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samedi 3 octobre 2026
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Chantier législatif : l’Assemblée examine la sécurité des infrastructures critiques

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Chantier législatif : l'Assemblée examine la sécurité des infrastructures critiques
Le palais Bourbon, siege de l'Assemblee nationale a Paris. © Ank Kumar · CC BY-SA 4.0
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L’essentiel
  • La commission spéciale de l’Assemblée nationale a publié le 2 octobre 2026 son troisième compte rendu de réunion.
  • Le projet de loi s’inscrit dans la session 2026-2027 de la dix-septième législature.
  • Le texte vise à renforcer la cybersécurité et la protection physique de milliers d’entités d’importance vitale.

Une commission spéciale pour un texte d’envergure nationale

Chantier législatif : l'Assemblée examine la sécurité des infrastructures critiques
Le palais Bourbon, siege de l’Assemblee nationale a Paris. · © Ank Kumar · CC BY-SA 4.0

Le travail législatif autour de la protection des systèmes d’information et des infrastructures physiques franchit une nouvelle étape au Palais-Bourbon. Le vendredi 2 octobre 2026, la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité a déposé son troisième compte rendu de réunion. La constitution d’une commission spéciale, plutôt que le renvoi à une commission permanente comme celle des lois ou de la défense, témoigne de la complexité et de la nature interministérielle de ce texte. La création de cette instance ad hoc souligne la volonté de traiter conjointement la sécurité matérielle et la sécurité numérique des installations stratégiques du pays. Ce texte touche en effet à des compétences multiples, allant de la souveraineté nationale à la sécurité industrielle, en passant par le bon fonctionnement de l’économie numérique. Les parlementaires de la dix-septième législature s’attellent ainsi à un chantier législatif d’ampleur, entamé lors de cette session 2026-2027, pour adapter l’arsenal juridique français aux nouvelles formes de conflictualité et de sabotage.

Le cadre et les défis de la dix-septième législature

Le dépôt de ce troisième document de travail s’inscrit dans un calendrier parlementaire dense pour l’automne 2026. L’examen de ce projet de loi intervient dans un climat international particulièrement tendu, marqué par des cyberattaques récurrentes contre des institutions publiques, des centres hospitaliers et des réseaux d’importance vitale. Les débats s’ouvrent dans un contexte de menaces hybrides accrues, où la frontière entre malveillance informatique et sabotage physique s’estompe de plus en plus. Les législateurs doivent concevoir un cadre d’obligations claires pour les opérateurs publics et privés, tout en veillant à ne pas étouffer les petites et moyennes structures sous le poids de normes administratives excessives. Le rôle de la commission spéciale est précisément d’arbitrer ces questions d’applicabilité, de sanctions en cas de non-respect et de financement des mises aux normes de sécurité, des sujets cruciaux qui divisent traditionnellement les différents groupes politiques de l’Assemblée nationale.

L’alignement nécessaire sur les exigences européennes

Au cœur de ce projet de loi se trouve également la transposition en droit français de deux réglementations majeures adoptées à l’échelle de l’Union européenne : la directive sur la résilience des entités critiques (dite directive CER) et la nouvelle mouture de la directive sur la sécurité des réseaux et de l’information (dite directive NIS 2). Ces deux cadres législatifs continentaux visent à combler les lacunes de sécurité physique et informatique constatées lors des récentes crises internationales. Ce projet de loi doit harmoniser les exigences de sécurité physique et numérique imposées à des milliers de structures d’importance vitale à travers le pays. Les secteurs concernés par ces nouvelles contraintes sont particulièrement vastes, englobant non seulement l’énergie et les transports, mais également la distribution d’eau potable, l’administration publique, le secteur spatial, la santé publique et les infrastructures de télécommunication. La mise en conformité de ces entités, qui se comptent désormais par milliers contre seulement quelques centaines d’Opérateurs d’importance vitale auparavant, suppose un rôle de contrôle considérablement élargi pour l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et pour les directions ministérielles compétentes, dont le budget et les capacités opérationnelles feront sans nul doute l’objet d’âpres négociations budgétaires.

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Le processus d’examen et les prochaines étapes législatives

La publication de ce troisième compte rendu de réunion le 2 octobre 2026 démontre la progression méthodique des travaux parlementaires au sein de la commission spéciale. Cette étape administrative est le prélude indispensable à l’examen en séance plénière au sein de l’hémicycle. Après une phase d’auditions d’experts de la cybersécurité, de représentants industriels et de hauts fonctionnaires de la défense nationale, les députés s’apprêtent à débattre des amendements déposés par les différentes forces politiques. La commission spéciale poursuit ses travaux de concertation et d’amendement afin d’aboutir à un texte de compromis équilibré avant sa présentation en séance publique. Les débats s’annoncent d’ores et déjà complexes, opposant parfois la nécessité de garantir une sécurité nationale inflexible aux réalités financières des collectivités locales et des entreprises de taille intermédiaire, qui devront assumer le coût financier de ces mises aux normes. La suite du parcours législatif verra le texte transmis au Sénat, ouvrant ainsi la voie à une navette parlementaire essentielle pour consolider un consensus national autour de la souveraineté numérique et de la protection des points sensibles du territoire.

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Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

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