- La commission des finances de l’Assemblée nationale se réunira le jeudi 1er octobre 2026 à 16h45.
- Les ministres Roland Lescure (Économie) et David Amiel (Comptes publics) seront entendus par les députés.
- L’audition portera sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, sous réserve de son dépôt officiel.
- Ce rendez-vous marque le coup d’envoi du contrôle parlementaire sur les futures orientations budgétaires de l’État.
Un rendez-vous institutionnel majeur pour le budget de l’État

Le calendrier institutionnel français s’apprête à franchir une étape décisive avec l’ouverture des débats sur le budget de l’État pour l’exercice à venir. Le jeudi 1er octobre 2026, à 16h45, la commission des finances de l’Assemblée nationale procédera à l’audition conjointe de Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, et de David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics. Cette séance s’inscrira dans le cadre de la présentation du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, un document stratégique qui détermine les recettes et les dépenses de la Nation pour l’année suivante. L’examen du projet de loi de finances constitue chaque automne le rendez-vous législatif le plus stratégique pour le gouvernement et la représentation nationale. À travers cet exercice, l’exécutif doit non seulement traduire ses choix politiques en prévisions chiffrées, mais aussi obtenir le consentement à l’impôt et l’approbation des crédits par les parlementaires, conformément aux principes démocratiques fondamentaux.
Deux ministres de premier plan face à la commission des finances
L’audition réunira les deux figures de proue de l’administration de Bercy, dont les portefeuilles respectifs couvrent l’intégralité du spectre économique et financier du pays. D’un côté, Roland Lescure apportera l’éclairage macroéconomique, détaillant les prévisions de croissance, l’évolution de l’inflation et la stratégie de réindustrialisation. De l’autre, David Amiel présentera la ventilation technique des crédits, la trajectoire des finances publiques et les mesures d’économie envisagées pour contenir la dette souveraine. Les ministres Roland Lescure et David Amiel devront défendre les choix macroéconomiques et les priorités de dépenses retenus par l’exécutif devant les députés. Face à eux, les membres de la commission des finances, issus de l’ensemble des groupes politiques de l’Assemblée nationale, s’attacheront à décortiquer chaque ligne budgétaire. Ce face-à-face s’annonce particulièrement rigoureux, la commission des finances disposant de pouvoirs étendus d’investigation et de contrôle sur pièces et sur place pour vérifier le bon usage des deniers publics.
Le calendrier rigoureux de l’examen budgétaire
Cette audition parlementaire est conditionnée par le dépôt officiel préalable du texte par le gouvernement sur le bureau de l’Assemblée nationale. Traditionnellement, le projet de loi de finances est présenté en Conseil des ministres à la fin du mois de septembre, respectant ainsi les obligations de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF). Ce texte fondamental impose que le budget de l’année à venir soit déposé au Parlement au plus tard le premier mardi d’octobre. La présentation du budget respecte un calendrier constitutionnel extrêmement strict, encadré par la loi organique relative aux lois de finances. Une fois le projet officiellement déposé, les députés et les sénateurs disposent d’un délai global de 70 jours pour examiner, amender et voter le texte. Si le Parlement ne s’est pas prononcé dans ce délai constitutionnel, les dispositions du projet de loi peuvent être mises en vigueur par ordonnance, une situation exceptionnelle que le gouvernement cherche à éviter en favorisant un débat approfondi.
À lire aussi Alpes-de-Haute-Provence : les priorités de David Gehant pour Forcalquier et l’association des maires
Les enjeux croisés de la souveraineté et de la discipline budgétaire
Le projet de loi de finances pour 2027 devra répondre à une double exigence souvent difficile à concilier : le financement des investissements d’avenir et le respect de la trajectoire budgétaire nationale. D’une part, les ambitions de souveraineté industrielle et de transition énergétique portées par le ministère de Roland Lescure nécessitent des investissements massifs pour moderniser l’appareil productif du pays. D’autre part, la maîtrise du déficit public et la soutenabilité de la dette, sous la supervision de David Amiel, imposent une sélectivité stricte des dépenses de l’État. L’arbitrage entre le soutien à la réindustrialisation et la maîtrise rigoureuse du déficit public sera au cœur des interrogations des parlementaires. Les députés ne manqueront pas d’interroger les ministres sur l’efficacité des aides publiques aux entreprises, sur l’évolution de la charge de la dette dans un contexte de taux d’intérêt fluctuants, ainsi que sur l’impact social des arbitrages retenus.
Une retransmission publique pour garantir la transparence des débats
Afin de garantir la transparence des travaux législatifs et de permettre aux citoyens de suivre les orientations financières du pays, l’audition du jeudi 1er octobre 2026 sera accessible en direct sur le portail vidéo de l’Assemblée nationale. Cette publicité des débats est essentielle, car elle permet aux observateurs économiques, aux collectivités locales et aux acteurs sociaux de prendre la mesure des réformes envisagées. Les choix budgétaires de l’État ont un impact direct sur le quotidien des Français, qu’il s’agisse de la fiscalité des ménages, du financement des services publics comme la santé ou l’éducation, ou des subventions accordées aux territoires. Cette audition publique permettra d’évaluer les forces en présence au sein d’une Assemblée nationale où les équilibres politiques restent complexes. Les échanges au sein de la commission des finances préfigurent ainsi l’intensité des discussions qui animeront l’hémicycle lors de l’examen en séance publique durant l’automne.