet et Pascale Bordes dans le Gard, Christine Loir dans l’Eure, Robert Le Bourgeois en Seine-Maritime, Catherine Rimbert dans le Vaucluse et Philippe Schreck dans le Var. Plusieurs députés du mouvement figurent également à des positions moins favorables, comme José Gonzalez, Patrice Martin, Lisette Pollet, Théo Bernhardt, Frédéric Boccaletti ou Laure Lavalette. L’objectif stratégique pour le mouvement réside dans la franchissabilité du seuil de dix élus requis pour former un groupe parlementaire autonome, alors que le parti compte actuellement trois sénateurs non-inscrits : Aymeric Durox, Joshua Hochart et Christopher Szczurek. La direction de campagne table sur au moins huit élus supplémentaires. Par ailleurs, l’Union des droites pour la République, formation alliée présidée par Éric Ciotti, présente le député Antoine Valentin en Haute-Savoie à une position éligible.
La gauche à la recherche de nouveaux relais territoriaux
Du côté des formations de gauche, l’enjeu consiste à renforcer la représentation territoriale à l’occasion de ce renouvellement. La France insoumise cherche à concrétiser une étape symbolique en faisant entrer ses premiers représentants au Sénat. Deux députés du mouvement conduisent des listes départementales : Emmanuel Fernandes dans le Bas-Rhin et Gabriel Amard dans le Rhône. La France insoumise présente deux députés comme têtes de liste afin de tenter de faire une entrée historique au Palais du Luxembourg.
C’est particulièrement dans le Rhône que la formation fonde ses espoirs, s’appuyant sur ses implantations municipales dans la banlieue lyonnaise, notamment à Saint-Fons, Vénissieux et Vaulx-en-Velin. Le candidat insoumis y affronte cependant une concurrence marquée, avec la présence d’une liste d’union réunissant les écologistes et les socialistes, à laquelle s’ajoute une candidature dissidente menée par l’ancien président de la métropole de Lyon, Bruno Bernard. Dans le même temps, la gauche socialiste s’appuie sur la candidature du député Jacques Oberti, placé en position éligible dans la Haute-Garonne.
Le bloc central et la droite réorganisent leurs candidatures
Les composantes formant le bloc central et la droite parlementaire mobilisent également plusieurs parlementaires pour maintenir ou étendre leur ancrage régional. Au sein du groupe Ensemble pour la République, présidé par Gabriel Attal, deux députées se trouvent à la tête de listes : Olga Givernet mène une liste d’union du centre dans l’Ain, tandis que Julie Delpech emmène une liste divers centre dans la Sarthe. Pour sa part, Brigitte Klinkert figure sur la liste du Haut-Rhin dans une position non éligible au vu du nombre de sièges à pourvoir. Les composantes du bloc central et de la droite réorganisent leurs candidatures à travers la France pour conserver ou étendre leur ancrage territorial.
Le parti Horizons engage de son côté deux députés en position de tête de liste : Christophe Plassard en Charente-Maritime et Loïc Kervran dans le Cher. Pour Les Démocrates, Philippe Latombe mène une liste divers centre en Vendée et Blandine Brocard occupe une position éligible dans le Rhône. Enfin, du côté des Républicains, la députée Valérie Bazin-Malgras sollicite les suffrages des grands électeurs dans le département de l’Aube.
Les règles d’interdiction du cumul et le mécanisme de remplacement
Le passage éventuel du Palais-Bourbon au Palais du Luxembourg obéit aux strictes dispositions définies par le code électoral concernant le cumul des mandats. Un député élu au Sénat ne peut conserver son siège à l’Assemblée nationale : l’élection à la Chambre haute met fin automatiquement au mandat précédent dès la proclamation des résultats. En vertu de l’interdiction du cumul des mandats, tout député accédant au Sénat laisse immédiatement son siège à son suppléant sans provoquer d’élection législative partielle.
Cette règle garantit la continuité de l’exercice parlementaire sans passer par une consultation électorale intermédiaire dans la circonscription concernée. Le suppléant désigné lors des précédentes élections législatives prend ainsi le relais à l’Assemblée nationale jusqu’à la fin de la législature. Concernant la notion de position éligible, elle correspond à un classement sur la liste suffisant pour obtenir un siège selon les prévisions de vote, étant entendu qu’un candidat plus mal placé peut ultérieurement devenir sénateur en cas de démission ou de désistement d’un élu de sa liste.