- À sept mois de l’échéance présidentielle, les figures de proue du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella, enregistrent une baisse de popularité de 4 et 5 points.
- Dans le camp de la majorité sortante et de la droite, Edouard Philippe (-3 pts) et Bruno Retailleau (-6 pts) s’inscrivent également dans une dynamique de reflux.
- À gauche, Raphaël Glucksmann est la seule personnalité du peloton de tête à progresser légèrement (+1 pt) avant l’ouverture de la primaire sociale-démocrate.
Un paysage politique en mutation à l’aube de 2027
À mesure que le calendrier électoral se resserre, le climat politique français semble entrer dans une phase de recomposition ou, à tout le moins, de doutes chez les électeurs. Le dernier baromètre d’opinion réalisé par l’institut Odoxa et Mascaret les 23 et 24 septembre 2026 met en lumière une érosion généralisée de la cote d’adhésion des principaux prétendants à l’Élysée. Cette enquête intervient dans un contexte de forte tension sociale liée notamment à l’envolée des prix de l’énergie et des carburants, qui semble peser sur l’ensemble de la classe politique traditionnelle. Alors que la course à la magistrature suprême s’intensifie, le traditionnel trio de tête voit ses marges s’effriter, signe d’une possible lassitude ou d’une exigence accrue des citoyens face aux solutions proposées par les différentes formations.
Le Rassemblement national marque le pas malgré sa domination
Malgré un recul significatif ce mois-ci, le bloc nationaliste conserve une avance confortable dans l’opinion. Marine Le Pen et Jordan Bardella affichent tous deux un score de 35 % d’opinions favorables, mais perdent respectivement 4 et 5 points par rapport à la précédente mesure. Ce reflux est notable pour le président du RN qui, bien que restant la personnalité préférée des Français avec sa collègue, subit une correction après plusieurs mois de stabilité. Il apparaît que la stratégie de normalisation du parti et sa position de favori pour le second tour de 2027 ne le protègent plus d’une baisse de popularité conjoncturelle. Le mouvement semble toucher l’ensemble de son socle, bien que les intentions de vote futures puissent différer de cette simple mesure de sympathie. Le Rassemblement national doit désormais composer avec une image qui s’érode légèrement à l’approche de débats plus programmatiques.
Décrochage inquiétant pour le bloc central et la droite républicaine
La situation est plus complexe pour les héritiers de la majorité présidentielle et la droite traditionnelle. Edouard Philippe, avec 27 % d’opinions favorables, recule de 3 points. Cette baisse s’inscrit dans une tendance plus longue : depuis mai 2025, le maire du Havre a perdu un total de 10 points, fragilisant son statut de recours naturel du centre-droit. À ses côtés, Gabriel Attal subit une baisse identique pour s’établir à 25 %. La droite républicaine n’est pas épargnée, bien au contraire. Bruno Retailleau, président des Républicains (LR) et candidat déclaré, chute lourdement de 6 points pour atteindre 20 % d’opinions favorables. Ce décrochage exclut le sénateur de Vendée du quinté de tête des personnalités politiques pour la première fois depuis plus d’un an. Il subit désormais la concurrence directe de David Lisnard, qui a quitté LR après les municipales de 2026 pour mener sa propre barque élyséenne et qui recueille 14 % d’approbation. Cette fragmentation à droite et au centre pourrait peser lourd lors du premier tour si aucune dynamique d’union ne se dessine.
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La gauche sociale-démocrate en pleine préparation de sa primaire
À gauche, le paysage est dominé par la préparation de la primaire sociale-démocrate. Dans ce cadre, Raphaël Glucksmann tire son épingle du jeu. Il est le seul, parmi les dix premières personnalités du classement, à enregistrer une hausse de sa cote de popularité (+1 point, à 20 %). Chez les seuls sympathisants de gauche, il culmine à 38 % d’adhésion, confirmant son statut de favori pour le scrutin interne. Les autres candidats à la primaire, tels qu’Olivier Faure (11 %) ou Ségolène Royal (16 %), peinent pour l’instant à créer une dynamique comparable auprès du grand public. L’enquête souligne également l’entrée en lice de figures moins connues comme Jérôme Guedj (8 %) et Emmanuel Maurel (4 %), dont la notoriété reste à construire durant la campagne. Toutefois, l’ombre de François Hollande plane toujours sur ce camp : avec 22 % d’opinions favorables (et 42 % à gauche), l’ancien président reste plus populaire que les candidats officiels, représentant une potentielle force de déstabilisation pour le vainqueur futur de la primaire.
Analyse méthodologique et climat d’impopularité de l’exécutif
Le baromètre met également en évidence une déconnexion profonde entre l’exécutif et la population. Emmanuel Macron atteint un record d’impopularité avec 82 % d’opinions défavorables, sur fond de grogne persistante sur le pouvoir d’achat. Cette enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 1 005 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées par internet les 23 et 24 septembre 2026. La marge d’erreur, estimée à environ 2,5 points pour un score de 20 %, invite à la prudence sur les évolutions les plus ténues, mais confirme les tendances lourdes pour les favoris. Ces résultats, à sept mois du scrutin, dessinent une élection où aucun candidat ne semble encore bénéficier d’une dynamique d’adhésion irrésistible, laissant présager une campagne particulièrement ouverte et incertaine dans les mois à venir.