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mardi 8 septembre 2026
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Drapeau tricolore à l’école : le maire d’Agde consulte ses administrés

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Drapeau tricolore à l'école : le maire d'Agde consulte ses administrés
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L’essentiel
  • Le maire RN d’Agde, Aurélien Lopez-Liguori, lance une votation citoyenne auprès de près de 30 000 habitants concernant l’instauration d’une cérémonie hebdomadaire du drapeau dans les écoles.
  • Pour contourner les objections du ministère de l’Éducation nationale, la municipalité propose d’organiser ce rituel sur le temps périscolaire (matin, midi ou soir).
  • Cette initiative locale fait écho à celle d’Éric Ciotti à Nice, qui s’est heurtée aux critiques des syndicats enseignants et de l’administration centrale.
  • Parallèlement à ce débat symbolique, la ville d’Agde annonce un plan d’investissement écologique dans ses 14 groupes scolaires pour faire face au réchauffement climatique.

Une consultation populaire inédite sur les symboles nationaux

Le débat sur la présence des symboles républicains au sein des établissements scolaires s’invite de nouveau dans l’arène locale. À Agde, commune côtière de l’Hérault, le maire Rassemblement national (RN) Aurélien Lopez-Liguori a choisi de donner la parole directement à ses administrés sur cette question hautement politique. Depuis le lundi 7 septembre et jusqu’au 1er octobre, près de 30 000 habitants sont invités à se prononcer via une plateforme en ligne spécialement conçue par les services municipaux. La question posée aux électeurs locaux est sans ambiguïté : « Voulez-vous que le drapeau tricolore soit hissé le lundi, baissé le vendredi, devant tous les élèves qui chanteront la Marseillaise ? ». Cette votation citoyenne vise à légitimer par la voie démocratique locale une mesure qui suscite déjà de vifs débats au niveau national. En plaçant les citoyens au cœur de la décision, la municipalité d’Agde tente d’asseoir une légitimité populaire forte pour contourner les oppositions administratives habituelles. Selon l’édile, les premiers retours des parents d’élèves rencontrés lors de la rentrée scolaire se montreraient particulièrement réceptifs à cette proposition.

L’alternative périscolaire pour contourner le cadre national

L’initiative d’Agde s’inscrit dans le sillage de celle lancée récemment à Nice par Éric Ciotti. Le député des Alpes-Maritimes avait en effet annoncé l’équipement progressif des écoles primaires niçoises en mâts et en drapeaux tricolores, assorti d’une levée des couleurs hebdomadaire. Toutefois, cette démarche s’est immédiatement heurtée à une fin de non-recevoir de la part du ministère de l’Éducation nationale. Édouard Geffray, alors directeur général de l’enseignement scolaire, a rappelé qu’un tel rituel ne pouvait être instauré de manière unilatérale par une municipalité durant les heures d’enseignement obligatoire. Pour surmonter cet obstacle juridique et réglementaire, la mairie d’Agde a élaboré une solution technique spécifique. Le rituel civique proposé à Agde serait exclusivement organisé sur le temps périscolaire, un créneau sous la responsabilité directe de la commune. Plusieurs créneaux horaires sont ainsi actuellement à l’étude : à 8h25 juste avant l’ouverture des grilles, durant la pause de la mi-journée avant le passage à la cantine, ou encore en fin d’après-midi lors de la sortie des classes. Le dispositif proposé s’appliquerait aux sept écoles primaires publiques d’Agde, tandis que les trois établissements d’enseignement privé sous contrat de la commune seraient libres d’adopter ou non la mesure, selon la décision souveraine de leurs chefs d’établissement respectifs.

Un débat politique sur l’apprentissage du patriotisme

Au-delà de la méthode, cette consultation pose la question fondamentale du rôle de l’école dans l’éveil du sentiment national et républicain. Pour le maire Aurélien Lopez-Liguori, ancien député RN élu en mars dernier, la transmission des valeurs patriotiques ne doit pas se cantonner aux seuls manuels scolaires d’instruction civique. L’édile estime que l’amour de la patrie et l’apprentissage des hymnes nationaux s’inscrivent naturellement dans le prolongement de l’éducation citoyenne dispensée en classe. Selon lui, « on ne naît pas patriote, on le devient ». Cependant, cette vision suscite d’importantes réserves de la part des organisations syndicales d’enseignants et des représentants de parents d’élèves au niveau local et national. Plusieurs collectifs dénoncent ce qu’ils qualifient d’instrumentalisation politique de l’institution scolaire à des fins idéologiques. Les opposants soulignent que le rôle de l’école publique est de former des citoyens éclairés par l’esprit critique et l’acquisition des savoirs fondamentaux plutôt que par des rituels patriotiques formalisés, d’autant que le caractère volontaire ou obligatoire de la participation des élèves sur le temps périscolaire reste à clarifier juridiquement.

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Des investissements thermiques et environnementaux pour les écoles d’Agde

En marge de cette consultation très médiatisée sur les symboles nationaux, la municipalité d’Agde doit également répondre à des problématiques matérielles urgentes au sein de ses infrastructures scolaires. Les quatorze groupes scolaires de la ville font face aux défis croissants posés par le dérèglement climatique, particulièrement sensible dans le sud de la France. Le maire a ainsi déploré un déficit d’investissements passés concernant l’adaptation des bâtiments scolaires aux vagues de chaleur estivales. Pour y remédier, la mairie annonce la mise en œuvre d’un « grand plan clim », prévoyant notamment la végétalisation progressive des cours de récréation afin de créer des îlots de fraîcheur pour les enfants. La rénovation thermique des bâtiments débutera au printemps 2027 avec un premier groupe scolaire pilote, avant de s’étendre à deux autres établissements durant le mandat municipal actuel. Ce volet technique répond à une préoccupation concrète des équipes pédagogiques et des parents d’élèves, alors que les périodes de fortes chaleurs se multiplient en fin d’année scolaire. L’édile a d’ailleurs regretté le calendrier fixé par l’Éducation nationale, soulignant la difficulté pour les enseignants et les élèves de travailler sous des températures frôlant parfois les 40 degrés jusqu’au début du mois de juillet.

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Écrit par
Claire Vasseur

Suit l'exécutif et les arbitrages de Matignon.

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