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mardi 15 septembre 2026
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Ukraine : le président Volodymyr Zelensky limoge le procureur général Ruslan Kravchenko

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Ukraine : le président Volodymyr Zelensky limoge le procureur général Ruslan Kravchenko
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L’essentiel
  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a révoqué par décret le procureur général Ruslan Kravchenko le 14 septembre.
  • Cette éviction fait suite à l’« Opération Carthage », une enquête sur la protection présumée de réseaux d’escroqueries téléphoniques en échange de pots-de-vin.
  • Le procureur sortant rejette les accusations et lance une contre-attaque judiciaire visant les dirigeants des agences anti-corruption NABU et SAPO.
  • Le Parlement ukrainien doit se prononcer sur la validation finale de cette destitution lors d’un vote prévu le 16 septembre.

Une destitution présidentielle sur fond de crise d’État

Ukraine : le président Volodymyr Zelensky limoge le procureur général Ruslan Kravchenko

Le paysage politique et judiciaire ukrainien traverse une secousse majeure. Le chef de l’État, Volodymyr Zelensky, a pris une décision radicale en signant le décret de limogeage officiel du procureur général Ruslan Kravchenko. L’acte de révocation, immédiatement publié sur le portail internet de la présidence, a été accompagné d’une déclaration particulièrement ferme sur les réseaux sociaux. Via son canal Telegram, le président ukrainien a affirmé sans détours que la démission représentait la seule issue possible pour le haut magistrat, précisant lui avoir signifié cette exigence en personne. Face aux accusations de pressions politiques formulées par l’entourage du procureur démis, le chef de l’État a rétorqué que l’Ukraine était pleinement consciente des motivations réelles de cette décision et que l’intéressé était libre de qualifier cette mesure de politique s’il le souhaitait. Cette prise de position publique et tranchée de Volodymyr Zelensky témoigne d’une volonté d’afficher une tolérance zéro face aux dysfonctionnements des institutions judiciaires de premier plan. Pour finaliser cette procédure de destitution, le président a formellement exhorté le Parlement ukrainien à agir avec la plus grande célérité, ouvrant la voie à une session législative décisive.

Les ramifications de l’« Opération Carthage » et la piste des centres d’appels

La chute de Ruslan Kravchenko trouve ses racines dans une enquête d’envergure menée dans le plus grand secret. Baptisée « Opération Carthage », cette procédure est pilotée conjointement par le Bureau national anti-corruption d’Ukraine (NABU) et le Bureau spécial anti-corruption (SAPO). Les investigations portent sur l’existence d’une organisation criminelle complexe spécialisée dans la gestion de réseaux d’escroqueries en ligne et de centres d’appels frauduleux. Selon les éléments du dossier, ces établissements auraient pu fonctionner en toute impunité et sans aucune entrave administrative ou judiciaire grâce au versement régulier de pots-de-vin à de hauts responsables de la justice, incluant des membres du bureau du procureur général. L’affaire a connu une accélération dramatique lors d’une perquisition nocturne spectaculaire menée directement au sein des bureaux du procureur général par les agents du NABU et du SAPO. Ce coup de filet au cœur même du pouvoir judiciaire a contraint Ruslan Kravchenko à présenter sa démission dès le lendemain de l’intervention, marquant le début d’une guerre institutionnelle ouverte. Malgré cette démission forcée, le magistrat n’a cessé de clamer son innocence, affirmant que les accusations d’implication dans ce système de corruption étaient totalement dénuées de fondement matériel.

La contre-offensive judiciaire et les accusations de Ruslan Kravchenko

Loin de se murer dans le silence, le procureur sortant a lancé une vaste contre-attaque judiciaire visant directement le sommet des agences anti-corruption qui l’ont déstabilisé. Ruslan Kravchenko a officiellement signé une notification de soupçons d’irrégularités à l’encontre de Semen Kryvonos, le directeur exécutif du NABU. Il l’accuse formellement d’avoir falsifié des documents officiels de l’État dans le but de réaliser des profits illicites d’une ampleur exceptionnelle. Ne s’arrêtant pas là, l’ancien procureur a également visé un proche collaborateur d’Oleksandr Klymenko, le chef de file du SAPO. Selon Kravchenko, ce collaborateur aurait exercé des pressions directes et illégitimes sur des juges siégeant à la Haute Cour anticorruption de l’Ukraine, leur offrant des avantages indus en échange de décisions favorables, tout en aidant par ailleurs des individus à échapper à la mobilisation militaire obligatoire. Pour Ruslan Kravchenko, ces accusations d’irrégularités majeures au sein même des services d’enquête constituent la cause réelle de la perquisition subie par ses services, qu’il qualifie de manœuvre de diversion. Selon sa version des faits, l’Opération Carthage n’aurait eu pour but réel que d’accéder à des documents confidentiels compromettants pour le NABU et le SAPO et de stopper les procédures de contrôle en cours.

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Un bras de fer institutionnel majeur aux lourdes conséquences politiques

Face à ces accusations d’une extrême gravité, la réplique des agences anti-corruption ne s’est pas fait attendre, illustrant la fracture profonde qui divise l’appareil d’État ukrainien. Les représentants du NABU ont immédiatement réagi en affirmant que leur directeur, Semen Kryvonos, n’avait reçu aucune notification officielle de crimes ou d’irrégularités. L’agence a vigoureusement dénoncé la sortie publique de Ruslan Kravchenko, la qualifiant de énième épisode d’une campagne systématique orchestrée pour nuire à la crédibilité et à l’indépendance des instances anti-corruption du pays. Ce conflit ouvert au sommet de l’État intervient dans un contexte politique national crucial, où la transparence des institutions fait l’objet d’un examen minutieux. Alors que la Verkhovna Rada s’apprête à voter le 16 septembre sur la destitution définitive du procureur général, l’issue de ce bras de fer reste incertaine. Cette crise ouverte entre le parquet général d’un côté et le couple NABU-SAPO de l’autre met en lumière les tensions structurelles intenses qui caractérisent la gouvernance et le contrôle de l’appareil judiciaire ukrainien en période de guerre.

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Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

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