- La candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, rassemble entre 34 % et 36 % d’intentions de vote selon les différents scénarios de premier tour.
- Au centre, Édouard Philippe devance nettement Gabriel Attal et s’installerait en deuxième position s’il était l’unique candidat de sa famille politique.
- À gauche, Jean-Luc Mélenchon progresse pour atteindre entre 15 % et 17 % d’intentions de vote, devançant Raphaël Glucksmann et Olivier Faure.
- L’enquête d’Ipsos bva-CESI, publiée le 5 septembre 2026, montre qu’aucun leader politique ne parvient pour l’heure à rassurer une majorité de Français.
L’ancrage solide de Marine Le Pen en tête du premier tour
À un peu plus de sept mois de l’élection présidentielle de 2027, la scène politique française commence à se structurer autour de rapports de force de plus en plus nets. Selon la dernière enquête d’intentions de vote menée par l’institut Ipsos bva-CESI pour mesurer l’état de l’opinion publique à la rentrée de septembre 2026, la candidate du Rassemblement national affiche une stabilité remarquable. En dépit d’un calendrier judiciaire chargé qui aurait pu fragiliser sa position, elle maintient des projections de premier tour comprises entre 34 % et 36 % des suffrages exprimés, quelle que soit la configuration des candidatures adverses. La candidate du Rassemblement national s’appuie sur un socle électoral particulièrement fidèle, avec plus de 90 % de reports de voix par rapport au scrutin de 2022. Ce niveau de fidélisation très élevé lui assure une avance confortable sur ses concurrents directs et consolide sa place de pivot pour le second tour, alors que la dispersion des voix affecte l’ensemble de ses rivaux potentiels.
Le bloc central à l’épreuve de la rivalité entre Édouard Philippe et Gabriel Attal
La question de la succession d’Emmanuel Macron au sein de la majorité sortante et du bloc central reste suspendue à l’équation des candidatures. L’étude d’Ipsos bva-CESI met en lumière une hiérarchie claire mais également des risques importants de division. Édouard Philippe apparaît comme la figure la plus solide du bloc central, devançant systématiquement Gabriel Attal dans l’ensemble des configurations testées. En cas de duel fratricide où les deux anciens Premiers ministres se présenteraient simultanément, le maire du Havre obtiendrait entre 14,5 % et 16,5 % des voix, tandis que le député des Hauts-de-Seine oscillerait entre 7,5 % et 8,5 %. Une telle division affaiblirait considérablement le camp présidentiel, rendant l’accès au second tour extrêmement incertain face à la gauche. En revanche, si Édouard Philippe parvenait à s’imposer comme le candidat unique de son espace politique, ses intentions de vote grimperaient entre 19 % et 22,5 %, lui permettant de se qualifier pour le second tour. À l’inverse, si Gabriel Attal portait seul ces couleurs, il ne recueillerait que 14 % à 15,5 % des suffrages, se faisant alors distancer par la gauche radicale.
Jean-Luc Mélenchon s’impose à gauche malgré des divisions persistantes
Du côté de l’opposition de gauche, les dynamiques internes révèlent à la fois des forces et des limites structurelles pour les différentes composantes de la Nouvelle Union populaire ou du Nouveau Front populaire. Jean-Luc Mélenchon s’affirme comme le point d’ancrage électoral le plus robuste de son camp, enregistrant une hausse de deux points par rapport aux mesures effectuées au mois de mai. Le leader de La France insoumise est désormais crédité de 15 % à 17 % des intentions de vote au premier tour. Bien qu’il consolide sa position de leader à gauche avec des intentions de vote en hausse, Jean-Luc Mélenchon peine encore à rassembler l’intégralité de son électorat de 2022. Seule une petite majorité de ses électeurs passés confirment aujourd’hui leur choix, même si ce report s’améliore dans l’hypothèse d’une candidature d’Olivier Faure plutôt que de celle de Raphaël Glucksmann. Ce dernier, malgré l’officialisation de sa candidature à l’Élysée, ne parvient pas à enclencher de véritable dynamique positive, restant bloqué entre 11,5 % et 14 % des voix. Enfin, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste fraîchement déclaré pour la primaire de son parti, ferme la marche avec des scores très modestes compris entre 4,5 % et 5,5 %.
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La droite républicaine en repli sous la barre des 10 %
Pour la droite traditionnelle, représentée par Les Républicains et leurs alliés centristes de l’UDI, la reconquête de l’électorat s’avère particulièrement ardue à l’approche de l’échéance de 2027. La candidature potentielle de Bruno Retailleau ne parvient pas à susciter l’adhésion espérée au-delà de son noyau dur de sympathisants. Le président du groupe Les Républicains, Bruno Retailleau, enregistre un repli de ses intentions de vote par rapport au printemps dernier, oscillant désormais sous la barre des 10 %. Crédité de 6 % à 10 % des intentions de vote selon les différents scénarios de premier tour testés par les enquêteurs d’Ipsos, le sénateur de la Vendée souffre de la concurrence directe exercée par Marine Le Pen sur les thématiques régaliennes d’une part, et par Édouard Philippe sur les questions économiques et de gestion d’autre part. Ce tassement de la droite républicaine confirme les difficultés du parti à s’extraire de l’étau formé par le bloc national et le bloc central.
Une atmosphère de méfiance généralisée envers l’offre politique
Au-delà des purs chiffres d’intentions de vote, l’enquête d’opinion s’est penchée sur la perception qualitative des principales figures de la scène publique, révélant un climat de profonde défiance chez les citoyens. L’inquiétude reste le sentiment prédominant chez les électeurs, aucun candidat à la présidentielle de 2027 ne parvenant à s’imposer comme une figure rassurante. Marine Le Pen obtient le meilleur score d’apaisement relatif, parvenant à rassurer 40 % des sondés, juste devant Édouard Philippe à 36 %. Néanmoins, elle conserve un fort pouvoir clivant, suscitant une inquiétude qualifiée de « forte » chez 48 % des personnes interrogées, y compris chez près d’un quart des sympathisants de la droite modérée (23 %). Le rejet est encore plus marqué pour Jean-Luc Mélenchon : le leader insoumis inquiète fortement 71 % des Français. Cette défiance dépasse largement les clivages partisans, puisqu’elle est partagée par une proportion notable de l’électorat de gauche, à l’instar de 57 % des sympathisants socialistes et de 40 % des proches des Écologistes.