- La ministre des Affaires étrangères islandaise, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, a convoqué l’ambassadeur des États-Unis.
- Une carte publiée par Donald Trump montre l’Islande, le Groenland et le Canada sous les couleurs du drapeau américain.
- Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a également fustigé une publication jugée « troublante ».
- Cette crise survient après le vote des Islandais contre la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne.
Une représentation graphique contestée

Les relations diplomatiques entre Reykjavik et Washington traversent une zone de turbulences. La ministre des Affaires étrangères islandaise, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, a officiellement convoqué l’ambassadeur des États-Unis en Islande, Billy Long. Cette décision fait suite à la diffusion sur les réseaux sociaux par l’ancien président américain Donald Trump d’une carte géographique du continent nord-américain. Sur cette illustration, plusieurs territoires souverains, dont l’Islande, le Canada, le Mexique, Cuba et le Groenland, apparaissent intégralement recouverts par les étoiles et les bandes du drapeau des États-Unis. Le ministère islandais des Affaires étrangères a promptement réagi auprès de la chaîne locale RUV, qualifiant cette publication de « tout à fait inappropriée ». Cette démarche témoigne de la volonté de Reykjavik de faire respecter scrupuleusement sa souveraineté nationale face à des représentations cartographiques jugées offensantes.
Une coïncidence temporelle avec l’Union européenne
Le partage de cette carte par Donald Trump est intervenu le jour même d’un déplacement hautement symbolique en Europe du Nord. En effet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est rendue au Groenland pour y officialiser un plan d’investissement d’envergure d’un montant de 200 millions d’euros. Cette coïncidence de calendrier souligne la rivalité d’influence croissante dans la région arctique, un espace stratégique majeur sur les plans militaire et économique. L’annonce de ce soutien financier européen s’inscrit dans une dynamique de renforcement des liens entre Bruxelles et les territoires nordiques, au moment précis où l’ancien président américain affiche des ambitions territoriales et symboliques déconcertantes pour ses alliés traditionnels.
La question européenne au cœur des débats islandais
Cet incident intervient dans un contexte politique interne particulièrement délicat pour l’Islande. Le pays a récemment voté contre la reprise des négociations en vue d’une adhésion à l’Union européenne. Ce référendum, initialement programmé pour l’année 2027, a été anticipé par les autorités de Reykjavik à la suite des déclarations répétées de Donald Trump concernant ses ambitions sur le Groenland voisin. Historiquement, l’Islande avait déposé sa candidature d’adhésion à l’Union européenne en 2009, avant de suspendre les discussions en 2013, principalement en raison de divergences cruciales liées aux quotas et droits de pêche. Bien que le gouvernement islandais ait soutenu qu’une intégration européenne présenterait des avantages géopolitiques indéniables, les électeurs islandais ont rejeté la reprise des négociations lors de cette récente consultation populaire.
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Des réactions indignées dans les pays nordiques
L’indignation suscitée par la publication américaine dépasse les seules frontières de l’Islande. Au Danemark, pays dont le Groenland constitue un territoire autonome, le ministre des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, s’est également fendu d’une critique acerbe, qualifiant l’initiative de Donald Trump de « troublante » et d’« inappropriée ». Cet épisode fait écho à une autre maladresse récente de l’ambassadeur américain en Islande, Billy Long. Cet ancien membre du Congrès avait ironisé sur le fait que l’Islande puisse devenir le 51e État américain, des propos pour lesquels il a dû présenter des excuses officielles. Ces frictions diplomatiques successives illustrent la nervosité des chancelleries nordiques face aux postures géopolitiques américaines non conventionnelles.