- Le maire de Cendras, Sylvain André, dénonce l’occupation récurrente et non autorisée du stade de l’Abbaye.
- L’absence d’aires d’accueil conformes au sein d’Alès Agglomération bloque juridiquement toute possibilité d’expulsion par voie de référé.
- L’élu demande l’inscription de cette problématique à l’ordre du jour du comité des maires de l’intercommunalité ce mardi 8 septembre 2026.
Une installation non autorisée qui perturbe la vie communale
À Cendras, commune du Gard, les tensions s’accentuent autour de la gestion locale de l’accueil des gens du voyage. Le maire de la municipalité, Sylvain André, exprime publiquement son exaspération à la suite de l’installation récente et non concertée d’un groupe sur le terrain annexe du stade de l’Abbaye. Cet espace de jeu, traditionnellement destiné aux activités sportives quotidiennes des enfants et des associations de la commune, se retrouve une nouvelle fois inaccessible pour ses usagers habituels. Au-delà de l’occupation physique du site, l’autorité municipale déplore des raccordements illégaux aux réseaux publics de distribution d’eau potable et d’électricité, opérés sans aucune autorisation ni contrôle de sécurité. Cette occupation récurrente perturbe de manière significative le calendrier des investissements communaux et prive durablement les jeunes usagers de leurs structures de loisirs. En effet, une précédente installation survenue au cours du mois de mai avait déjà lourdement retardé d’autres chantiers indispensables, contraignant la municipalité à repousser l’intervention d’un taupier puis l’aménagement, prévu initialement fin juin, de deux terrains d’entraînement destinés à désengorger la pelouse principale du complexe sportif local.
Une impasse juridique liée au manque d’infrastructures intercommunales
Confronté au mécontentement croissant de ses administrés, qui se manifeste aussi bien sur les réseaux sociaux que directement dans les rues de Cendras, le maire se trouve confronté à une impasse administrative que la population peine parfois à appréhender. Nombre de citoyens réclament en effet le dépôt immédiat d’un référé devant la justice administrative afin d’obtenir une ordonnance d’expulsion. Cependant, la réalité juridique s’avère bien plus complexe en raison des compétences partagées en matière d’aménagement du territoire. L’élu local rappelle qu’il a tenté de négocier directement avec les occupants pour convenir d’un départ volontaire, mais que ces derniers ont refusé de libérer les lieux. Le manque d’aires d’accueil réglementaires à l’échelle de l’intercommunalité paralyse systématiquement les tentatives de recours juridiques lancées par la municipalité de Cendras. Comme la communauté d’agglomération ne respecte pas ses obligations légales en matière de nombre de places d’accueil disponibles sur son territoire, les juges des référés rejettent de manière constante les demandes d’expulsion formulées par les communes du secteur, estimant que la collectivité globale est en situation de carence réglementaire.
Des disparités territoriales marquées au sein d’Alès Agglomération
Cette problématique met en relief les disparités de gestion territoriale au sein même de la communauté d’agglomération d’Alès. La législation impose une répartition équitable et planifiée des aires d’accueil, mais l’état d’avancement des projets varie grandement selon les communes, créant des zones de report pour les installations illicites. Le maire de Cendras pointe directement cette rupture d’égalité devant les charges publiques en dressant un inventaire de la situation des communes limitrophes. Si la ville d’Alès dispose avec l’aire des Tamaris d’un équipement parfaitement en règle avec le schéma départemental, et que Saint-Christol-lez-Alès s’inscrit dans une démarche active de régularisation, d’autres localités accusent un retard persistant. C’est notamment le cas de Saint-Privat-des-Vieux, que Sylvain André considère comme étant toujours en défaut vis-à-vis des exigences de l’État. Cette hétérogénéité dans l’application de la législation nationale concentre la pression sur les communes périphériques qui subissent des occupations de fait sans disposer d’outils légaux de régulation.
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L’exécutif municipal réclame des mesures d’urgence à l’intercommunalité
Face à ce constat de blocage, le maire de Cendras a décidé de rompre la solidarité politique dont il faisait preuve jusqu’ici à l’égard de l’intercommunalité. S’il s’était montré compréhensif le temps que les différentes infrastructures d’accueil soient programmées et construites, l’élu refuse aujourd’hui que sa commune serve de variable d’ajustement à l’inaction collective. Tout en réaffirmant sa position de principe favorable à un accueil digne des gens du voyage dans des espaces aménagés, salubres et adaptés, il réclame désormais un calendrier contraignant pour l’ensemble des maires de l’agglomération. L’enjeu est désormais d’accélérer les prises de décision politiques afin de conformer le territoire à la législation en vigueur. Dans cette optique, Sylvain André a formellement demandé que la question de l’accueil et de l’aménagement des aires soit inscrite à l’ordre du jour du comité des maires d’Alès Agglomération prévu ce mardi 8 septembre 2026. Cette instance de dialogue devra déterminer comment répartir équitablement les responsabilités pour mettre fin à l’enlisement de la situation.