- Selon une enquête BVA-Cesi d’opinion publique, seule une personnalité parmi sept testées surpasse Marine Le Pen sur la stature présidentielle.
- L’ancien Premier ministre Édouard Philippe devance la leader du Rassemblement national de deux points d’écart.
- Malgré une dédiabolisation en cours, 66 % des Français estiment que l’entourage de la candidate conserve des convictions extrémistes.
- La crédibilité budgétaire reste un point faible avec 60 % d’opinions négatives sur la faisabilité des réformes économiques du RN.
Le duel à distance pour l’Élysée en 2027

À quelques mois de l’échéance présidentielle de 2027, les projections d’opinion se précisent autour des principales figures de la scène politique française. Une enquête d’opinion menée par l’institut BVA-Cesi les 9 et 10 septembre 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes met en lumière le positionnement de Marine Le Pen face à ses potentiels rivaux. Confrontée à sept personnalités politiques majeures de la majorité sortante, de la droite et de la gauche, la triple candidate du Rassemblement national s’impose comme une figure centrale de cette pré-campagne. L’ancien Premier ministre Édouard Philippe apparaît comme l’unique personnalité testée capable de surpasser Marine Le Pen en termes de stature présidentielle, bénéficiant d’une avance de deux points sur sa rivale. Qu’il s’agisse de Gabriel Attal, représentant de l’aile centrale, de Bruno Retailleau pour la droite républicaine, ou de Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon à gauche, aucun ne parvient à devancer la députée du Pas-de-Calais dans les confrontations directes sur l’aptitude à exercer la fonction suprême.
La stratégie de normalisation du Rassemblement national face à l’opinion
Ce sondage met en exergue une évolution significative de la perception du Rassemblement national (RN) par l’électorat français. La stratégie de dédiabolisation engagée depuis plusieurs années par Marine Le Pen semble franchir des paliers symboliques importants dans l’opinion publique. Ainsi, une majorité de 56 % des personnes interrogées estime désormais que le parti se montre moins extrémiste que par le passé. Sur les thématiques fondamentales du mouvement, l’adhésion aux propositions reste forte : 64 % des sondés estiment que le parti a raison de mettre en avant le concept de « préférence nationale », tandis que 53 % pensent que le RN est en mesure de rétablir l’ordre dans le pays. De plus, la moitié des répondants (50 %) accorde au mouvement la supériorité de ses propositions concernant l’immigration et la gestion de l’islam. La stratégie de normalisation initiée par le Rassemblement national semble porter ses fruits auprès d’une majorité de Français sur les thèmes de la sécurité et de l’immigration. Ces données confirment la consolidation de la base idéologique du RN auprès de pans plus larges de la population.
Les freins persistants : extrémisme et scepticisme économique
Toutefois, l’accès à l’Élysée reste pavé d’obstacles structurels pour la candidate nationaliste, qui suscite encore d’importantes réticences. L’enquête met en lumière des doutes persistants quant à la nature profonde de son entourage politique et de son programme économique. Une large majorité de Français, soit 66 %, considère en effet que de nombreuses personnes gravitant autour de Marine Le Pen continuent de défendre des opinions extrémistes. Ce chiffre souligne que la mue du parti n’est pas encore pleinement intégrée ou acceptée par les deux tiers de la population. Sur le plan de la crédibilité gouvernementale, 60 % des personnes interrogées jugent que les promesses économiques formulées par le RN s’avèrent impossibles à tenir en cas d’accession au pouvoir. La crédibilité programmatique de Marine Le Pen bute encore sur de fortes réserves concernant la solidité de ses propositions économiques et la persistance d’idées radicales dans son sillage. En somme, si elle incarne une volonté de changement, elle ne convainc pas encore une majorité de citoyens sur sa solidité internationale, économique et environnementale.
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La gauche en retrait face à l’hypothèse d’un second tour
À gauche de l’échiquier politique, la situation apparaît particulièrement complexe au vu de cette enquête. L’opposition frontale avec Jean-Luc Mélenchon tourne nettement à l’avantage de la leader du Rassemblement national. Interrogés sur l’aptitude présidentielle des deux figures, 42 % des sondés estiment que Marine Le Pen ferait une meilleure présidente que le fondateur de La France insoumise, marquant un écart net entre ces deux blocs d’opposition. Face aux divisions de la gauche et à la domination de Marine Le Pen sur ses représentants traditionnels, la question d’une candidature alternative de rassemblement reste entière. Dans ce contexte de fragmentation, le positionnement de personnalités non testées dans cette configuration précise, à l’instar de l’ancien président François Hollande, demeure un élément d’incertitude majeur pour l’équilibre du premier tour. La rentrée politique s’annonce cruciale pour l’ensemble de ces acteurs, Marine Le Pen étant notamment attendue à Hénin-Beaumont pour un discours visant à poursuivre ses efforts d’arrondissement des angles et de présidentialisation.