- Lors de sa rentrée politique à Hénin-Beaumont, la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, a dévoilé son projet sur le logement en vue de l’élection présidentielle de 2027.
- La mesure phare consiste à instaurer une « priorité nationale » pour l’accès aux logements sociaux et aux aides personnalisées au logement (APL).
- Le programme prévoit également l’abrogation de la loi SRU et du dispositif « zéro artificialisation nette » (ZAN), ainsi que la suppression des diagnostics de performance énergétique (DPE).
Le logement comme axe stratégique pour l’élection présidentielle de 2027

À l’occasion de sa rentrée politique dans son fief d’Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen a posé les jalons de sa prochaine campagne présidentielle en plaçant la politique du logement au centre de ses priorités. Ce choix thématique répond à une volonté de structurer son projet autour d’un sujet quotidiennement partagé par les citoyens, touchant à la fois au pouvoir d’achat, à la sécurité et à l’organisation territoriale. Dans son discours, la cheffe de file du Rassemblement national a présenté ce dossier comme l’un des chantiers cardinaux de son potentiel quinquennat, insistant sur l’importance symbolique et matérielle de la propriété individuelle. Marine Le Pen a fait du logement l’un des piliers majeurs de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Selon sa vision, l’échéance de 2027 représentera un choix décisif entre l’immobilisme administratif et un sursaut national capable de transformer en profondeur la manière dont les Français habitent et vivent dans leur pays. Ce positionnement offensif s’inscrit dans une stratégie de saturation de l’espace médiatique, où les débats de société et d’économie sont mobilisés pour imposer un duel politique face aux autres forces en présence.
La priorité nationale appliquée au parc social et aux prestations
La proposition la plus emblématique du volet logement repose sur l’introduction de la « priorité nationale », un concept que la candidate qualifie de droit fondamental. Ce principe se traduirait de manière concrète par des réformes structurelles dans l’attribution des logements sociaux et le versement des allocations de solidarité. Marine Le Pen prévoit ainsi d’accorder une priorité d’accès systématique aux citoyens français pour l’obtention d’un logement HLM, tout en affirmant que cette mesure s’appliquera sans distinction d’origine, de religion ou de couleur de peau. En parallèle, l’accès aux aides personnelles au logement (APL) serait strictement réservé aux personnes détenant la nationalité française. La candidate souhaite réserver les aides personnalisées au logement et prioriser l’attribution des habitations à loyer modéré aux citoyens français. Cette approche marque une rupture nette avec la législation contemporaine, qui fonde l’attribution des aides et des logements sociaux sur des critères de ressources et de vulnérabilité sociale pour l’ensemble des résidents réguliers. Pour défendre cette mesure controversée, la représentante du Rassemblement national soutient qu’il s’agit d’une pratique courante à l’échelle internationale, la qualifiant de mesure de bon sens pour assurer la protection des nationaux.
Une réformation globale du modèle de gestion des HLM et de la construction
Pour modifier en profondeur l’organisation du logement social, le programme présidentiel s’attaque directement aux cadres législatifs existants. Marine Le Pen annonce vouloir abroger la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), qui impose actuellement aux communes des seuils obligatoires de logements sociaux sous peine de pénalités financières. À cette mesure s’ajoute la volonté de permettre la vente d’une partie du parc social existant à ses occupants actuels, afin d’élargir le nombre de propriétaires individuels au sein des classes populaires. En matière de sécurité et d’ordre public, le projet intègre un volet répressif prévoyant l’expulsion systématique des familles de délinquants des logements locatifs sociaux. Le projet du Rassemblement national prévoit d’abroger la loi SRU tout en autorisant la vente de logements sociaux à leurs occupants. Pour compenser la baisse potentielle de l’offre locative publique et stimuler la construction, Marine Le Pen propose un mécanisme de compensation par lequel l’État ou les collectivités mettraient gratuitement des terrains publics à disposition des promoteurs privés, exigeant de ces derniers, en contrepartie, l’édification de milliers de logements neufs à loyers modérés.
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Simplification administrative et révision des normes environnementales
Le dernier grand volet de ce programme de rupture concerne la simplification des règles d’urbanisme et la suppression de plusieurs normes environnementales jugées punitives ou contre-productives. La candidate du Rassemblement national cible particulièrement le dispositif de réduction de la consommation d’espaces naturels, connu sous le nom de « zéro artificialisation nette » (ZAN), qu’elle considère comme un frein idéologique au développement des territoires. De la même manière, elle prône l’arrêt de la politique actuelle d’évaluation énergétique des bâtiments, qualifiant les diagnostics de performance énergétique (DPE) de système absurde dépréciant la valeur des patrimoines privés. Pour relancer la construction et simplifier les transactions, Marine Le Pen propose de supprimer le dispositif ZAN et de mettre fin aux diagnostics de performance énergétique actuels. À la place des dispositifs de subvention actuels comme MaPrimeRénov’, le programme suggère d’instaurer un prêt à taux zéro globalisé sous l’appellation de « 100 % rénov ». Afin de répondre à la pénurie d’habitations dans les centres urbains sans empiéter sur les zones rurales, une politique de requalification des immeubles de bureaux inoccupés en espaces d’habitation à l’année est également préconisée.