- Le candidat républicain Donald Trump propose d’instaurer un crédit d’impôt fédéral pour inciter les studios de cinéma à tourner aux États-Unis.
- Cette mesure vise à endiguer la fuite des productions cinématographiques et télévisuelles vers des pays fiscalement plus attractifs comme le Canada ou le Royaume-Uni.
- L’objectif affiché est de revitaliser l’écosystème économique d’Hollywood et de préserver les emplois techniques de l’industrie du divertissement.
Une initiative pour freiner la délocalisation des tournages américains

Face à l’internationalisation croissante de la production audiovisuelle, l’ancien président américain Donald Trump a formulé une proposition fiscale d’envergure visant à soutenir l’industrie cinématographique nationale. Son projet repose sur l’instauration d’une incitation financière nationale pour encourager les studios de cinéma et de télévision à maintenir ou à relocaliser leurs productions sur le territoire des États-Unis. Donald Trump souhaite mettre en place un crédit d’impôt fédéral pour inciter les studios hollywoodiens à privilégier le territoire américain. Cette annonce intervient dans un contexte de mutation profonde pour le secteur, où les critères de rentabilité supplantent de plus en plus les attaches historiques des studios californiens.
Le mécanisme et l’impact des incitations fiscales étrangères
Depuis plusieurs décennies, le phénomène dit de la délocalisation des tournages préoccupe les professionnels du secteur et les organisations syndicales aux États-Unis. De nombreux longs-métrages et séries télévisées, bien que conçus par des studios américains, sont en réalité tournés hors des frontières nationales. Le recours systématique aux crédits d’impôt par des pays tiers a progressivement affaibli l’attractivité tarifaire des studios traditionnels basés en Californie. Des nations comme le Canada, avec les pôles de Vancouver et Toronto, le Royaume-Uni ou encore certains pays d’Europe de l’Est ont mis en œuvre des incitations fiscales particulièrement agressives, réduisant significativement les coûts de production par rapport à un tournage effectué sur le sol américain.
Une centralisation inédite de l’aide publique au cinéma
La mise en place d’un tel dispositif à l’échelle fédérale marquerait une rupture majeure par rapport à l’organisation actuelle du soutien public à l’audiovisuel outre-Atlantique. Jusqu’à présent, la concurrence fiscale s’exerçait principalement entre les différents États fédérés, à l’image de la Géorgie, de New York ou du Nouveau-Mexique, qui rivalisent d’ingéniosité pour attirer les productions au détriment de la Californie. L’introduction d’un crédit d’impôt national viserait à harmoniser l’offre fiscale américaine afin de faire face collectivement à la concurrence d’autres États souverains. Cette mesure permettrait de simplifier les démarches pour les grands studios et de consolider l’ensemble de la chaîne de valeur sur le territoire américain.
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La défense de l’emploi technique et de la classe moyenne
Au-delà de l’aspect purement artistique, cette proposition revêt une dimension économique et sociale majeure pour les travailleurs de l’industrie du divertissement. Les tournages de grande envergure mobilisent des centaines de techniciens, d’artisans, d’électriciens, de costumiers et de prestataires locaux dont l’activité dépend directement de la localisation physique des plateaux. Le rapatriement des tournages sur le sol national s’inscrit dans une volonté de protéger l’emploi industriel et technique du secteur culturel. En ciblant l’industrie du divertissement, le programme économique républicain applique ses principes traditionnels de relocalisation et de défense du savoir-faire national à un secteur tertiaire hautement stratégique pour le rayonnement international du pays.
Une résonance politique complexe au sein du secteur culturel
Cette proposition fiscale place l’industrie du cinéma au centre d’un débat pragmatique qui dépasse les clivages politiques habituels. Bien que les milieux décisionnels et artistiques d’Hollywood affichent historiquement une sensibilité politique plutôt démocrate, les réalités économiques actuelles du secteur, marqué par une baisse des volumes de production et une restructuration des plateformes de streaming, pourraient rendre cette incitation fiscale attractive. Cette initiative fiscale place l’industrie du cinéma au centre d’un débat économique pragmatique qui transcende les clivages politiques habituels. Pour les syndicats de techniciens, l’essentiel réside avant tout dans la pérennisation des emplois locaux, quelle que soit l’origine politique de la réforme.