- Décédé à Paris à l’âge de 81 ans le 25 septembre dernier, l’opposant Sidya Touré sera enterré en Côte d’Ivoire le 8 octobre.
- Malgré le souhait du Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah de rapatrier son corps, sa famille a refusé en raison des humiliations et de la confiscation de ses biens par le pouvoir de Conakry.
- Ancien directeur de cabinet d’Alassane Ouattara dans les années 1990, il s’était installé en exil à Abidjan depuis près de cinq ans.
Le retour de la dépouille en Côte d’Ivoire

Une semaine après sa disparition à Paris le 25 septembre dernier, à l’âge de 81 ans, le corps de l’opposant et ancien Premier ministre guinéen Sidya Touré est attendu ce vendredi 2 octobre à Abidjan. L’appareil transportant sa dépouille doit atterrir en début d’après-midi à l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny. Cet événement marque le début de plusieurs jours de deuil et d’hommages officiels, qui se tiendront au domicile familial situé dans le quartier de Cocody, avant l’inhumation prévue le jeudi 8 octobre. L’ancien Premier ministre guinéen Sidya Touré, décédé le 25 septembre à Paris à l’âge de 81 ans, reposera définitivement en Côte d’Ivoire.
Une rupture consommée avec le pouvoir de Conakry
Ce choix d’un enterrement à l’étranger s’impose comme une décision éminemment politique. Les autorités de Conakry, par la voix du Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah, avaient pourtant publiquement exprimé le souhait de voir l’ancien chef du gouvernement reposer sur sa terre natale. Cependant, la famille et les proches de l’ancien candidat à l’élection présidentielle ont opposé une fin de non-recevoir catégorique à cette proposition. Pour l’entourage du défunt, une cérémonie en Guinée était devenue totalement inacceptable. La famille de l’opposant a jugé « inconcevable » un enterrement dans son pays natal en raison des traitements infligés par les autorités guinéennes. Un cadre de l’Union des forces républicaines (UFR), formation politique historique de l’opposant dissoute en mars dernier, a dénoncé les multiples vexations subies ces dernières années, rappelant notamment la confiscation de la résidence personnelle du leader politique par le pouvoir en place.
La Côte d’Ivoire comme terre d’asile et de carrière
Pour Sidya Touré, la Côte d’Ivoire représentait bien plus qu’une simple terre d’accueil temporaire. C’est dans ce pays d’Afrique de l’Ouest que l’homme politique guinéen avait bâti la majeure partie de son parcours de haut fonctionnaire et de technocrate. Après avoir été contraint de quitter la Guinée pour échapper aux pressions politiques, il s’était établi à Abidjan, où il vivait en exil depuis près de cinq ans. Le choix de la Côte d’Ivoire pour sa dernière demeure s’explique par l’étroitesse des liens professionnels et personnels que le défunt y avait tissés tout au long de sa vie. Ce retour posthume s’inscrit donc dans la continuité d’une existence partagée entre les exigences de son engagement en Guinée et la stabilité qu’il avait trouvée sur le sol ivoirien.
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L’hommage de l’État ivoirien et la proximité avec Alassane Ouattara
Au-delà de sa carrière administrative, Sidya Touré partageait une relation de très longue date avec l’actuel chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara. Dans les années 1990, alors que ce dernier occupait les fonctions de Premier ministre de Côte d’Ivoire, Sidya Touré avait officié comme son directeur de cabinet, scellant une alliance politique et une amitié personnelle indéfectible que l’opposant guinéen résumait en qualifiant affectueusement le président de « grand-frère ». La relation privilégiée entre Sidya Touré et le président ivoirien Alassane Ouattara marque l’organisation de ces obsèques officielles. Bien qu’aucune annonce officielle n’ait encore confirmé la présence du président de la République de Côte d’Ivoire à la cérémonie d’inhumation du 8 octobre, son entourage confirme qu’il s’implique personnellement dans la logistique et le protocole de ces funérailles, témoignant du respect de l’État ivoirien pour cette figure majeure de la sous-région.