- Les électeurs suédois sont appelés aux urnes le dimanche 13 septembre 2026 pour renouveler les 349 sièges du Riksdag, ainsi que leurs représentants régionaux et municipaux.
- Selon un sondage Novus, la coalition de gauche d’opposition obtiendrait 50,3 % des intentions de vote, contre 47,9 % pour l’alliance de droite sortante d’Ulf Kristersson.
- Le parti nationaliste des Démocrates de Suède (SD), dirigé par Jimmie Åkesson, pourrait entrer directement au gouvernement pour la première fois en cas de victoire de la droite.
- La coalition gouvernementale est déstabilisée par des révélations concernant une collaboratrice du SD soupçonnée de liens étroits avec le Kremlin.
Le contexte du scrutin et l’équilibre des forces
Le dimanche 13 septembre 2026, un peu plus de huit millions de Suédois se rendront aux urnes pour un triple scrutin législatif, régional et municipal. L’enjeu majeur réside dans le renouvellement des 349 membres du Riksdag, le Parlement monocaméral du pays, dont la composition détermine la couleur du futur gouvernement. Les dernières enquêtes d’opinion prévoient une issue particulièrement serrée entre les deux grands blocs politiques du pays. La coalition de gauche menée par l’opposition devance d’une courte tête la majorité sortante dans les dernières enquêtes d’opinion. Selon un sondage de l’institut Novus réalisé entre le 1er et le 5 septembre pour la chaîne suédoise TV4 News, l’alliance d’opposition de gauche recueille 50,3 % des intentions de vote. En face, la coalition de droite sortante, dirigée par le Premier ministre conservateur Ulf Kristersson, est créditée de 47,9 %, un écart infime qui s’est réduit au fil des jours.
L’enjeu d’une participation inédite de l’extrême droite au pouvoir
Au-delà de la simple alternance, ce scrutin pourrait marquer un tournant historique pour la direction politique de la Suède. Le Premier ministre sortant, Ulf Kristersson, a en effet exprimé son souhait d’intégrer formellement le parti des Démocrates de Suède (SD) au sein d’un éventuel futur gouvernement de coalition. Depuis les élections de 2022, cette formation politique d’extrême droite, menée par Jimmie Åkesson, soutient la majorité sans y participer directement, dans le cadre de l’accord de Tidö signé avec les Modérés, les Chrétiens-démocrates et les Libéraux. Pour la première fois de l’histoire politique suédoise, les Démocrates de Suède pourraient obtenir des portefeuilles ministériels directs. Cet accord de soutien externe leur octroyait déjà une influence considérable sur les orientations nationales, notamment en matière de contrôle de l’immigration, de lutte contre la criminalité, de choix énergétiques et d’arbitrages budgétaires.
Les chiffres clés de la dynamique électorale
La trajectoire des Démocrates de Suède illustre leur ancrage progressif dans le paysage politique national. Fondé en 1988 et issu à l’origine de groupuscules néonazies et suprémacistes blanches, le parti a lissé son image sous l’impulsion de Jimmie Åkesson pour devenir incontournable. Lors des élections législatives de 2022, la formation s’était hissée à la deuxième place nationale en réunissant 20,54 % des suffrages exprimés. Le Parti social-démocrate conserve sa position de première force politique du pays avec 27 % des intentions de vote. Selon la dernière enquête de l’institut Novus publiée le 7 septembre, le SD se maintient à un niveau élevé avec 19,7 % des intentions de vote, consolidant sa place de deuxième force politique nationale juste derrière les sociaux-démocrates d’opposition.
À lire aussi Maroc : des élections législatives sous le signe des tensions sociales et politiques
Un scandale de relations avec Moscou au cœur de la campagne
La fin de la campagne électorale a été fortement perturbée par des révélations relatives à la sécurité nationale et à des soupçons d’ingérence étrangère. Le magazine d’investigation suédois Expo a révélé début septembre qu’une employée des Démocrates de Suède, Polina Malaberg, entretiendrait des liens suivis avec les autorités russes. Active depuis une décennie dans la diffusion de propagande pro-Kremlin sur les réseaux sociaux, elle avait notamment défendu l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Les révélations de liens présumés entre une collaboratrice de l’extrême droite et le pouvoir russe bousculent la fin de campagne. L’affaire est jugée d’autant plus sérieuse que l’intéressée a eu accès à des dossiers confidentiels, et que son compagnon, Gustav Gellerbrant, dirige le bureau de coordination du SD au sein même du gouvernement, assurant l’interface quotidienne avec la coalition au pouvoir.
Les répercussions politiques immédiates
La révélation de ces ramifications russes au sommet de l’appareil d’État a immédiatement suscité de vives condamnations de la part de l’opposition de gauche. Magdalena Andersson, la chef de file du Parti social-démocrate, est montée au créneau pour dénoncer les risques de sécurité et remettre en question la viabilité d’une telle alliance de gouvernement. Cette polémique place la coalition sortante dans une situation inconfortable, contraignant les partis modérés et libéraux à justifier leur partenariat avec une formation mise en cause pour sa perméabilité aux influences de Moscou. Cette controverse pourrait fragiliser la dynamique de la coalition de droite à l’approche du vote décisif de dimanche. Dans un scrutin où chaque voix comptera pour atteindre le seuil de majorité au Riksdag, l’impact de ce dossier sur les électeurs indécis s’annonce déterminant.